Municipales à Bordeaux : Nicolas Florian partisan de la sobriété


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Temps de lecture 4 min

Publication PUBLIÉ LE 16/12/2019 PAR Romain Béteille

Après avoir eu droit à un « campagne : mode d’emploi » par une partie de son équipe de campagne (composée d’adjoints et de deux nouvelles recrues, une séquence à retrouver ici), on attendait la première prise de parole officielle de Nicolas Florian dans la peau du candidat aux municipales. C’est désormais chose faite : ce lundi 16 décembre, le maire a présenté sa philosophie et les grandes lignes directrices qu’il comptait suivre pour les années à venir. Si on ne vous refera pas le coup de vous énumérer les quatre grands axes d’un futur programme qui ne sera pas dévoilé avant courant janvier, évoquons quelques tendances.

Celle de la suite dans les idées, d’abord. « Je m’inscris dans la continuité de ce qui a été engagé depuis 2014 par Alain Juppé et des quelques marqueurs que j’ai pu poser depuis un an. L’ambition du maire de Bordeaux et de sa future équipe, c’est d’avoir pour objectif une ville plus humaine. Une ville où il y a du lien. Il y a une attende des citoyens d’être plus écoutés » a répété l’ancien adjoint aux finances d’Alain Juppé. « Cette ville s’est transformée, nous devons maintenant la façonner et aller voir derrière les murs ce qui se passe pour associer nos concitoyens à la décision publique ». Le tout autour d’un projet « réaliste et tenable : en ayant été adjoint aux finances, je connais les moyens dont on dispose et je sais comment utiliser au mieux l’argent public », a poursuivi le candidat.

Confiance et sobriété

Le crédo de Nicolas Florian, en plus du bilan conjoint déjà présenté, c’est celui de la « confiance ». C’est d’ailleurs par la phrase « Faisons-nous confiance » qu’il termine sa « lettre aux bordelais », que ces derniers devraient recevoir très bientôt dans leur boite aux lettres. Le deuxième axe fort, c’est celui de la sobriété. « Je veux d’une ville sobre et économe de ses ressources. Cette sobriété, il en avait d’ailleurs été question lors d’un précédent conseil municipal concentré sur le vote des taux dans lequel Nicolas Florian, à cheval entre le fauteuil de candidat et celui de maire, avait promis que les impôts n’augmenteraient pas durant le prochain mandat. Interrogé sur les propositions qu’il comptait faire en ce sens, le maire préfère nous orienter vers une philosophie sans réelles mesures.

« En six ans, Bordeaux a perdu 108 millions de dotation de l’État. Cela nous a imposé un peu de rigueur dans la gestion de l’argent public, on l’a fait. On a beaucoup investi (100 millions d’euros par an en moyenne, 41 millions d’euros d’aides aux associations). On a réussi, la ville a une situation financière saine. C’est pour ça que j’ai annoncé, lors du dernier vote des taux, une baisse d’1% de la taxe foncière. On va essayer de continuer cette marche. Je ne sais pas si on sera capable d’enclencher encore une baisse, pour 2020 peut-être, mais au moins l’idée est de ne pas l’augmenter. La politique tarifaire sur les services au public, elle, ne bougera pas. Cette sobriété sera notre ligne pour les années qui viennent. Quand on a signé avec l’État le contrat de Cahors (limitant la hausse des dépenses de fonctionnement à 1,2%), c’était presque frustrant parce qu’on a des moyens un peu contraints. Ça nous a permis de désendetter un peu plus la ville et de faire un effort sur l’investissement. On a les moyens financiers, le tout c’est de bien les utiliser ». 

Renouveler la continuité

Sur la forme enfin, on en sait désormais un peu plus sur le visage de la future liste, même si tous les membres qui la composeront ne sont pas encore connus. L’objectif de la liste Florian (dévoilé quelques semaines après le départ d’anciens adjoints historiques, tels que Jean-Louis David) : 50% de renouvellement. « Je n’ai pas encore fixé de seuil mais je vois ce qui se passe dans d’autres villes. Renouveler la moitié, c’est bien. Ça peut être un peu plus. L’important, c’est la qualité de ce renouvellement. Ils doivent donner l’image d’une cohésion et d’une même ambition pour notre territoire. Je ne suis pas pour un excès de jeunisme, je veux des gens d’expérience qui connaissent les dossiers et des nouveaux qui ont un peu d’exaltation. Toute une génération d’élus m’ont dit qu’ils aspiraient à un peu de repos. Il faut nécessairement renouveler, c’est une question générationnelle ». Pour autant, les quelques 200 soutiens déjà listés dans la lettre de Nicolas Florian aux bordelais(es) sont loin d’être tous des inconnus. La première citée est même Isabelle Juppé, la propre femme de l’ancien maire de Bordeaux. « C’est le témoignage d’une continuité et d’une amitié. On a des liens particuliers, c’est un peu de la famille. L’enjeu, c’est que cette transition soit réussie et qu’on s’appuie aussi sur le passé pour regarder l’avenir. Isabelle animera les réflexions, elle fera des propositions et elle apportera un regard sur la vie bordelaise. C’est un peu un trait d’union entre Alain Juppé et moi ». 

Restait encore un doute sur la couleur à donner à cette liste. L’affichage du nouveau local de campagne, en bleu clair, donnaît déjà un petit indice : pas question de se ranger derrière LR où dans une case « divers droite ». Au vu de son actuel premier adjoint (le centriste Fabien Robert), tout semble logique. Mais Nicolas Florian a justifié, face aux questions insistantes : « je ne m’implique plus dans l’appareil politique, je suis maire de Bordeaux à 100%. Je ne vais pas prendre d’étiquette. Beaucoup de gens n’ont pas la même. Mon enjeu, c’est de rassembler et de fédérer des gens qui n’ont pas nécessairement les mêmes choix partisans sur d’autres élections, notamment au travers d’Esprit Bordeaux (mouvement lancé par les proches adjoints d’Alain Juppé pour anticiper sa réélection, appareil désormais utilisé pour la camapgne de Nicolas Florian) où on retrouve différentes sensibilités. Je ne serai jamais sous la tutelle d’un parti politique. L’actualité nous le prouve : je ne suis plus persuadé que l’organisation d’aujourd’hui autour des partis soit l’avenir de la vie démocratique de ce pays ». « Nous aussi, nous allons transformer la ville, on va continuer cette métamorphose avec des objectifs chiffrés, ambitieux. On va accompagner cette transformation sans faire de révolution ni faire table rase du passé. Ces transitions sont fortes, et elles doivent être rapides », a rajouté la coordinatrice du programme Julia Mouzon. Le changement dans la continuité, on peut dire que le ton est donné…

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