Yeraz : un voyage culturel et onirique en Arménie


Mont-de-Marsan propose à compter du 21 mars, une quinzaine Arménienne. Pour rencontrer l'Arménie, sa culture, et à travers elle, son peuple et son histoire.

Yeraz Festival, la quinzaine arménienne du 21 mars au 3 avril à Mont-de-MarsanYeraz Festival

Yeraz Festival, la quinzaine arménienne du 21 mars au 3 avril à Mont-de-Marsan

Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 4 min Nombre de vues

Publication PUBLIÉ LE 18/03/2022 PAR Solène MÉRIC

Plus qu’un festival, une immersion. C’est sans doute ainsi qu’il faut voir Yeraz, la quinzaine arménienne qui se prépare à rythmer la vie culturelle et artistique montoise du 21 mars au 3 avril prochains. Ce festival irriguera en effet l’ensemble des structures culturelles de Mont-de-Marsan. Une programmation foisonnante de rendez-vous, spectacles, expositions, concerts, tables ronde ou projections qui donne à cette quinzaine des allures hors norme. Il faut dire qu’en terres landaises et sans doute au-delà, l’événement est le premier du genre. L’occasion d’un beau et riche voyage.

Né de la rencontre entre Antoine Gariel, le directeur du Théâtre Gascogne et l’écrivain comédien et metteur en scène, Simon Abkarian, parrain de ce premier festival, Yeraz (le rêve en Arménien) devient réalité. Son impressionnante programmation, fait le pont « entre la générosité arménienne et le panache gascon », se plaît à décrire Antoine Gariel.

Côté scène, pas moins d’une quinzaine de spectacles est proposée, de la chanson folk arménienne du groupe Ladaniva en ouverture le 21 mars, aux airs « ouverts et pluriels » du groupe Papiers d’Arménies, le 3 avril. Entre ces deux temps de chants et de musique, se succéderont théâtre, humour, lectures musicales, contes, danses et d’autres musiques encore.

Le groupe Papiers d'ArméniesJean-Christophe-Torres

Le groupe Papiers d’Arménies

Dérision, voyage intérieur, contes et kanun
Citons par exemple, le 25 mars, l’humour de catharsis si Arménien, de Corinne Zarzavatdjian qui consacre un spectacle à ces noms de famille si particuliers, « à coucher dehors » dit-elle… Le biais de la dérision pour rendre aussi hommage à sa famille miraculée du génocide.

Autre soirée à ne pas manquer, Le rêve de nos montagnes, de la compagnie de danse Yeraz (tiens, tiens…) entre répertoire de la danse arménienne et ouverture à la création originale aux mouvements plus épurés. Plus de 40 danseurs sur scène le 26 mars, pour un voyage intérieur puissant.

 


Un voyage en Arménie qui se fait aussi avec l’Orchestre de Pau et Pays de Béarn. Il a concocté un programme tout exprès pour la soirée du 27 mars, invoquant dans une première partie, le compositeur Aram Khatchatourian, avant de célébrer dans une seconde, les musiques populaires, avec la présence de solistes arméniens dont la violoncelliste émérite Astrig Siranossian et Narek Kasasnian au kanun.

La violoncelliste Astrig SiranossianPauline Maillet

La violoncelliste Astrig Siranossian

Musique encore, avec la venue pour la première fois en France de l’Ethno colors Band qui se fait le devoir de faire connaître les chants spirituels et traditionnels arméniens au reste du monde, avec à Mont-de-Marsan, la présentation d’un programme inédit pour le groupe. Une double première, réservée à Yeraz.

Mais comme il s’agit bien de toucher à l’universel, les enfants, à partir de 6 ans, pourront eux aussi profiter de cette découverte arménienne, à travers la présentation de Contes d’Arménie, par le théâtre des Lumières, au croisement des légendes et des mythes de ce pays fantasmé. Les parents aussi n’en doutons pas se laisseront charmer !


Photographie, scultpure, arts plastiques…

Mais Yeraz veut embrasser large la culture arménienne, pas moins de 5 expositions sont donc aussi au menu. Photographie d’abord, avec la proposition Le cri du silence par Antoine Agoudjian, exposée au Pôle du 21 mars au 24 avril, et qui se consacre en noir et blanc, à la mémoire de l’histoire du peuple arménien. Photographie encore avec l’exposition itinérante de Gaëlle Hamalian Testud, Hayastan, pensées d’Arménie, à l’Hôtel de ville puis au Cercle des citoyens.

exposition Le cri du SilenceAntoine Agoudjian

exposition Le cri du Silence

Sculptures et arts plastiques, ensuite, avec deux expositions fortes et rares au Musée Despiau Wlérick. L’une consacrée à Toros Rasguélénian, dit Toros Rast-Klan, sculpteur du métal, d’origine Arménienne, né à Alep, qui aura choisi la France en 1967 pour déployer sa carrière artistique. Seront présentées 15 sculptures autour du thème de la musique et du mouvement ainsi que certains portraits de grandes figures arméniennes.

La seconde exposition, Je n’ai plus que le droit de rêver, se consacrera jusqu’au 19 juin à Sergueï Paradjanov, « un artiste total qui aura tout donné pour son art », commente la directrice du Musée, Mathilde Lécuyer-Maillé. Enfermé dans un camp d’internement par le régime soviétique de 1974 à 1977, il aura aussi été soumis, la plus grande partie de sa vie, à l’interdiction de réaliser des films _son aspiration première. Il fera alors de très nombreux collages et dessins, y compris en prison avec des matériels de fortune. Grâce à un partenariat avec le musée Paradjanov d’Everan, plusieurs de ses œuvres seront présentées à Mont-de-Marsan, dont un certain nombre inédites en France.

Sergueï ParadjanovDR

Sergueï Paradjanov

Enfin, le Centre d’Art Contemporain proposera, sous le commissariat artistique du peintre, arménien et landais, Guillaume Tounamian, l’exposition collective Menk (« Nous » en Arménien) constituée d’une vingtaine d’artistes s’exprimant sur des supports divers, à l’image d’un dialogue pluriel entre France et Arménie.


Projections, tables rondes, cuisine…

 

Mais la programmation de la quinzaine n’a pas ici encore dit son dernier mot. Une vingtaine de films et documentaires seront projetés dans les différents cinémas de l’agglomération et à la médiathèque, tous ou presque suivis d’un débat ou d’une rencontre pour poursuivre la réflexion.

Des temps d’échange aussi proposés lors de nombreuses tables rondes, rencontres, séances de dédicaces ou même ateliers de cuisine pour aller plus loin encore dans la connaissance cultruelle, ethnologique, géographique ou encore historique de l’Arménie. Le Pôle accueillera dans son hall le village du festival comprenant des stands dédiés aux vins et produits d’Arménie ainsi qu’un pôle littéraire et même une librairie.

Yeraz n’est qu’un début

Gyumri, ville d'Arménie avec laquelle Mont-de-Marsan a initié une démarche de jumelage

Les organisateurs, soutenus par la collectivité montoise souhaitent inscrire ses relations dans le temps, en prenant l’initiative d’un jumelage entre Mont-de-Marsan et la ville de Gyumri, deuxième ville d’Arménie. Une délégation est attendue pendant le festival.

Autre symbole de ces liens qui se tissent entre les deux cités: l’installation le 2 avril d’un Khatchakar, croix de pierre arménienne, créée spécifiquement pour Mont-de-Marsan, et offert par la ville de Gyumri, qui deviendra le lieu de commémoration du génocide arménien dans la ville.

Si beau soit le rêve du 21 mars au 3 avril, Yeraz, n’est qu’un début.


Plus d’infos:

Site internet : www.yerazfestival.fr
Brochure de l’évènement : https://yerazfestival.fr/media/BROCHURE_YERAZ_COMPLET.pdf
Billeterie en ligne : https://billetterie-theatredegascogne.mapado.com/

Ça vous intéresse ?
Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On en parle ! Mont-de-Marsan / Landes À lire ! CULTURE > Nos derniers articles