Masques : l’industriel Charentais boudé par l’État Français


En 2020, l'entrepreneur de Charente a investi 10 millions pour convertir son outil de production à la fabrication de masques. Deux ans plus tard, les commandes publiques continuent de privilégier les masques chinois mettant son entreprise en danger.

Antoine Pontaillier portraitDR

Antoine Pontaillier président de Next emballages qui a investi dix millions dans la production de masques.

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Publication PUBLIÉ LE 24/11/2022 PAR Cyrille Pitois

Antoine Pontaillier n’est pas de bonne humeur. Le président du groupe Next Emballage qui emploie 120 salariés sur trois sites dont le siège de Nersac en Charente, ainsi qu’à Murs-de-Sologne et Chambéry, a investi 10 millions d’euros pour réorienter sa production vers les masques, répondant aux injonctions de l’Etat en matière de souveraineté industrielle. Sauf qu’aujourd’hui, ce pivot est vain. Les masques produits en France ne franchissent pas le Rubicon de la commande publique dont les critères favorisent les masques chinois.

Un engagement pour décarboner et relocaliser

Mars 2020, dans un contexte d’explosion du Covid et de confinements successifs, l’État par la voix du Président de la République en personne, découvre la dépendance de la France dans plusieurs domaines industriels, notamment la production de masques. « Les accents solennels du chef de l’État nous ont incités à nous affranchir de la tutelle sur les produits de santé. Un certain nombre d’acteurs ont engagé des actions qui ont aussi pour effet de décarboner en relocalisant. C’est effectif et directement mesurable,» rappelle Antoine Pontaillier. « J’ai investi 10 millions d’euros dans le patriotisme économique et la plus belle usine du monde pour fabriquer des masques FFP2, chirurgicaux, de façon à être a minima le champion néo-aquitain de cette production pour répondre aux besoins des acteurs néo aquitains. »

Deux ans plus tard, il dénonce devant la délégation sénatoriale aux Entreprises « l’incapacité à tirer les enseignements du passé et, malgré les injonctions présidentielles, de définir une politique industrielle ».

Dans sa ligne de mire, le cahier des charges du dernier appel d’offres de Santé publique France sur les masques dont les critères favorisent les masques chinois. Le marché ne comporte notamment aucune clause en termes d’empreinte environnementale ou sociale des produits.

95% des masques toujours importés en 2022

Le président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, veut sensibiliser le ministre de l’économie Bruno Lemaire. « Que ce soit pour les administrations, les collectivités ou les hôpitaux, 95 % des masques sont importés même pour l’armée et le ministère de l’Intérieur, » s’agace-t-il.

« L’État ne va pas au bout de son engagement à soutenir l’effort industriel qu’il a lui-même encouragé. Je reçois de nombreux témoignages de dirigeants sur l’impossibilité de remporter des appels d’offres de l’administration nationale avec leurs produits français. Avec la contraction de la demande et le retour des importations massives, l’industrie française subit une concurrence déloyale et n’arrive pas à s’imposer dans les appels d’offres nationaux concernant les masques mais aussi les aiguilles ou produits pharmaceutiques fabriqués dans l’urgence. »

 L’Allemagne a su favoriser sa filière nationale

Le président de la région qui aime rappeler son attachement à la reconquête industrielle et à la souveraineté technologique, réclame qu’il soit remédié à cette situation. « D’autant que l’Allemagne a su favoriser sa filière nationale, » souligne Alain Rousset.

 

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