L’Etat valide le parc éolien sud atlantique


Si la décision reste critiquées, les conclusions du débat public ont été prises en compte dans la décision de l'Etat

Le premier parc éolien marin Sud-Atlantique pourrait être fonctionnement en 2030Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

Le premier parc éolien marin Sud-Atlantique pourrait être fonctionnement en 2030

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Publication PUBLIÉ LE 02/08/2022 PAR Virginie Valadas

L’état a validé la création de deux parcs éoliens marins au large de la Nouvelle-Aquitaine, mais il a révisé sa copie en tenant compte des préconisations de la Commission nationale du débat public (CNDP), c’est-à-dire en éloignant le projet à 40 km des côtes, en dehors du périmètre du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis. Pour autant, les opposants au projet critiquent cette décision, sans avoir recours à un contentieux. Pour l’instant.

L’information est passée au Journal Officiel du 29 juillet 2022. L’Etat a donc acté la création de deux parcs éoliens marins au large de l’île d’Oléron. Le gouvernement, par la voie de trois de ses ministres (Transition écologique et Cohésion des territoires, Transition énergétique et secrétaire d’Etat à la Mer) a retenu les zones pour l’implantation du projet des deux parcs en tenant compte des conclusions du débat public. Deux zones d’implantation sont ciblées, toutes les deux en dehors du périmètre du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, un espace protégé de 6500 km2.  

L’un des principaux arguments avancés par les nombreux opposants (le collectif Nemo pour Non à l’éolien marin au large d’Oléron, la Ligue pour la Protection des Oiseaux…) au projet concernait effectivement la localisation initialement prévue du parc, au cœur de ce territoire sensé être un sanctuaire pour la biodiversité, même si les activités humaines y sont autorisées. 

Un débat public très suivi l’hiver dernier

En révisant ainsi sa copie et en tenant compte des conclusions de Chantal Jouanno, la présidente de la CNDP, le gouvernement s’assure de la quasi impossibilité pour les opposants d’engager un contentieux. 

Pour mémoire, le débat public organisé d’octobre 2021 à février 2022, a réuni plus de 15 000 participants et donné lieu à 520 avis et questions sur la plateforme dédiée. Même si la très grande majorité de ses avis étaient défavorables au projet, la commission particulière du débat préconisait un éloignement des côtes du projet et une concertation avec la population et les associations dans toutes les étapes à venir : élaboration des cahiers des charges des procédures de mise en concurrence, propositions de mesures pour limiter les impacts sur la pêche.

Un premier parc effectif en 2030, un deuxième parc éolien flottant

Concrètement, les prochaines échéances sont annoncées : pour le premier parc, le gouvernement lancera un dialogue concurrentiel dès 2022, avec l’objectif de désigner le lauréat début 2024 en vue d’une mise en service au début des années 2030. Ce premier parc éolien posé, d’une capacité d’environ 1000 MW, pourra être complété ultérieurement d’un second parc d’au plus 1000 MW. 

Ce second parc pourra être situé encore plus au large avec une technologie qui pourra être flottante ou posée en fonction d’études préalables qui démarreront simultanément au premier parc. Au total, ils permettront de produire un volume d’électricité équivalent à la consommation électrique d’un million six cent mille habitants environ, soit plus du double de la population de Charente-Maritime.

Faire d’Oléron, un projet « vitrine »

Pour l’Etat, le projet oléronais se distingue des autres projets de parcs éoliens en mer existants, c’est un projet innovant d’un point de vue technique et du point de vue de la concertation avec les publics également. Du moins, c’est ce qui est écrit sur le papier, dans le communiqué de presse diffusé par le ministère de la Transition écologique : « il s’agit de faire d’Oléron un projet innovant, implanté plus loin des côtes que les projets éoliens posés existants. En effet, la réalisation de ce premier projet à plus de 60 mètres constitue un défi technologique, qui, en cas de succès, dégagera un nouveau potentiel de localisation des projets permettant de mieux concilier les usages (énergie, biodiversité, pêche) ; et d’informer régulièrement le public sur l’avancement du projet sur le site internet national d’information (…) »

Pour la LPO, une menace de l’aire marine protégée

La Ligue de Protection des Oiseaux (la LPO que préside Allain Bougrain Dubourg) a été la première à réagir officiellement en indiquant que ce projet est une menace pour les oiseaux et pour la biodiversité au sein de l’aire marine protégée : « En validant la poursuite d’un projet industriel de cette ampleur au cœur d’une zone de protection spéciale des oiseaux, l’Etat remise au second plan les enjeux de préservation de la biodiversité (…) Si la zone d’implantation choisie par l’État se situe désormais en dehors du Parc naturel marin (PNM), elle reste néanmoins située au cœur de la Zone de protection spéciale (ZPS) « Pertuis Charentais – Rochebonne », une Aire marine protégée créée en raison de sa richesse écologique et de l’existence de voies de déplacement des oiseaux entre les zones de stationnement au large et le continent, ainsi que sur des couloirs migratoires nord-sud d’importance internationale.”

En conclusion, la LPO demande de nouveau à l’Etat de revoir sa copie, en envisageant la technologie de l’éolien flottant pour les deux parcs : “La LPO demande à ce que la technologie éolienne flottante soit envisagée dès maintenant pour l’implantation de parcs marins en Atlantique Sud, en s’affranchissant des contraintes bathymétriques (relief des fonds marins). Cette option permettrait de déplacer le projet en dehors des routes migratoire identifiées et de la zone de protection spéciale, et ainsi de mieux protéger la biodiversité associée. » A ce jour, c’est la seule réaction rendue publique.

Pour en savoir plus : https://www.eoliennesenmer.fr/

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