A la découverte du Baudet, le supermarché coopératif


Aujourd'hui, le Baudet compte 170 coopérateurs. Ils donnent trois heures de leurs temps pour aider au fonctionnement du supermarché coopératif et participatif.

Chaque jour, il y a une équipe de permanence au supermarché coopératif et participatif du BaudetAqui.fr

Chaque jour, il y a une équipe de permanence au supermarché coopératif et participatif du Baudet

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Publication PUBLIÉ LE 23/06/2022 PAR Julien PRIVAT

Poitiers accueille un supermarché coopératif et participatif. Il appartient à ses coopérateurs qui sont aussi ses clients. Ouvert il y a trois ans, il a su faire face à la crise sanitaire du Covid, mais pour que l’aventure du Baudet se poursuive,  il faudrait encore 40 à 50 coopérateurs de plus. C’est pour cette raison que le supermarché propose une opération « Les Beaux jours du Baudet » qui permet à tous de venir faire ses courses de manière responsable dans ce supermarché peu commun malgré tout.

Si on vous demande où est le Baudet dans le quartier de Rivaud à Poitiers, il ne s’agit pas de l’emblématique âne du Poitou, mais du supermarché coopératif qui a ouvert ses portes en septembre 2019. « Au départ, nous avions pensé à un autre nom, mais il était déjà pris. De fil en aiguille, nous sommes allés vers un symbole de notre région : le baudet », explique Claude Garnier, le président du Baudet.

Un supermarché qui appartient à ses clients

Le Baudet est donc un supermarché coopératif. C’est-à-dire, qu’il appartient à ses coopérateurs. Pour pouvoir consommer dans ce supermarché, il faut adhérer et acquérir des parts sociales. Plusieurs possibilités : 10 ou 15 parts de 10 euros ou, pour les étudiants, stagiaires, volontaires en service civique, ou encore bénéficiaires de minimas sociaux, il suffit d’acheter une part de 10 euros pour devenir coopérateur.

Autre particularité du Baudet, il est participatif. Chaque coopérateur s’implique et donne de son temps. Trois heures par mois sont demandées à chacun pour contribuer à la tenue du magasin. Il est demandé également de participer à l’un des huit groupes d’action.

Le Baudet propose du vracAqui.fr

Le Baudet propose du vrac

Du vrac, du bio et des produits locaux

À 24 ans, Colombe Elie fait partie des coopératrices du Baudet. Très impliquée. Elle réfléchit et pense Baudet. Petit tour du propriétaire à ses côtés. « Tout le monde se tutoie ici, ça ne te dérange pas. » Cela donne un aperçu de l’ambiance qui règne dans ce lieu. En entrant, on tombe sur les deux caisses. Puis, une première pièce, où il y a le vrac. « Les gens viennent avec leurs bocaux et se servent directement », explique-t-elle.

Puis dans une pièce au fond, l’espace fruits et légumes. De préférence, ils sont de saison et du coin ou importés par un maraîcher local. « On essaie de travailler au maximum en local. Puis tu vois, les fruits et légumes altérés, on ne les jette pas… on les vend 1 euro le kilo ». Ils sont tous mis en valeur pour que les gens les achètent malgré tout. Idem, pour les produits en date limite de consommation qui sont mis en tête de gondole.

La visite se finit par la pièce principale. Trois rayons avec des produits frais et du quotidien. « On trouve finalement les mêmes produits que dans un supermarché. C’est normal nous en sommes un à vrai dire », sourit Colombe. Le Baudet compte tout de même plus de 1 200 références. Il propose du vrac, du bio et des produits locaux.

Colombe trie les fruits et légumes. Ceux qui sont abîmés sont proposés à 1 euro le kg. Rien ne se perd !Aqui.fr

Colombe trie les fruits et légumes. Ceux qui sont abîmés sont proposés à 1 euro le kg. Rien ne se perd !

Rapprocher le producteur du consommateur

Le Baudet se veut responsable. Colombe s’arrête devant une carte de la région Nouvelle-Aquitaine. « Vous voyez, ce sont les producteurs avec qui nous travaillons ». Les produits sont donc locaux. Ils proviennent d’un rayon de moins de 200 km. Pour éviter le gaspillage, le supermarché coopératif propose également des commandes, un peu inspirées du fonctionnement des AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). Fromages, produits laitiers, viandes, poissons, fruits et légumes sont proposés par ce biais.

Comme tous les matins, c’est livraison au Baudet. Certains producteurs livrent eux-mêmes leurs produits. C’est le cas de Cyril Vechambre, micro brasseur à Bessine dans les Deux-Sèvres. Il est venu livrer une quinzaine de caisses de sa bière artisanale, la Chamoise. « Le Baudet me commande régulièrement de la bière. Cela doit faire un an que nous sommes en contact. Je suis content de livrer dans ce supermarché assez particulier. Je trouve que le concept permet vraiment de se rapprocher du consommateur qui a un regard sur la gestion sans doute plus citoyenne du supermarché. »

Le magasin compte une salariée à plein temps. « C’est vraiment la responsable du magasin », explique Claude Garnier, le président du Baudet. « Même si elle n’en a pas le titre, elle s’occupe de tout. Les commandes, leur réception, la mise en rayon, la caisse… heureusement qu’elle est là. » Elle dispose tout de même de l’aide des coopérateurs qui s’investissent trois heures par mois dans le fonctionnement du supermarché.


Un acte citoyen
Dans les allées du Baudet, on trouve des clients, pardon des coopérateurs. Cela fait un an et demi que Pauline a rejoint ce supermarché coopératif. « Au départ, je voulais faire du bénévolat quelque part. J’ai eu connaissance du Baudet, j’ai eu envie de m’investir. Trois heures par mois, ce n’est pas grand chose. Je trouve de tout. Il y a des bios, des légumes, du vrac… Ce sont des bons produits et pas forcément plus chers qu’ailleurs. »

La jeune fille d’une vingtaine d’années vient au minimum deux fois par mois faire ses courses. « On a la même chose que dans un supermarché. On essaie de ne pas être plus cher que le moyen et haut de gamme », précise Colombe. Cela fait partie des engagements du Baudet, qui ne vise pas le profit à tout prix, mais juste de quoi bien rémunérer les producteurs et la salariée. Bref, un juste équilibre pour pérenniser le projet.

Autre coopératrice, Marie, elle a rejoint le Baudet depuis quasiment le début de l’aventure. « En venant faire mes courses ici, je me sens plus responsable, plus engagée, actrice de mon quotidien. Puis c’est un acte citoyen en quelque sorte. Je suis également co responsable d’un groupe et j’effectue mes trois permanences par mois . Franchement, c’est très peu contraignant ». A la caisse, elle loue les produits qu’elle a pris et pré commandés.

Les rayons du Baudet sont bien fournis. Des produits bio, responsables et même équitables.Aqui.fr

Les rayons du Baudet sont bien fournis. Des produits bio, responsables et même équitables.

Jusqu’au 30 septembre 2022, le supermarché coopératif accueille les Beaux jours du Baudet. Une opération portes ouvertes en quelque sorte. Le supermarché est ouvert à toutes et tous sans prendre de part dans la coopérative. La raison, un déficit de coopérateurs. Le Baudet ressent l’effet du Covid. Le supermarché avait dû fermer ses portes. La reprise est difficile. « On compte 170 coopérateurs à ce jour. On ambitionne d’atteindre les 230. J’espère que les Beaux jours du Baudet nous permettront de les atteindre », explique Claude Garnier, le président. 230 coopérateurs leur permettrait d’être à l’équilibre. En attendant, le Baudet continue et évolue. « On aimerait pousser les murs de notre magasin. Mais aussi une terre d’exploitation pour que les adhérents deviennent des producteurs/cultivateurs. »

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