La Safer joue « collectif » en Charente-Maritime


Le marché foncier rural de Charente-Maritime a montré une belle vitalité en 2021, grâce notamment au secteur de la viticulture en Cognac où l’on se presse au portillon pour exploiter des terres de vignes. En Aunis la situation est plus contrastée.

Des gens s'expriment à La Tribune lors de la conférence de la Safer de Charente-Maritime à SaintesVirginie Valadas | Aqui

Pauline Mériot au côté de Roxanne Cocatrix a expliqué que la Safer a joué un rôle déterminant dans son installation

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Publication PUBLIÉ LE 22/11/2022 PAR Virginie Valadas

Si la Charente-Maritime es très attractive pour le tourisme avec son littoral, ses îles et son fleuve Charente, le département est aussi plébiscité en matière de foncier rural. Notamment du côté de la Saintonge et des terres de production de l’AOP Cognac.  Selon Roxanne Cocatrix, conseillère Safer en Charente-Maritime « lorsque l’on instruit un dossier en comité technique, il est courant d’avoir entre cinq et sept candidats repreneurs, parfois, cela va au-delà de dix ».

La forte demande du négoce et la volonté d’alimenter les marchés export a entraîné une très nette augmentation d’autorisations de plantation en AOP Cognac en 2021 (2 306 ha). Conséquence : une situation très tendue sur le foncier, avec des prix qui peuvent, selon les crus, atteindre les 10 000 €/ha.

Cette pression foncière, c’est le revers de la médaille qui fait craindre aux différents interlocuteurs de la filière que le monde de la finance ne prenne le dessus, grâce à des montages financiers complexes, sur le monde agricole. Des grandes maisons de négoce font l’acquisition de parcelles pour s’assurer leur approvisionnement. Des industriels s’implantent dans le bassin de production du Cognac à des prix paraissant être déconnectés de toute rentabilité économique, dans le seul objectif de spéculer. Quid des agriculteurs dans ce contexte, incapables de surenchérir financièrement face à cette concurrence « déloyale » ?

La Safer : « être un guichet unique »

Pour éviter cet écueil, la Safer se positionne comme le « guichet unique » qui favorise des reprises par des groupes d’agriculteurs quand il est question de grosses exploitations. C’est ce qui s’est passé avec la reprise de la SCEA Ferchaud : une très grosse exploitation sur plusieurs communes autour de Saint-Hilaire des Bois (515ha dont 12 de vignes, 26 de bois, 116 de terres) avec du bâti, du matériel, des maisons d’habitation.

Le dossier a mis du temps à aboutir, mais aujourd’hui Roxanne Cocatrix est satisfaite : « entre les campagnes de 2021 et de 2022, tout le monde est rentré dans les parcelles qu’il souhaitait exploiter ». Tout le monde, c’est-à-dire un groupe de 8 agriculteurs qui s’est constitué avant d’aller frapper à la porte de la structure : 2 jeunes agriculteurs pour des installations, les autres pour des consolidations ou des agrandissements.

Pauline Mériot a bénéficié de ce double soutien, du collectif et de la Safer. Elle a pu acquérir 5,6 ha de vignes en fins bois et 21 ha de terres en céréales qu’elle exploite avec sa femme, après que celle-ci a choisi une reconversion professionnelle. Pour elles, la solidarité n’est pas un vain mot. Alors qu’elles ont commencé à exploiter leurs vignes en mars dernier, elles ont subi la grêle et n’ont pu faire qu’une toute petite vendange manuelle avec la mobilisation d’une cinquantaine de personnes.
Avant cela, la Safer a joué un rôle financier déterminant grâce à un portage sur cinq ans. La structure s’est portée acquéreur du foncier pour Pauline qui lui verse des loyers et rachète ainsi progressivement ses terres au prix où la Safer les a acquises. Sans oublier la mise en place des aides de la Pac, la mise en relation avec la MSA, un véritable suivi au plus près des deux exploitantes débutantes.

Plus de 200 personnes ont suivi la conférence départementale de la Safer de Charente-Maritime

Ne pas opposer les modèles d’agriculture

Si la situation est plus contrastée en Aunis, l’attractivité s’y confirme aussi. Même s’il y a une majorité de petites surfaces (70% sont inférieures à 1ha), les tensions sur le foncier y sont fortes également. Selon Alexandre Agat, secrétaire adjoint de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime : « d’ici à 10 ans, 200 exploitations vont disparaître, c’est pourquoi il est nécessaire d’accompagner les cédants ». Et d’ajouter « aujourd’hui, 80 exploitations sont en recherche d’un successeur ou d’un associé ».

Selon lui, la priorité est à l’installation et à la diversification : « Il faut toutes les productions pour combler toutes les niches. Il serait illusoire de ne faire que du maraîchage » a-t-il affirmé tout en refusant d’opposer les différents modèles agricoles. Dans ce contexte, il a annoncé un partenariat avec la MSA visant à favoriser la filière caprine. D’une manière générale, c’est l’élevage qui ferait le plus défaut dans le département et notamment l’élevage ovin.

Les chiffres clés de la Safer 17 en 2021

En 2021, il y a eu 7600 notifications de vente sur le marché rural, soit 7% de plus qu’en 2020.
1604 ha ont été acquis par la Safer : 90% à l’amiable, 10% en préemption.
962 ha ont été attribués à l’installation, dont 299 ha par le biais du portage et du stockage.
652 candidatures ont été examinées en comité technique. 342 candidats retenus et 1613 ha ont été attribués.

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