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L'ÉDITO

 par Joël AUBERT Joël AUBERT
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16/03/2019

La jeunesse face au grand défi “démo-climatique”

L'extraordinaire campagne qu'une adolescente suédoise de seize ans a lancée ne s'arrêtera plus car la philosophie de la vie qu'elle véhicule, outre son universalité, sera chaque jour davantage non seulement partagée et défendue par sa génération mais, aussi, par celle qui l'a précédée. Des parents interpellés par leurs enfants et souvent vaguement mal à l'aise. Nous commençons à peine de nous rendre compte que les valeurs dans lesquelles elles se reconnaissent sont en rupture profonde avec les démesures de la société de consommation, le gaspillage irréfléchi des ressources, le cynisme du capitalisme financier, la duplicité des Etats dont les dirigeants sont incapables de commencer à remettre en question le modèle de développement qui, pourtant, ne crée plus assez d'emplois ni ne corrige les inégalités.

Et pourtant que ne voient-ils pas l'enjeu de cet immense défi démo-climatique ? Dès que l'on consent à observer, avec humilité, la société qui nous entoure on aperçoit les symptômes et manifestations d'un changement des mentalités, des attitudes, des usages. En un mot de la vie quotidienne. Comme l'esquisse d'une radicalité socio-économique et culturelle. La planète est surpeuplée ? Nous n'aurons pas d'enfant. La réduction des gaz à effet de serre ne progresse pas ? Covoiturons ou enfourchons le vélo. Mangeons des fruits de saison et d'ici....Aller à la rencontre de ces jeunes agriculteurs et agricultrices qui se lancent, de plus en plus nombreux, dans nos campagnes, avec l'exigence environnementale au cœur de leur projet, à la fois pour produire et commercialiser, est à cet égard révélateur de cette nouvelle donne.

Face à cela la société politique prend un immense retard. Non point tant au plan local où la connaissance de ces évolutions et de ces attentes permet, souvent, un accompagnement précieux, des réponses publiques efficaces, qu'au niveau central où l'Etat est défaillant, et où ceux qui gouvernent sont tétanisés à l'idée d'engager des changements significatifs. La peur de remettre en question la doxa d'une croissance forte que, de toute façon nous ne connaîtrons plus jamais. Et, pourtant comme le suggérait, ces dernières semaines, l'économiste Pierre Larrouturou qui a lancé, avec le climatologue Jean Jouzel et le soutien de nombreuses personnalités européennes, l'idée d'une banque pour le climat filiale de la BEI, on peut si on le veut mettre le paquet, par exemple sur le financement des énergies renouvelables, créatrices d'emploi. On a bien su créer quelques 1000 milliards de dollars, au moment de la crise des années 2008 ou 2500 pour tenter de relancer la croissance, ces dernières années, en engraissant la spéculation. Ce serait un beau projet pour l'Europe, un gage de renouveau pour une démocratie partout en berne. Et un message d'espoir pour une jeunesse qui mérite qu'on l'écoute et l'entende.

 

 

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