Emploi et Handicap : Le succès des Jardins de Nonères


Dans l'ancienne ferme de l'hôpital psychiatrique de Mont-de-Marsan, les Jardins de Nonères, permettent à des travailleurs handicapés d'exercer une activité salariée et de gagner en autonomie. Un succès de 30 ans qui cherche toujours à se renouveler.

Un homme poussant une brouetteSolène MÉRIC | Aqui

Sur les 10ha de superficie des Jardins de Nonères, 5 ha sont dédiés à l'activité de maraîchage bio qui fournit ses productions à la restauration collective mais aussi aux particuliers

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Publication PUBLIÉ LE 06/12/2022 PAR Solène MÉRIC

Ce bout de campagne de 10 ha à la sortie de la ville de Mont-de-Marsan, ce sont les Jardins de Nonères, créés par le Département des Landes en 1990. Désormais structuré en deux entités, un Esat d’une part, une entreprise adaptée d’autre part, ce sont au total 215 personnes qui bénéficient de ce pôle départemental, lieu de travail, de sociabilisation, et d’acquisition de l’autonomie.

L’idée est de s’inscrire dans une dynamique de parcours où chacun évolue à son rythme et en respectant les demandes et projets personnels

Julien Le Bailllif, son directeur par intérim, en résume la philosophie : « Que ce soit pour l’ESAT ou l’entreprise adaptée, l’idée est de s’inscrire dans une dynamique de parcours où chacun évolue à son rythme et en respectant les demandes et projets personnels. On s’inscrit donc aussi dans la dynamique d’aller vers le milieu ordinaire, mais sans obligation. »

Avoir à la fois l’Esat et l’entreprise adaptée, est « une richesse pour pouvoir enclencher cette dynamique, et parfois aussi assurer la marche inverse. Un salarié « ordinaire » déclaré inapte peut entrer chez nous via l’entreprise adaptée, puis aller en ESAT, si ça correspond mieux à ces besoins ». Dans tous les cas, la personne reste donc en emploi.

Des activités qui matchent d’un point de vue économique

Dans le cadre de l’entreprise adaptée, l’idée est bien d’inculquer « une culture d’entreprise, avec des notions de chiffre d’affaires et de délais à respecter vis à vis d’un client, tout en veillant à positionner les personnes sur des chantiers adaptés à leurs compétences et les faire peu à peu, et sans forcer, monter en compétences » appuie le responsable de l’activité espace vert au sein de l’entreprise adaptée.

Dès la création de la structure, « l’idée était de développer des activités qui matchent d’un point de vue économique », souligne Julien Le Baillif. Les activités des Jardins de Nonères se développent donc autour des espaces verts, du maraîchage bio, d’une pépinière, d’une boutique offrant un espace de vente des productions, et enfin un bureau de plastification, publipostage et numérisation. Et l’équipe ne manque pas de projets correspondant aux besoins des acteurs économiques ou institutionnels auprès desquels la structure propose ses prestations.

Dans le bureau plastiquerie on couvre des livres, on numérise des documents pour des administrations et entreprises, on met sous pli et on encartonne… une véritable ruche

Une conserverie d’abord, pour pouvoir transformer en interne les productions maisons, dont la star inattendue est le cornichon bio ! Mais aussi « une micro-plateforme de compostage pour collecter les déchets verts des restaurants que l’on fournit en légumes… ». Une manière de boucler la boucle vertueuse, ouvrant sur de nouveaux métiers pour le pôle, tels qu’opérateur de collecte, ou encore agent de composteur.

2 heures d’accompagnement par semaine

Les Jardins de Nonères, qui sont ouverts au grand public notamment pour la boutique mais pas seulement, visent aussi à « structurer l’activité événementielle du site ». L’idée est de « pouvoir enclencher la cuisine et le service de nos propres légumes avec l’installation d’un kiosque sur une de nos parcelles ». Là encore, une manière de s’ouvrir à de nouveaux métiers en tension dans la restauration et le service, et assurer des perspectives de débouchés économiques et d’emplois pour la structure et ses salariés.

Au-delà de l’aspect professionnel, les usagers côté ESAT bénéficient de deux heures d’accompagnement par semaine sur leur temps de travail quant à leur projet personnel : ateliers de cuisine, de code de la route, ou encore musique ou théâtre au sein d’associations extérieures. « On ne met aucun frein », appuie Véronique Legoff, cadre socio-éducatif. « Ces moments participent à leur bien-être, à leur reconnaissance sociale. L’intégration dans le milieu associatif local, c’est aussi assurer une continuité d’activités quand arrive le moment de la retraite, où il y a toujours un risque du retour à l’isolement ».

Une retraite et un cadre social auxquels ces personnes n’auraient sans doute pas pu prétendre si les Jardins de Nonères ne leur avaient pas ouvert les portes de l’emploi.

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