LGV Bordeaux-Dax – Bordeaux-Toulouse : Le GPSO n’a pas peur


Pour ses soutiens, la LGV GPSO reste un dossier prioritaire pour l'Europe, ce qui n'empêchera pas un effort de pédagogie pour une meilleure acceptabilité sociétale du projet.

Image d'illustration : train grande vitesseAlain Mautaufier
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Publication PUBLIÉ LE 20/07/2022 PAR Solène MÉRIC

Le projet GPSO ne figurait pas dans la liste des 135 projets de transports retenus dans le cadre d’un appel à projet du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), début juillet. Une absence relayée par la petite phrase de l’eurodéputée et présidente de la commission transports du Parlement européen, Karima Delli « Nous ne financerons pas le projet de lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. C’est un projet coûteux impopulaire et qui présente peu d’avantages. » Elan d’enthousiasme chez les uns et pointe d’agacement chez les autres. Pour autant le projet continue de creuser son sillon.

Car début juillet a aussi sonné, à Toulouse, l’installation du conseil de surveillance de la Société Grand Projet du Sud-Ouest, qui réunit les 25 collectivités territoriales d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine participant au financement du projet, ainsi que SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions.

Un premier budget pour la Société GPSO
« Le conseil de surveillance de la Société GPSO, est, pour commencer, présidée par Carole Delga (présidente de la Région Occitanie, ndlr). Ce sera une présidence tournante, tous les deux ans », présente Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, associé à cette gouvernance en tant que premier vice-président, au côté aussi des présidents des Métropoles de Bordeaux et de Toulouse et des présidents des Conseils départementaux de la Haute-Garonne, et des Landes.

Une étape importante puisque, dès son installation, le conseil de surveillance de la SGPSO a voté un premier budget de 43,6 millions d’euros qui, avec les financements de l’Etat, a pour vocation « de permettre le démarrage des phases pré-opérationnelles au plus tôt ». Signe extérieur de volontarisme et de sérénité pour l’ensemble de ses membres.

“L’Europe demande à la France d’accélerer Bordeaux-Dax”

« Pour l’Europe il n’y a pas de débat, le dossier GPSO est classé parmi les plus hauts dans la pile », affirme pour sa part Alain Rousset. « Le seul fléchage que met l’Europe, c’est d’aller en direction de l’Espagne», insiste-t-il. A contre-sens des affirmations de la présidente de la commission Transports du Parlement européen, il appuie : « ce que demande l’Europe à la France, c’est d’accélérer Bordeaux-Dax, de faire concomitamment Bordeaux-Toulouse. Aujourd’hui l’Europe met 20%, mais dans les projets les plus transfrontaliers, ça peut monter à 40 ou 50%. » pointe-t-il. Pour la LGV GPSO : 20 % c’est 2,8 Mds sur l’enveloppe globale des 14 Mds d’euros du coût du projet. Une Europe qui a déjà financé pour plus de 40 M€ d’études sur le projet, signale-t-il.

Si le Président de la Région ne doute pas du soutien à venir de l’Union européenne sur le dossier, il reconnaît aussi volontiers que « la bataille n’est pas terminée ». Une bataille face aux opposants au projet, qu’il compte mener par « la pédagogie », et une certaine capacité de résilience à répéter et développer ses arguments quant à « une infrastructure indispensable (…) pour l’écologie et pour la vie au quotidien ». Pour la LGV Tours Bordeaux, « ça a pris 15 ans, rappelle-t-il, aujourd’hui c’est un succès populaire ». Patience et longueur de temps…


Le GPSO ne sera pas un Notre-Dame-des-Landes

Quid alors, de la solution alternative portée notamment par Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, de faire rouler des tains à 240 km/h sur la ligne existante ? Même rénovée, « c’est physiquement impossible, notamment parce qu’un train ne peut pas en dépasser un autre », tranche l’élu régional loin de nier l’impact du projet sur 4830 ha de vignes dans le Sud Gironde. « Mais aujourd’hui nous savons parfaitement compenser. Et une voie ferroviaire n’imperméabilise pas le sol, contrairement à une autoroute, elle prend aussi moins de place sur le territoire », nuance-t-il.

Quant aux menaces d’installation de ZAD (zones à défendre) sur le tracé de l’éventuelle future LGV, Alain Rousset ne veut pas croire pas à un tel durcissement des oppositions. « Si nous n’avons pas une deuxième voie ferroviaire, c’est l’élargissement de toutes les autoroutes voire le grand contournement autoroutier de Bordeaux qui sont relancés, avec pour le coup d’importants dégâts en matière écologique » .

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