Les agriculteurs rémunérés pour leur engagement agronomique


Pour son année de lancement, le contrat Gaïa d'Euralis qui assure des pratiques culturales durables et responsables, couvre déjà 10 000 ha de maïs et de soja dans le Sud-Ouest.

L'équipe d'Euralis dont Laurent Dubain (à droite), DG du pôle agricole d'Euralis, sont venus à la rencontre de Philippe Joseph et de son fils engagés pour 20 ha, dans un contrat GaïaAqui.fr

L'équipe d'Euralis dont Laurent Dubain (à droite), DG du pôle agricole d'Euralis, sont venus à la rencontre de Philippe Joseph et de son fils engagés pour 20 ha, dans un contrat Gaïa

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Publication PUBLIÉ LE 21/06/2022 PAR Solène MÉRIC

Philippe Joseph, agriculteur à Lons n’est pas néophyte en matière de pratiques agricoles durables. Il est engagé au sein d’Agro Réseau 64 avec la Chambre d’agriculture et mène depuis plusieurs années des pratiques agro-environnementales sur ses cultures, dictées jusque-là par sa conviction personnelle. En acceptant de produire une partie de ses céréales dans le cadre du contrat « Gaïa », proposé par sa coopérative Euralis, la valorisation désormais est aussi financière. Car ce contrat engage et rémunère l’agriculteur selon des pratiques « durables et responsables”. Une manière aussi pour la coopérative d’acter sa transformation en accompagnant ses adhérents.

Voilà 2 ans que, sous l’impulsion la Loi Egalim, la Coopérative Euralis, a fait le choix du conseil auprès de ses adhérents plutôt que celui de la vente de produits phyto. L’objectif désormais : « Pérenniser les exploitations agricoles de nos adhérents (9000 agriculteurs pour Euralis, ndlr) tout en accélérant la transition vers des pratiques durables », explique Laurent Dubain, Directeur général du pôle agricole d’Euralis. En d’autres termes : développer une agriculture raisonnée sans négliger la sécurisation des revenus des exploitants.

Filières contractualisées, revenus sécurisés
Pour ce faire la nouvelle stratégie du groupe, vise à développer un outil déjà bien connu des coopératives : la contractualisation de productions. Celle-ci se développe d’une part, par le maintien des contractualisations pré-éxistantes (sur les filières légumes, volailles ou encore maïs Waxy par exemple) et d’autre part, par le déploiement pro-actif de nouvelles filières contractualisées, telles que les lentilles, haricots secs ou pois chiches, ou bien encore les grandes cultures bio. Et pour chaque type de contrat un cahier des charges correspondant au besoin du client d’Euralis l’accompagne.

« Un choix de stratégie par filière qui sécurise le revenu des agriculteurs et répond réellement aux attentes des clients, notamment sur les questions de responsabilité sociétale et environnementale des entreprises. Il y a 4 ou 5 ans, la RSE, était une sorte de joli vernis sur les politiques entrepreneuriales ; aujourd’hui il y a un mouvement de fond, des postes sont créés dans les grands groupes pour prendre en compte ces questions, avec de vraies problématiques concernant le sourcing des matières. » assure Philippe Theil, Directeur du développement commercial du pôle agricole.

 

“Plus l’agriculteur va vers une intensité agronomique, plus il sera rémunéré”
Conscient de l’enjeu commercial, et en cohérence avec ses ambitions de « transformation », Euralis a lancé cette année le contrat Gaïa sur les productions maïs et soja. Le cahier des charges qui l’accompagne est « un référentiel de 10 indicateurs agronomiques communs avec 3 niveaux d’évaluation possible pour chacun », explique Laurent Dubain. « Plus l’agriculteur va vers une intensité agronomique, plus il sera rémunéré. C’est une prime qui est indispensable pour la couverture du risque pris par le producteur, ça contribue à la résilience des exploitations » insiste-t-il. Le premier niveau recouvre les obligations réglementaires, mais, accompagné par un conseiller de la coopérative du début à la fin du culture contractualisée, l’objectif est bien d’inciter les agriculteurs à aller vers des pratiques de plus en plus vertueuses.

Philippe Joseph et son fils, agriculteurs à Lons, produisent 20 ha de maïs GaïaAqui.fr

Philippe Joseph et son fils, agriculteurs à Lons, produisent 20 ha de maïs Gaïa

Philippe Joseph n’a pas hésité longtemps. Avec ses pratiques déjà poussées en termes de non labour, de mise en place de couverts végétaux « de plus en plus complexes », ou encore de pratiques raisonnées sur la fertilisation, l’utilisation de produits phytosanitaires ou encore l’optimisation de l’irrigation, il rentrait « déjà dans les cases du contrat Gaïa ». Mais, au-delà de la valorisation financière qu’il peut (enfin) tirer de ses efforts, ce contrat c’est aussi la satisfaction de voir son travail agronomique reconnu, ainsi que son ambition, « d’aller à terme vers une agriculture régénératrice. En tant qu’agriculteur, je pense que j’ai un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité, de la nature, la fixation du carbone dans le sol… C’est aussi plus globalement un souci de répondre aux attentes du citoyen. » Un chemin d’autant plus facilité qu’il est acompagné et récompensé.

Si l’agriculteur de Lons a déjà un pas d’avance dans ses démarches et pratiques, il est bien heureux tout de même que le contrat valorise aussi les efforts réglementaires : « le plan prévisionnel de fumure, c’est une vraie contrainte, mais si on peut le valoriser alors on voit les choses autrement ». La contrainte devient un atout. Pour l’heure, 20% de son exploitation (soit 20 ha) sont sous contrat Gaïa.

“La résilience, les bonnes pratiques ont de la valeur sur le marché”
Avec dès cette première année, 10 000 ha de maïs et de soja contractualisés Gaïa dans tout le Sud-Ouest, Philippe Thiel, le directeur du développement commercial n’est pas inquiet : « ce type de cahier des charges avec ce référentiel complet parle à l’aval, et répond à presque tous leurs besoins. Et s’ils veulent avoir plus d’engagements alors on peut affiner le cahier des charges. »

Avoir créé son référentiel avec, de suite, une masse importante de production correspondante, a aussi pour la coopérative l’avantage de renverser le rapport de forces face aux clients. « C’est une manière de valoriser l’origine Sud-Ouest de nos productions : la résilience, les bonnes pratiques, les savoir-faire locaux, comme notre climatologie encore favorable, ça a de la valeur sur le marché et nous le mettons en avant », appuie le directeur commercial.

Parmi les clients séduits par la démarche : le producteur de whisky Irish Distiller, filiale du groupe Pernod Ricard, pour la production durable de whisky à partir de maïs grain du Sud-Ouest. Ce qui ravit d’autant plus l’agriculteur de Lons, « j’étais déjà amateur de leur whisky, mais je l’apprécierai d’autant plus ! ».

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