Des micro-pousses cultivées dans la première ferme verticale


Giovanni et Mathilde cultivent des micro-pousses… dans leur garage

Giovanni et Mathilde cultivent des micro-pousses… dans leur garageMes Petits Poucets

Giovanni et Mathilde cultivent des micro-pousses… dans leur garage

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Publication PUBLIÉ LE 04/02/2022 PAR Corinne Merigaud

Depuis dix mois, Giovanni et Mathilde ont ouvert la première ferme verticale hydroponique en Limousin… dans leur garage. Sur 40 m², ils cultivent des micro-pousses, des herbes aromatiques et des fleurs comestibles sans produits chimiques, ni OGM. Les restaurateurs les utilisent pour préparer des plats ou agrémenter leurs recettes et les particuliers commencent à découvrir le pouvoir de ces plantes hyper énergétiques.

Il aura fallu un terrible coup du sort pour que Giovanni Marchiafava crée « Mes Petits Poucets » avec sa compagne Mathilde Soumagnac, une ferme verticale hydroponique installée à Rilhac-Rancon (Haute-Vienne). Fin 2019, il est contraint de renoncer à son métier de technicien en maintenance de machines à coudre industrielles. « Mon père m’avait tout appris, peu de gens exercent ce métier mais suite à un AVC, j’ai perdu une partie de ma vue » raconte le jeune homme. Ne voulant pas rester sans activité, il réfléchit à une reconversion lorsque l’idée de créer son entreprise a germé.

Des plantes qui ne supportent pas le froid

Pour ce sportif de haut niveau, l’alimentation était une priorité depuis longtemps. « Je faisais pousser des micro-pousses à la maison depuis quinze ans, elles contiennent des vitamines et sels minéraux et très peu de calories confie-t-il, leur valeur nutritionnelle est de quatre à quarante fois plus élevée que le légume arrivé à maturité. Une micro-pousse de radis équivaut à un radis ou à un kiwi. » Un ami restaurateur venait s’approvisionner chez lui faute de produits disponibles localement. Il se servait auprès d’un magasin spécialisé de Limoges qui les importe des Pays-Bas. « Après 900 km de trajet, la moitié des micro-pousses sont mortes car elles sont stockées dans des réfrigérateurs, le froid tue les racines, explique Giovanni, le reste perd 90 % de son goût. Leur prix est élevé pour un produit de mauvaise qualité. La plupart des restaurateurs les utilise pour décorer leurs plats alors que les micro-pousses sont consommées aux Etats-Unis en salade pour accompagner une viande, dans les wraps, les burgers, en smoothie… Ils en mettent dans tous les plats pour leur apport en vitamines et minéraux. » Son ami restaurateur lui suggère d’en cultiver.

Des chefs ont imaginé de nouvelles recettes avec ces micro-pousses très gustativeMes Petits Poucets

Des chefs ont imaginé de nouvelles recettes avec ces micro-pousses très gustatives

Le couple contacte des chefs et obtient sept lettres d’intention. Le Crédit Agricole leur accorde un financement. « J’avais sollicité vingt restaurants et tous étaient prêts à travailler avec moi » rapporte-t-il. Avec un prêt de 30 000 euros, Giovanni achète le matériel et démarre les travaux de la salle de culture… dans son garage. A défaut d’installateurs de systèmes d’hydroponie en France, il aurait dû s’adresser à une société américaine. Pour des raisons de coût, il va aménager seul sa ferme de 40 m² sur trois étagères avec une partie dédiée à la germination et la préparation des commandes. Le système d’irrigation fonctionne en cycle fermé générant 98 % d’économies en eau grâce à un réservoir qui alimente les plantes en eau du réseau de distribution public. « Elle a l’avantage de contenir déjà des minéraux précise-t-il, ce n’est pas le cas de l’eau de pluie, j’ajoute juste un peu d’engrais au substrat. » L’éclairage LED basse consommation assure la photosynthèse pour une facture de 100 euros par mois.

Des graines en kit à faire germer chez soi

Vingt-sept variétés sont cultivées avec chacune un goût spécial, du plus doux ou plus piquant. La roquette a la saveur de l’échalote et de la noix, la mélisse a un goût de citron jaune, la gastache fait penser à la réglisse, la jolie feuille de capucine arrache comme le wasabi. On trouve aussi du basilic, du schizo pourpre, de la bourrache, de la moutarde… La période de pousse dure de deux à huit semaines. Les semences sont produites par des fournisseurs reconnus, les Graines Voltz, le leader européen, et les graines Colette. « Le marché est émergent en France alors qu’il existe des milliers de fermes verticales de ce type aux Etats-Unis », constate-t-il. « Il n’y a pas pas de législation spécifique, on s’aligne sur celle des graines germées. Elles sont testées sur les salmonelles et s’utilisent sans les rincer. »

Des kits à faire germer chez soi en quelques semainesMes Petits Poucets

Des kits à faire germer chez soi en quelques semaines

Des chefs commencent à réfléchir à de nouvelles recettes depuis qu’ils disposent de ces micro-pousses produites localement 365 jours par an. « Un chef a imaginé un carpaccio de Saint-Jacques aux micro-pousses de tournesol, cela amène un goût de noisette qui rehausse son plat » confie Giovanni. Les petits pois sont les plus demandés, le couple prépare 40 barquettes de 15 g chaque semaine. Les restaurateurs, impactés par la crise sanitaire, se situent dans un rayon de 100 km. Il a diversifié en ciblant les particuliers. Pour sa première participation au Marché de Noël de Limoges, un millier de barquettes a été vendu. Fort de ce succès inattendu, une gamme de six variétés est proposée en kit. « Notre fils de 2 ans et demi a validé, les enfants adorent les faire pousser et les manger surtout le tournesol très doux qui pousse en quinze jours ! » Avis aux jardiniers en herbe et aux amateurs de nouvelles saveurs !

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