Plus de dépenses, moins de recettes : après le Covid


Paradoxalement, c'est par une plénière « bilan » que va démarrer ce lundi le mandat des nouveaux élus régionaux de Nouvelle-Aquitaine. A leur programme, le vote du compte administratif 2020.

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La séance plénière du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

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Publication PUBLIÉ LE 16/07/2021 PAR Solène MÉRIC

« Le compte administratif 2020 de la Région est marqué de deux manières par la crise : la diminution des recettes et l’augmentation des dépenses. Il a fallu emprunter pour tenir le budget d’investissement qui lui a considérablement augmenté », expliquait sans détour Alain Rousset lors de la conférence de presse organisée ce jeudi en amont de la plénière, prévue lundi 19 juillet. Un contexte pour le moins « atypique » pour le premier compte administratif qu’aura la charge de présenter devant l’assemblée régionale, la nouvelle vice-présidente en charge des Finances, Sandrine Derville.

Premier constat donc, un niveau de dépenses « très élevé » à 2,8 Mds €, soit 2,2% de plus que lors de l’exercice précédent. « Une augmentation totale des dépenses, investissement et fonctionnement confondus, qui représente de plus de 61 M€ », signale Sandrine Derville. Ce niveau de dépense correspond globalement à un taux de réalisation budgétaire de 94,2%, « ce qui atteste de la capacité de la Région à maintenir un haut niveau de service public, même au plus fort de la crise sanitaire », appuie la vice-présidente.

Investissement, fonctionnement et recettes impactés par la crise
Pour ce qui est plus spécifiquement des dépenses d’investissement, elles représentent, avec un total de 978 M€, 33% des dépenses globales de la Région. Une enveloppe en hausse de 146 M€ par rapport à 2019 dont près la moitié de cette hausse est directement imputable à l’impact des mesures d’urgences face au Covid. Celles-ci représentent en effet 70,5 M€ de crédits de paiement accordés principalement en matière de développement économique. Des mesures d’urgence qui ne se sont pour autant « pas faites au détriment des investissements “de droit commun” de la Région tels que les investissements en faveur des entreprises, de la recherche, des transports, de l’aménagement du territoire ou encore des lycées ou des CFA », liste la nouvelle vice-présidente aux finances.

Une action en faveur de la crise qui a également impactée les dépenses de fonctionnement, puisque dans ce cadre 58 M€ supplémentaires ont été déboursés notamment pour le soutien aux manifestations culturelles, aux bourses d’étudiants, au transport scolaire (notamment pendant la période de confinement) à l’équipement en matériel de protections sanitaires, etc. Au total, les dépenses de fonctionnement (1,912 Md€ ) sont pourtant globalement en légère baisse par rapport à 2019. En cause, la suppression de la compétence apprentissage (-140 M€). « Mais, en réalité, à périmètre constant, les dépenses de fonctionnement progressent de +3% sous l’effet des mesures prises en réponse à la crise », tient à préciser Sandrine Derville.

Outre l’augmentation globale des dépenses, le deuxième phénomène marquant de l’exercice 2020 est donc, la baisse des recettes et notamment la fragilisation des recettes fiscales de la Région, par nature très liées à la dynamique économique et sociale du territoire. Dans un contexte de pandémie et de confinements, trois recettes sont ainsi directement impactées : la fraction de TVA qui revient à la Région, la TICPE assise sur la consommation de carburants et la recette de « cartes grises » dont le niveau est lié à l’acquisition de véhicules neufs ou d’occasion. Au total une perte de 64 M€ par rapport à 2019 à laquelle il faut ajouter « le choix de la région d’avoir différé les échéances de prêts accordés aux entreprises, soit un manque à gagner de 9 M€ sur 2020 », détaille Sandrine Derville.

“Une dégradation conjoncturelle soutenable”
Entre des dépenses qui augmentent et des recettes qui diminuent, l’effet ciseau a donc mathématiquement un double impact de dégradation des ratios financiers de la collectivité, “mais sans pour autant mettre en cause ses politiques d’investissement », mesure Sandrine Derville. Première conséquence le taux d’épargne brute, habituellement visé à 20%, ressort à 14,3% du fait de la crise, et deuxième conséquence, l’endettement est quant à lui en forte progression (+15%) afin de pallier la contraction de l’épargne face à l’augmentation des investissements.

« 456 M€ ont été emprunté sur l’exercice 2020, donc notre capacité de désendettement est passée de 4,4 années en 2019 à 7,3 années en 2020 », indique la vice-présidente qui là encore nuance son propos : « nous restons en dessous des 9 ans contractualisés avec l’Etat en 2018, la situation n’est donc pas alarmante, et là encore liée à la crise du covid. C’est une dégradation conjoncturelle qui reste soutenable » assure-t-elle. Et Alain Rousset avec elle. « Cette année nous n’aurons pas cet effondrement des recettes fiscales que l’on a vu en 2020, et côté dépenses les efforts de solidarité vont plutôt se reporter sur l’accompagnement de l’investissement. Grâce à notre résilience et à nos fondamentaux solides, je pense que l’on pourra revenir à 3 ou 4 années de désendettement assez rapidement ». Pour lui, le véritable enjeu est ailleurs : « Il n’y a jamais eu autant d’investissements, va-t-on pouvoir être au rendez-vous de ces projets avec l’Etat, qui par ses appels à projet, ne retient qu’un projet sur dix… ? L’important c’est que notre effort soit maintenu sur les investissements pour soutenir l’appareil économique et les emplois ».

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