Sous les panneaux, les truites


A Mézos dans Les Landes, les truites de la pisciculture du Groupe Aqualande grandissent à l'ombre de panneaux photovoltaïques exploités par le groupe UNITe. Un exemple d'agrivoltaïsme réussi.

Bassin d'élevage de la pisciculture de Mézos dans les Landes, surplombés de panneau photovoltaïque et de filets de protection aviaireSolène MÉRIC | Aqui

L'agrivoltaïsme est un atout pour la pisciculture selon les responsables de la coopérative Aqualande

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Publication PUBLIÉ LE 02/12/2022 PAR Solène MÉRIC

Treize lignes de bassins de 300 mètres de long sur 8 mètres de large. Bienvenue à la pisciculture de Mézos, qui s’étale au total sur 30 000 m². Propriété de la coopérative Aqualande, elle est une des plus importantes d’Europe.

Autre de ses spécificités, ses bassins, où barbotent entre 28 000 et 32 000 truites pour une production annuelle de 1000 tonnes de truites fumées, sont recouverts d’ombrières photovoltaïques sur 22 000 m². Une grosse centrale pour le milieu agricole, installée et exploitée par le producteur d’électricité renouvelable UNITe. « Les 18 950 panneaux du site produisent l’équivalent de la consommation électrique de 2 000 habitants, soit le double de la population de Mézos », précise Xavier Permingeat directeur d’activité photovoltaïque UNITe.

La protection aviaire avant tout

Alors qu’un projet de loi relatif à l’accélération des énergies renouvelables, dont l’agrivoltaïsme, est en débat en commission parlementaire, voilà 10 ans déjà que cette pisciculture pratique l’agrivoltaïsme comme Monsieur Jourdain la prose, ou presque.

« En 2011, quand le projet est lancé avec UNITe, notre sujet c’est d’abord et avant tout la couverture des bassins pour avoir une protection aviaire. C’est un point majeur dans nos élevages, tant sur l’aspect sanitaire que sur la prédation des poissons », explique Valentin Deporte, Directeur général Pôle élevage du groupe Aqualande. En effet, au-delà de l’ombre portée des panneaux, des filets surélevés, attachés à la structure, empêchent toute attaque de volatiles.

Tous les adhérents de la coopérative ont des projets photovoltaïques

« La présence des panneaux permet de baisser de 1 à 1,5° la température de l’eau, évite les ”coups de soleil” des poissons et diminue leur stress. Les panneaux protègent aussi des intempéries, tout en rendant le travail plus agréable aux 9 salariés », détaille Marc De l’Hermite, responsable du site, qui ne voit dans ce mariage local entre production électrique et agricole, « que des effets bénéfiques ». Il n’est pas le seul : « tous les adhérents de la coopérative ont des projets photovoltaïques », assure Valentin Deporte.

Marc de l’Hermite et Valentin Deporte (Aqualande) et Xavier Permingeat et Stéphane Milhes (UNITe)

Avec un bail emphytéotique de 20 ans, UNITe rapporte 30 000€ en retombées fiscales et bénéfices à la commune, précise Xavier Permingeat. Aqualande bénéficie pour sa part de 30 000€ de redevance annuelle. Si ces redevances « n’en sont pas la raison principale », selon le responsable Aqualande, « des discussions sont en cours pour accroître le modèle agrivoltaïque au sein du groupe coopératif ». Car désormais au-delà du confort des poissons, les enjeux énergétiques et leur financement se mêlent bel et bien à l’affaire.

Impactés par la diminution du débit des cours d’eau

Les piscicultures du groupe, à l’image de celle de Mézos sont installées en milieu ouvert, sur des cours d’eau naturel, dont une partie est déviée vers les bassins d’élevage avant d’être rendue à la nature non sans un passage en bassins de décantation. « Ici, 2 000 litres d’eau entrent sur la pisciculture », précise Marc De l’Hermite. Les équipements sont donc directement impactés par la diminution du débit en période de sécheresse. Avec des conséquences sur le bien-être et de développement des poissons dans les bassins d’élevage.

Naissent donc des projets de recirculation de l’eau au sein des piscicultures. A Mézos cette régulation nécessite 8 pompes, “soit 40 à 50 kW supplémentaires”. Le sujet désormais dans les discussions et projets photovoltaïques à venir, et dans un contexte d’augmentation forte des coûts de l’électricité, est bien pour Aqualandes, celui de l’auto-consommation de sa production électrique à venir.

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