Réfugiés : le chemin difficile de l’intégration


Nicolaï, Stéphane, Gamaraldine, Héritier, Viviane, Abdouraman... Ils viennent d'Afrique, du Venezuela ou encore de Russie. Ils ont trouvé à Oloron-Sainte-Marie, une terre d'asile. Admirables de courage, de volonté et de persévérance, ils témoignent.

A l'occasion de la Semaine de l'intégration des étrangers primo-arrivants, ils ont accepté de témoigner de leurs parcours, lors d'une réunion avec la sous-préfète d'Oloron, Anna N'Guyen, elle même fille de réfugiés vietnamien, confiait elle en fin de rencontre.Solène MÉRIC | Aqui

La Semaine de l'intégration a été l'occasion de donner la parole à des réfugiés en parcours d'intégration à Oloron-Sainte-Marie. Un moment d'émotion.

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Publication PUBLIÉ LE 24/10/2022 PAR Solène MÉRIC

Les yeux s’embrument souvent, les gorges raclent parfois, mais à la fin, c’est toujours un sourire. La prise de parole, en français, est parfois un peu hésitante. Malgré l’appréhension, tous parviennent à se faire comprendre, clairement.

Au cours de leur long périple, certains, comme Gamaraldine, le Soudanais, ont traversé la Méditerranée dans les conditions que nos sociétés choisissent d’ignorer.

Plus rien avoir, zéro.

Lui a connu Lampeduza, et le démantèlement de la jungle de Calais. D’autres, sans trop savoir pourquoi c’était tombé sur eux, ont pu bénéficier de la protection internationale de la France après leur arrivée dans des camps de migration grecs. Hotspot, disent les Etats. Beaucoup d’entre eux, « perdus » dans leur propre existence, ont parcouru la France en tout sens en bus, en train, à pied : de Marseille à Calais en passant par Paris, Bordeaux ou Bayonne, avant de se poser enfin, volontairement ou non, à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques).

Si aucun ne parle de sa vie d’avant, « trop dur », ils arrivent pour la plupart « sans connaître un mot de français et sans plus rien avoir, zéro », témoigne Abdouraman venu du Tchad. Ces « primo-arrivants » sont parfois, comme le confie Philippe le camerounais, « dans un état psychologique vraiment très mauvais » ; marqués par une errance qui se compte souvent en mois voire en années. Ils ont connu la rue, les foyers d’urgence ou « les halls d’aéroport pour dormir », raconte notamment Nicolaï venu avec sa famille de Russie.

Diagnostic mobilité : “le chameau et l’âne”


L’arrivée à Oloron a signé le début d’une stabilité et d’une intégration possible, plus atteignable encore, une fois le statut de réfugié reconnu par l’Etat. Celui-ci leur ouvre le droit de travailler. Dans ce bout de Béarn, des structures, comme France Horizon ou la très locale et très engagée, association POUR et ses 130 bénévoles, les accompagnent dans leur intégration tant administrative, que sociale et culturelle.

Bien sûr il y a les ateliers de sport, de cuisine… mais la priorité, avec le logement, va aux cours de français. « Parler français, c’est très très important pour pouvoir trouver un travail », rappelle Viviane arrivée avec sa famille à Paris depuis le Vénézula, alors que le premier confinement s’annonçait.

Ensuite, tout aussi difficile quand on découvre la langue, et presque aussi indispensable en milieu rural : les cours de code. Un double défi, une montagne de plus, quand, comme Gamaraldine, les personnes peuvent n’avoir jamais été scolarisées. Son diagnostic mobilité à son arrivée: « le chameau et l’âne », sourit-il.

Le retour de l’estime de soi


Autant d’étapes qui permettent à ces réfugiés de trouver un emploi dans des entreprises locales, comme Nicolaï ou Viviane et son époux ; suivre des formations comme Héritier, Abdouraman, et l’épouse de Nicolaï en BTS tourisme en alternance, ou bien encore à l’image de Stéphane, de s’engager à son tour dans le bénévolat pour accompagner des familles. Retour de l’estime de soi à la clé.

Pour Garamaldine, les choses aussi ont bien tourné : il a passé et réussi à Pau un CAP mécanique par apprentissage au garage Citroën d’Oloron. Au programme, anglais, histoire-géo, maths, chimie… pas mal pour un étranger qui n’était jamais allé à l’école. Le garage lui a proposé un CDI. Il a choisi de le refuser, « car [il] voulait poursuivre les études » en électrotechnique à Bayonne.

Comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, il a dû arrêter en cours de route. Mais la volonté de s’intégrer ne l’a pas quitté: il a demandé sa naturalisation il y a deux mois. Il cherche activement un emploi pour subvenir à ses besoins et à ceux de son épouse arrivée en juin par le biais du rapprochement familial. Les deux conjoints désormais réunis, ne s’étaient pas vus depuis sept ans.


Modèle républicain

A l’occasion de la Semaine de l’intégration des étrangers primo-arrivants, la sous-préfète d’Oloron-Sainte-Marie, Anna N’Guyen, a elle-même apporté son témoignage en forme d’encouragement :  “Mes parents ont fui le Vietnam dans les années 60 et maintenant je suis là. Je vous souhaite que vos enfants s’installent dans un pays en paix et y fassent société”.

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