Euralis savoure un chiffre d’affaires en hausse de 15%


1,640 Md d'euros de chiffre d'affaires soit 15% de hausse, doublé d'un bénéfice avant impôt en hausse à 82 M€: voilà 3 ans qu'Euralis, le groupe coopératif basé à Lescar (64) démontre « sa robustesse » dans des contextes souvent difficiles.

Deux hommes assis à une table : Christophe Congues et Philippe SauxGroupe coopératif Euralis

Christophe Congues, président du groupe coopératif Euralis et Philippe Saux son directeur général ont présenté le bilan financier du groupe. Celui-ci sera présenté à l'Assemblée générale du groupe le 10 février 2023.

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Publication PUBLIÉ LE 15/12/2022 PAR Solène MÉRIC

« Ça fait trois ans que l’on est en phase avec nos objectifs », constate Christophe Congues, le président du groupe coopératif Euralis à l’heure du bilan financier. Le chiffre d’affaires en progression est amené « par les augmentations de prix et de volumes des céréales, mais aussi des gains de part de marchés sur l’activité Maison Montfort en grande distribution, un retour à la normale pour l’activité Rougier sur la restauration hors domicile et la poursuite du développement de Lidéa, notre marque de semences » détaille-t-il. Pourtant, l’environnement était pour le moins défavorable : « un phénomène d’inflation renforcée par la guerre en Ukraine, la guerre en Ukraine elle-même, et la grippe aviaire avec un niveau jamais connu au niveau national » rappelle le directeur général Philippe Saux.

54 M€ dans la transformation du modèle agricole et dans l’innovation

Mais si l’heure est à la satisfaction pour présenter le bilan financier pour 2021-2022, c’est que les stratégies axées sur « l’innovation et le développement à l’international » payent, estiment les responsables qui n’oublient pas de souligner « la réactivité et l’adaptabilité des équipes ». Le groupe a ainsi investi 54 M€ dans la transformation du modèle agricole et dans l’innovation. Une transformation qui tient en la « polarité inversée » mise en place dans la stratégie du groupe, précise le Directeur général. « Désormais on ne produit plus pour vendre, mais on part d’abord du client pour ensuite produire en phase avec ses attentes » détaille Christophe Congues.

Conséquences notables : sur le terrain, la contractualisation des productions est en hausse (50% aujourd’hui, et un objectif de 70% dans 2 ans) et la contribution de la coopérative à des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement se poursuit. Sur l’exercice, environ 16 000 heures de formation ont été réalisées par les équipes pour continuer à assumer « le choix du conseil aux agriculteurs plutôt que la promotion du phytosanitaire », rappelle Philippe Saux. Un coût de 1,3 M€.

30% du chiffre d’affaires à l’international

Un investissement sur l’innovation qui passe par la recherche en interne sur les semences (9% du CA y est consacré) mais aussi à travers la présence du groupe au sein du pôle de compétitivité Agri Sud Ouest Innovation ou encore, la participation nouvelle à des fonds d’investissement tels que Cap-Agro qui soutient le développement de start-ups à fort potentiel de développement dans les domaines agricole et agroalimentaire.

Quant à l’international il reste un enjeu de poids pour le groupe. Il y réalise 30% de son chiffre d’affaires, notamment dans le cadre des activités du pôle Semence et ce malgré les secousses de la guerre en Ukraine. Celle-ci n’aura pas été sans impact : moins 15% de chiffre d’affaires sur les activités ukrainiennes et une baisse de 30% de la production de semences dans le pays. « Mais on s’en est plutôt bien sorti », considère le directeur général.

Énergies décarbonées

Enfin troisième axe de développement et d’ambition pour Euralis : le pari sur les énergies décarbonnées avec en première ligne, le développement de l’énergie solaire. Le président rappelle le lancement de la société Solagri dont l’activité est d’accompagner les agriculteurs dans leur projet d’installation photovoltaïque. « 32 ont contractualisé pour 10 000 MgW de puissance vendue, soit la consommation électrique annuelle de 600 foyers », précise-t-il. « C’est dire si nous avons de grandes perspectives devant nous », s’enthousiasme-t-il. Et pour cause, Euralis a fait le bilan des toitures de ses adhérents : ce sont 1000 ha qui pourraient être valorisés au service de la production d’énergie, dont 26 ha en propre pour la Coopérative qui voit là une opportunité, de réduire à terme sa facture d’électricité, grâce à l’auto-consommation.

Quant à l’agrivoltaïsme, la coopérative est lancée sur un projet de production de kiwis rouges sous panneaux photovoltaïques (20 ha) et confie, à travers la voix de son président: “si le cadre légal est modifié (, il est en cours de débat au Parlement, ndlr) , on exploitera toutes les possibilités pour que les agriculteurs puissent bien vivre de leur métier”, avec une condition tout de même : “il faut qu’il y ait une vraie production sous les panneaux”.


Et le canard gras dans tout ça ?

Si l’activité canard a été relativement épargné lors des fêtes 2021, les conséquences de la crise aviaire subie au long de l’année 2022, risquent de se ressentir cette année en rayon. En effet, le virus n’ayant pas épargné la Vendée où se concentrent les unités d’accouvages, l’aval fait mécaniquement face à un manque de disponibilité de production. « En France, on va produire pour cette année, la moitié de ce que le marché à l’habitude de consommer, la disponibilité est donc très tendue. Pour ce qui est d’Euralis, nous avons aussi été touchés mais pas dans les mêmes proportions, avec une baisse de production de l’ordre de 25% », indique Philippe Saux.

La filière, pour modérer l’impact, va jouer sur les stocks qui étaient jusque-là excessifs. « On va arriver à un niveau de stocks quasi nul, historiquement bas », analyse-t-il. Le tout dans un contexte où le virus de l’influenza aviaire n’est pas sorti du territoire depuis un an, là aussi c’est une première. « Entre la biosécurité, le professionnalisme des éleveurs, le plan Adour, et la vaccination à venir, il faut impérativement entrer dans un modèle résilient, pour en quelque sorte réussir “à vivre avec” ce virus », complète le président de la coopérative.

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