Thomas Dupouy, tradition et qualité à la landaise !


En s'installant, Thomas Dupouy, 20 ans a choisi d'embrasser l'agriculture par le prisme de la qualité, tant sur ses asperges en IGP que sur ses poulets Label Rouge.

Thomas Dupouy 20 ans installé à Pontonx-sur-l'AdourAqui.fr

Thomas Dupouy 20 ans installé à Pontonx-sur-l'Adour

Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 4 min Nombre de vues

Publication PUBLIÉ LE 29/04/2022 PAR Solène MÉRIC

Le département des Landes a quelques productions emblématiques. Viennent sans doute à l’esprit en premier le canard gras et le poulet côté élevage. Si cela rime évidemment avec maïs, les gens du coin, savent bien aussi que parmi les fleurons landais il ne faut pas oublier l’asperge, qui ces temps-ci, en pleine récolte, a volontiers rempli les assiettes pascales. Thomas Dupouy, 20 ans, installé du côté de Pontonx sur l’Adour, producteur d’asperge IGP, de Poulet Jaune des Landes en Label Rouge mais aussi de carottes fanes est, en quelque sorte, un condensé de cette histoire et fierté agricoles du département, entre traditions et surtout qualité.

Thomas Dupouy n’avait pas 19 ans lorsqu’il s’est installé en SCEA avec son frère Jérémy. « J’ai eu les résultats de mon Bac pro Agroéquipement en juin 2020, et j’ai rempli les premiers papiers pour l’installation dès juillet ! Un voisin partait à la retraite, c’était une opportunité à ne pas rater », explique-t-il. Quitte à suivre son Certificat de Spécialisation en machinisme agricole à Mugron, en parallèle de sa première année d’installation. Un CS précieux, réalisé en apprentissage à Boos, sur l’exploitation de Christophe Paillaugue, président de la coopérative Copadax, qui lui a donné le goût, ainsi qu’à son frère qui y a travaillé comme ouvrier agricole, des cultures légumières, de l’asperge à la carotte.

“Fier de faire de la qualité”

Avec l’Asperge des Sables des Landes IGP, comme culture principale, la SCEA fraternelle de 68 ha se compose de 10 ha d’asperge blanche IGP, de 38 ha de maïs semence, et depuis cette année, de 5 ha de carotte « en culture double », soit l’équivalent de 10 ha en production. Outre un penchant pour cette culture, le choix de l’asperge a pu se faire parce que les terres de l’exploitation sont propices à cette production. « Avec notre zone géographique on pouvait être en IGP, et nous répondons au critère d’avoir au moins 70% de sable dans la terre. C’est une condition de leur qualité », glisse Thomas avec fierté.

Une qualité qui est aussi assurée par certains choix culturaux des deux frères, comme un espacement resserré à 2,5 mètres entre les rangs de plantation, qui permet d’avoir de plus beaux légumes. « Cela autorise à laisser plus d’espace sur le rang entre chaque griffe. Mais nous avons dû investir dans un tracteur vigneron pour pouvoir passer entre les rangs », précise-t-il. Si la méthode n’est pas obligatoire selon le cahier des charges de l’IGP, elle est encouragée par la Copadax, la coopérative par laquelle les deux frères commercialisent leur production. Une IGP qui est aussi un atoût pour une meilleure valorisation du produit, reconnaît le jeune agriculteur.


Passionné de culture et d’élevage
Déjà conseil technique sur les asperges, la Copadex a aussi incité les deux frères à tester la culture de la carotte fane cette année. Il n’y a pas ici de label officiellement reconnu, mais la culture encadrée par la coopérative, est certifiée Global GAP. Cette démarche vient poser un référentiel de qualité en termes des bonnes pratiques agricoles autour de la sécurité alimentaire, du développement durable, de la protection de l’environnement, etc. De quoi là aussi satisfaire le goût du jeune homme pour le travail bien fait.

Un attachement à la qualité et aux bons produits qu’il doit aussi à ce qu’il observe depuis tout petit sur une toute autre production : le poulet jaune des Landes élevé en liberté. Son père est en effet associé avec son oncle sur une exploitation à Laluque qui se consacre à cet élevage. « J’y ai passé beaucoup de temps étant enfant. J’ai baigné dans ce monde de l’agriculture, c’est ce qui m’a donné l’envie d’en faire mon métier », précise-t-il avec le sourire.

Ce passionné tant de culture que d’élevage, et « qui ne se verrai[t] pas faire autre chose, vient d’intégrer cette seconde SCEA, avec son frère. L’idée, à terme, est de prendre la suite de leurs aînés, eux-même successeurs d’autres éleveurs, membres de la famille Berbille. Un nom qui parle dans la production avicole landaise. Inventeur de la marensine, cette petite cabane mobile qui a contribué à l’image d’épinal de l’élevage en liberté du Sud-Ouest, la famille Berbille était aussi du combat d’une génération d’éleveurs qui par leur détermination a permis la reconnaissance dès les années 60 de la qualité du Poulet des Landes par un Label national.

Pour la récolte des asperges blanches en cours jusqu'à fin mai, Thomas Dupouy et son frère ont fait appel à 10 saisonnierThomas Dupouy

Pour la récolte des asperges blanches en cours jusqu’à fin mai, Thomas Dupouy et son frère ont fait appel à 10 saisonnier

En toute liberté

A Laluque, le jeune producteur, rejoint donc l’histoire avicole des Landes et de son art de vivre. Au beau milieu de la forêt, « 45 cabanes mobiles de 30 m² » ajouté à « 4 bâtiments de 400 m² avec un parcours où ils peuvent aller en toute liberté ». Soit environ 110 000 poulets par an. « Même si c’est plus de travail pour nous, moi je préfère les petites cabanes. Le matin tu lâches les poulets au milieu des pins, c’est quand même quelque chose… ! » sourit-il. « Et puis quoi de mieux pour le bien-être animal qu’un élevage en liberté ? ».

Selon le cahier des charge du Label Rouge, les poulets arrivent à 1 jour, sont gardés au chaud environ 6 semaines avant de connaître la liberté puis d’être vendus à la coopérative Maïsadour via les Fermiers landais à 12 semaines. Eux s’occupent de l’abattage et de la commercialisation. Durant leur présence sur l’exploitation ; les volatiles de Thomas, épargnés par l’influenza aviaire cette année, auront mangé le maïs conso produit par l’exploitation qui en cultive 40 ha, plus quelques compléments achetés auprès de Maïsadour. La SCEA de Laluque cultive aussi 100 ha de maïs waxy vendu sur le marché.

Si la présence des coopératives est importante dans le modèle mis en place par Thomas et son frère, c’est qu’elles sont selon lui « un élément de sécurisation pour la commercialisation des productions ». C’est aussi un atout pour rassurer les banques appuie-t-il. « A 20 ans vous ne savez pas tout, loin de là. Nous avons encore souvent des questions auxquelles les différents partenaires qui nous ont accompagnés et soutenus dans nos projets d’installation, que ce soit la Chambre d’agriculture, le Crédit agricole ou Cer France pour la comptabilité, prennent toujours le temps de répondre. C’est très rassurant pour des jeunes comme nous. »

L’info en plus :
Aqui publie une série de portraits de jeunes installés en agriculture en amont de la Journée Installation Transmission, le 24 mai à 14h30 Hall 4 du Parc des Expositions de Bordeaux dans le cadre du Salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine.

Cet article fait partie du dossier
Ça vous intéresse ?
Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On en parle ! Landes À lire ! AGRICULTURE > Nos derniers articles