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L'ÉDITO

 par Solène MÉRIC Solène MÉRIC
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01/07/2024

Législatives : l’étrange silence d’Emmanuel Macron

Pas un mot. Autant le 9 juin dernier, le président n’avait pas attendu que tous les bulletins soient décomptés pour prendre la parole face caméra et annoncer la dissolution de l’Assemblée nationale, autant là… il lui faut un temps de réflexion. Le chronomètre de l’urgence qu’il a lui même enclenché au soir des élections européennes est, semble-t-il cassé.

Et pourtant plus que jamais tout s’accélère, la pression monte. Cette fois on y est, le RN est potentiellement aux portes du pouvoir. 33 % des suffrages. Et Macron ne dit rien. Rien de plus qu’un appel à  «  un large rassemblement démocrate et républicain pour le second tour ». Clair mais très vague à la fois. Pour preuve, et à sa place, ses plus ou moins proches alliés, mais tous « Ensemble », divaguent dans un nuancier de réponses aussi colorées qu’imprécises en termes de candidatures et consignes de votes dans le cadre de triangulaires à venir. François Bayrou, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno le Maire ce matin, à chacun sa chanson, sur ce qu’il conviendrait de faire dans une situation dans laquelle leur candidat n’est pas en situation de gagner face au RN. Quand la partie se complique, où est le maître du jeu, celui-là même qui a lancé le dés le 9 juin dernier ?

Macron n’éclaircit rien, quand même en Europe on réagit alors que l’élection n’est pas terminée. On s’inquiète déjà beaucoup en Pologne et en Allemagne de cette montée de l’extrême droite dans les urnes française, on applaudit évidemment en Italie la dédiabolisation des amis du RN…

Pendant ce temps bouche cousue à l’Elysée. On n’y est pas habitué. Il n’est sans doute pas simple de réagir avec un semblant de raison et de cohérence sur la ligne à tenir suite au désastre électoral national et personnel pourtant attendu (sauf par lui peut-être) de ce dimanche soir. C'est sans doute complexe quand il y a quelques jours à peine on renvoyait dos à dos « deux extrêmes », comme bonnet blanc et blanc bonnet, on prédisait la guerre civile si le RN ou LFI, à travers le nouveau front populaire, arrivait au pouvoir, tout en utilisant bien volontairement l’expression labellisée Front national, « de politique immigrationniste » en évoquant celle des partis de gauche.

Après tous ces maux, aujourd’hui, silence. Un silence (gêné ?... on a du mal à l'imaginer) pourtant inquiet à l’égard de cette montée du RN de ce qu’il transpire des échanges du 1er juillet à l’Elysée. Emmanuel Macron doit s'exprimer bien sûr, et à plusieurs titres. A la fois en tant que chef de clan, puisque c’est avant tout sur sa personne que s’est construite son ex-majorité, mais aussi évidemment en tant que Président de la République. Mea culpa ou pas sur cette dissolution hasardeuse, il doit surtout en tant que défenseur des institutions appeler candidats et électeurs, au barrage du parti qui les menacent directement, le RN. Sans forcément être ni dispendieux, ni grandiloquent, ni même donneur de leçon. Mais être clair. Son futur ex premier ministre a su le faire dès dimanche soir. A son tour.

Il lui faut réhabiliter un arc républicain qui soit le plus large possible. Il n’est pas temps de pinailler, ni de confondre adversaire politique et ennemi de la République. Est républicain après tout, celui qui est prêt à s’effacer sans sourciller pour la stabilité de République, de ces institutions et des droits de ses citoyens. En temps d’élections, celui qui fait passer la République avant sa personne et son parti.  

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