Dans les territoires ruraux Sud-Aquitains, on aime déménager


En Béarn, au Pays basque et dans le Sud-Landes, les jeunes actifs déménagent plus qu'ailleurs et le comportement est antérieur à la crise Covid.

DéménagementKetut Subiyanto

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Publication PUBLIÉ LE 13/09/2022 PAR Cyrille Pitois

Pour adapter les politiques publiques en matière d’habitat ou de transport, les collectivités ont besoin de mesurer les comportements de la population. L’agence d’urbanisme Atlantique Pyrénées (Audap) avec le concours de l’Insee, livre une étude sur la mobilité des habitants du Béarn, du Pays basque et du Sud Landes. En milieu rural, les familles déménagent beaucoup plus souvent que les autres habitants de Nouvelle-Aquitaine. Une nouvelle enquête en 2023, à partir des données 2020 et du premier épisode Covid risque de renforcer encore la tendance. Pour en savoir plus sur les motivations de cette bougeotte, des entretiens vont être menés.

Avec le concours de l’INSEE, l’agence d’urbanisme s’est penchée sur un comportement exacerbé chez les habitants des territoires ruraux du Sud-aquitain : le goût pour le déménagement. En Béarn, au Pays basque et dans le Sud Landes, ils sont plus fréquents que partout ailleurs en Nouvelle-Aquitaine. Entre ces trois zones, le Sud-Landes s’impose même en tête. Avec 5% des habitants qui partent chaque année et 6,5% qui arrivent, contre 3,5% qui quittent la Nouvelle-Aquitaine, et 4% qui s’y installent.

Besoin d’être à jour tout le temps

Pour Sandrine Derville, vice-présidente du conseil régional et de l’agence d’urbanisme Atlantique Pyrénées, il est essentiel «d’observer les comportements de population, pour donner aux collectivités les moyens de s’adapter face aux transitions sociales et économiques. Nous les élus, avons besoin d’être à jour tout le temps ! »

L’étude s’est arrêtée sur les zones rurales des trois bassins considérés et les a regardées selon deux critères : les zones sous influence d’un tissu urbain et les zones hors influence des villes. Le premier constat est transversal : partout le solde migratoire est positif avec plus de personnes qui arrivent chaque année. Et il y aussi des déménagements internes à ces zones. Ainsi dans les communes du Pays basque les plus à l’écart de l’influence des villes, on a même plus de déménagements internes à la zone que d’arrivées ou de départs.

Les moins de 40 ans, beaucoup plus que les retraités 

Ce que les observateurs appellent les migrations résidentielles, sont en fait des déménagements principalement liés à des événements familiaux. Départ du domicile parental ou retour, mise en couple, naissance, séparation et ce sont logiquement les moins de quarante ans qui font le plus souvent leurs cartons. Plus de la moitié de ces déménagements se font avec le reste de la Nouvelle-Aquitaine. Les échanges sont particulièrement fréquents en Béarn entre le rural sous influence des villes et les villes. Pour le Sud des Landes, c’est avec le tissu urbain basque que les échanges sont particulièrement soutenus.

Cette première approche combat quelques idées reçues. Par exemple ce ne sont pas les retraités qui viennent s’installer depuis d’autres territoires qui font l’essentiel des mouvements de résidence en milieu rural. Du coup la chargée de mission et doctorante, Alexandra Guison, va poursuivre l’étude de ces mouvements de population en menant des entretiens avec des personnes concernées pour déceler plus finement les motivations de ces mouvements.  « En croisant les regards et les approches, on va pouvoir mieux caractériser les habitants de ces zones rurales. Le recensement ne dit rien des raisons qui déclenchent ces déménagements ni quelle était la situation précédente des habitants. Nous avons besoin d’une étude plus qualitative avec des entretiens auprès de personnes récemment installées, pour ouvrir encore de nouvelles pistes. »

En lien avec le marché immobilier

Cet examen à la loupe est aussi très attendu en 2023, année où les données 2020 seront disponibles.  « On sait que les tendances globales évoluent peu en général. Mais qu’un fait majeur peut faire bouger les choses. Et la période Covid est un événement majeur, » note Denis Caniaux, directeur général de l’Audap. « Pour autant, ce que l’on comprend déjà c’est que l’aspiration à une installation en milieu rural existait déjà en 2016, avant le Covid. Le Covid a peut-être accéléré cette tendance. » Un comportement qui est aussi motivé par des raisons économiques pour les ménages: « Les phénomènes de marché immobilier sont les premiers vecteurs de ces mouvements de population et pas le moindre des faits explicatifs, » relève encore Denis Caniaux. « La recherche d’une maison avec un jardin s’aligne avec des territoires ruraux qui sont plutôt bien équipés. »

Pour ce qui est de l’attractivité des retraités à venir couler des jours paisibles après une vie active ailleurs, la zone des trois bassins de vie du Béarn, Pays Basque et Sud-Landes ne se distingue pas du reste de la Nouvelle-Aquitaine. La région reste une grande séductrice dans son ensemble.

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