« Neutralité carbone ne veut pas dire décroissance »


Point d’étape sur le projet « La Rochelle Territoire Zéro Carbone » (LRTZC) avec Gérard Blanchard, vice-président de la communauté d’Agglomération de La Rochelle, en charge du développement durable et du projet LRTZC.

© Pierre Meunié - Agglo de La Rochelle

Gérard Blanchard, vice président de l'Agglomération rochelaise en charge du projet.

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Temps de lecture 4 min

Publication PUBLIÉ LE 16/03/2023 PAR Virginie Valadas

Aqui.fr : Depuis l’appel à projet national « Territoire zéro carbone » en 2017 et l’annonce en 2019 que l’agglomération de La Rochelle était lauréate, où en est-on aujourd’hui en 2023 ?

Gérard Blanchard : J’ai pris en charge ce dossier courant 2020. C’est un pari sur l’avenir pour faire de l’agglomération de La Rochelle un territoire d’innovation avec un programme transformant. C’est un programme qui a plusieurs points d’étape. Le premier est en 2027, puisqu’en partant de 2017, année de l’appel à projet national, le programme court sur dix ans. Il y a eu un préfinancement de 400 000 euros pour mettre en place les premiers éléments d’ingénierie financière. Nous avons su que l’agglomération était lauréate définitive en 2019, c’était deux mois avant le Covid. Mais néanmoins, beaucoup de choses sont maintenant sur les rails. Le fait d’avoir été labellisé a permis de débloquer de l’argent pour financer les différentes actions du programme.

@! : C’est-à-dire ? Quel budget pour quel programme ?

G.B. : Le besoin de financement est d’un peu plus de 80 millions d’euros au total. Aujourd’hui, il y a 25 millions d’euros provenant des partenaires publics : Région, Communauté d’Agglomération, Ademe…, 25 millions d’euros provenant de l’Etat grâce au dispositif Investissements d’avenir et 32 millions d’euros qui sont le fruit de partenaires privés. Il y a donc 50 millions d’euros d’argent public et 32 millions d’euros d’argent privé. Cela nous a permis de lancer quelques-unes des 70 actions qui vont être mises en route d’ici à 2040, des actions qui sont des expérimentations ou des démonstrateurs de ce qu’il est possible de faire, ce sont des innovations technologiques et organisationnelles. Des actions qui si elles fonctionnent bien peuvent être généralisées.

Mais ce ne sont pas ces 70 actions seules qui vont permettre d’atteindre la neutralité carbone en 2040, nous ne pouvons agir qu’en inscrivant LRTZC dans les grands axes de politique publique que sont le Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) et le Plan local d’urbanisme Intercommunal (PLUi). Nous sommes aussi tributaires de la politique nationale. C’est dans ce contexte que l’on se heurte parfois à des freins, comme lorsqu’il est question d’installer des éoliennes, des méthaniseurs…  

@! : Dans quels domaines s’inscrivent ces actions concrètement ?

G.B. : Nous avons déterminé les grands axes suivants : la production d’énergie renouvelable et en autoconsommation, la réhabilitation du bâti, les transports et la mobilité, l’économie circulaire, la préservation des marais et du littoral, l’écologie industrielle, la transition agro-écologique et alimentaire, le développement d’un tourisme durable et peut-être le plus ambitieux, la transformation sociétale et les changements de comportements.

La réhabilitation énergétique des bâtiments est par exemple un des points clé du programme. Nous avons fixé un objectif chiffré de 45 000 rénovations d’ici 2040, de 2 000 rénovations en 2027. Nous en avons réalisé 1 000 en un peu plus de 18 mois. On avance.

© Pierre Meunié - Agglo de La Rochelle

Repenser et favoriser les mobilités douces est un des axes d’actions.

Et pour la transformation sociétale et les changements de comportements, on a créé et associé le Comité citoyen au projet, avec ses 25 habitants représentatifs de la population de l’agglomération, tous volontaires pour participer. Il y a eu 260 candidats. Le Comité citoyen est opérationnel depuis un an et demi. C’est la pépite de ce projet. Ils ont décidé du type de sujets qu’ils vont étudier, et établi un programme d’actions en agroécologie notamment.

La Coopérative Carbone est également une originalité du projet. Elle réunit 130 participants, mais aussi les collectivités territoriales, les associations, entreprises et investisseurs, les établissements publics et bien sûr les membres du Consortium qui pilotent tout le projet, c’est-à-dire l’Agglomération et la ville de la Rochelle, l’Université, Port Atlantique, le Parc bas carbone Atlantech. La cellule technique de la Coopérative Carbone se réunit une fois par trimestre et évalue où il faut ajuster les curseurs.

@! : Justement, ces objectifs sont-ils compatibles avec le développement de l’aéroport de La Rochelle/Ré ou celui du port de commerce avec l’accueil des paquebots de croisières ?

G.B. : Ce sont des questions qui se posent et auxquelles il faut réfléchir. Mais neutralité carbone ne veut pas dire décroissance. Notre projet, c’est d’atteindre la neutralité carbone, c’est-à-dire d’en absorber autant qu’on en émet. Nous allons continuer à vivre, à fabriquer, mais il faut compenser ces activités par des plantations d’arbres, par de l’autoconsommation d’énergie, par des actions de séquestration du carbone…

Pierre Meunier/agglomération de La Rochelle

Créer des boucles d’autoconsommation énergétique avec la pose de panneaux photovoltaïques.

Les établissements publics comme l’aéroport sont partie prenante de LRTZC. L’aéroport va installer des ombrières de panneaux photovoltaïques pour de l’autoconsommation, comme Port Atlantique La Rochelle d’ailleurs.

Tout cela s’inscrit aussi dans une politique nationale, notre objectif est celui qui a été inscrit dans le marbre lors des accords de Paris : arriver à 2 tonnes de CO2 par habitant en 2050  pour limiter le réchauffement climatique à 2°. On a encore du chemin à parcourir.

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