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Eleveur : le destin tout tracé de Clément Allamargot
A La Geneytouse (87) l'installation de Clément Allamargot a permis de diversifier l'exploitation familiale avec un atelier de poulets label
Clément Allamargot dans son exploitationCorinne Mérigaud

Clément Allamargot dans son exploitation

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Publication PUBLIÉ LE 20/04/2021 PAR Corinne Merigaud

Fils, petit-fils et arrière petit-fils d’éleveurs de limousines, Clément Allamargot 24 ans a rejoint le GAEC familial de La Geneytouse (Haute-Vienne) en 2017 après avoir dû interrompre son parcours de formation. Il a diversifié l’exploitation en montant un atelier de poulets sous label IGP Périgord comprenant quatre bâtiments sur près de quatre hectares.

Clément Allamargot a grandi dans une famille d’agriculteurs bien connue. Son arrière grand-père avait participé à la renaissance de la race limousine sur le canton de Saint-Léonard de Noblat. Dès l’enfance, le jeune garçon aide ses parents sur l’exploitation familiale. Son destin est tout tracé. Pour réaliser son rêve de gosse, le jeune homme s’oriente après le collège vers un Bac Pro conduite et gestion d’une exploitation agricole au lycée agricole de La Faye à Saint-Yrieix-la-Perche dans le sud de la Haute-Vienne. « J’ai appris les différentes techniques d’élevage, la conduite de matériels, la gestion d’une entreprise, autant d’enseignements qui m’ont donné les bonnes bases de mon métier d’éleveur analyse Clément car bien sûr, je ne me voyais pas faire autre chose. C’est un métier qu’il faut faire avec passion. »

Son Bac Pro en poche, il va compléter sa formation au lycée agricole d’Ahun (Creuse) en préparant un BTS analyse conduite et stratégie de l’entreprise agricole (ACSE). Il ne pourra terminer son cursus, contraint de renoncer à la deuxième année pour seconder sa mère Béatrice, seule sur l’exploitation suite aux problèmes de santé de son époux. « Cette formation est axée essentiellement sur la gestion d’une exploitation poursuit-il, les cours sont plus approfondis surtout en économie et comptabilité, elle est bien adaptée pour prendre en main une exploitation mais je n’ai pas pu la terminer car ma mère s’est retrouvée seule. Aujourd’hui il faut être très pointilleux en matière de gestion, bien tout calculer. Je conseille aux jeunes de bien suivre leur formation mais aussi d’aller voir ailleurs, de faire des stages et de demander de l’aide partout où c’est possible. »

Il a aussi pris conscience qu’il fallait changer certaines pratiques sur l’exploitation familiale. « Je me suis rendu compte que mes parents avaient parfois de vieilles habitudes, il y a des choses qui changent et qu’il faut renouveler. J’ai développé beaucoup de prairies neuves car elles étaient vieillissantes. L’aliment coûte cher, il faut également faire très attention, veiller à être autonome en fourrage et protéines, il y aurait encore des postes à améliorer. »

L'exploitation de Clément AllamargotCorinne Mérigaud

L’exploitation de Clément Allamargot

Une formation avicole chez un confrère

Son parcours d’installation a débuté à la Chambre d’agriculture où, après avoir pris connaissance des modalités, il a rencontré un conseiller de gestion avec lequel il va monter son dossier, validé par la suite. « Comme je ne trouvais pas de terrain à reprendre ailleurs, nous avons préféré monter un atelier de poulets label en construisant quatre bâtiments qui peuvent accueillir chacun 4 400 poulets, ce qui représente un investissement de plus de 400 000 €. J’ai bénéficié d’un PCAE de 61 200 € (plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles), une aide de l’Europe, de l’Etat et la Région, ainsi qu’une dotation jeune agriculteur de 32 000 € que je finirai de percevoir en fin d’année. La MSA et Groupama m’ont également accordé des dégrèvements sur mes cotisations pour les premières années. Ces aides ont permis de sécuriser mon installation.» Un emprunt de 355 000 € a été contracté auprès du Crédit Agricole du centre ouest pour financer l’atelier poulets. N’ayant pas de formation avicole, le jeune homme s’est immergé dans l’exploitation de Sébastien Baylet, un confrère installé à Saint-Hilaire-les-Places pour appréhender la conduite de cet élevage. « La Chambre d’agriculture a souhaité que je suive une formation avicole avant que je m‘installe précise-t-il, je suis donc allé tous les matins pendant un mois chez cet éleveur. Cela m’a permis de tout connaître sur ce mode d’élevage, ce fut vraiment très formateur pour moi.» Ses poussins sont achetés à la coopérative Terres du Sud volailles et mis en place à un jour. « Ils sont labellisables à partir de 81 jours et nous les gardons entre 81 et 90 jours explique-t-il, ils sont alimentés grâce à un système automatique avec un aliment à 80 % à base de blé sans OMG. Les poulets sortent à 41 jours sur un parc de 8 800 m² autour de chaque bâtiment. Cet élevage est plaisant, très intéressant et plus rémunérateur que les vaches car le prix du poulet est indexé sur le prix des céréales. Quand il augmente, le prix du poulet va augmenter alors que pour les vaches, il baisse. Le temps de travail est également moins important pour les poulets et cela permet d’avoir un revenu complémentaire et régulier. » Les poulets sont revendus à la coopérative, ramassés le soir et abattus dans la nuit pour être mis en rayon le lendemain dans des grandes surfaces sur toute la France.

Outre cette production, l’exploitation comprend une centaine de Limousines élevées sur 140 ha qui donnent naissance, chaque année, à autant de veaux. « Une vingtaine de veaux sont vendus pour la reproduction et le reste en broutards. Nous n’engraissons que nos vaches de boucherie. Nos animaux sont alimentés avec les 15 ha de maïs que nous produisons, nos 15 ha de céréales et sur 15 ha de prairies neuves que nous faisons tous les ans à cause des périodes de sécheresse. Pour l’alimentation, nous sommes 100 % autonomes sauf pour la protéine et l’aliment complet des poulets. » Si ses parents ont encore quelques années devant eux avant la retraite, Clément réfléchit déjà à la suite, histoire d’assurer la pérennité de l’exploitation. « J’ai évoqué avec un de mes cousins la possibilité qu’il s’installe avec moi en reprenant la part d’un de mes parents avance-t-il, et pourquoi pas installer aussi un jeune pour faire perdurer la ferme. » Autant de projets qu’il espère concrétiser.

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