Lurrama, l’étonnante ferme d’un Pays basque respectueux de sa terre


Félix Dufour et archives F.D.

Lurrama, l'étonnante ferme d'un Pays basque respectueux de sa terre

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Temps de lecture 4 min

Publication PUBLIÉ LE 03/11/2019 PAR Felix Dufour

La 14e édition de Lurrama, la ferme de l’agriculture paysanne basque coïncide avec le week-end du 11 novembre. Autant dire que cette nouvelle édition qui prend place en la halle Iraty de Biarritz, va assurément battre cette année son record des 25 000 visiteurs. Quel salon en Province dédié entièrement au monde paysan peut-il revendiquer une telle affluence en l’espace de trois jours et la participation de 600 bénévoles pour son organisation ?
Lurrama est une des démonstrations du bien vivre au pays en faisant la promotion d’une agriculture soucieuse du bien-être des consommateurs, des générations futures et celui des animaux et des paysan-ne-s, comme l’a rappelé Iñaki Berhocoirigoin, son président lors de la présentation de cette édition. Et Dieu seul sait que du piment d’Espelette, aux porcs Kintoa en passant par le fromage, le jambon et les cerises d’Itxassou, le Pays basque est devenu synonyme d’excellence, bien au-delà de ses frontières. Et celle-ci a eu un prix: une forme de militantisme de défense agricole mené par le syndicat ELB (Euskal herriko Laborarien Batasuna ) créé depuis près de 18 ans dans le petit village Ainhice Mongelos. Afin de ne pas se laisser submerger par la vulgarité en matière agro alimentaire, en innovant en permanence et aujourd’hui encore.

Le thème 2019: “Le climat, c’est la vie”

Le dérèglement climatique est un multiplicateur de menaces. “Les conséquences de la poursuite du réchauffement climatique peuvent être catastrophiques pour les hommes a rappelé Iñaki Berhocoirigoin. La pratique agricole a sa responsabilité et les paysans en sont les premières victimes et ce défi est immense car il conditionne la vie des futures générations. C’est pour cela que le salon a repris la formule de slow food: ”le climat, c’est la vie”, comme thématique 2019.
C’est pour cela qu’elle sera parrainée par la vice président du GIEC, Valérie Masson Delmotte et Piero Sardo, président de Slow Food et Biodiversité qui animeront, dès l’ouverture vendredi, une des nombreuses conférences de l’Université paysanne programmées lors de cet événement. Comme Paul Aries, politologue et spécialiste de l’alimentation le samedi “Comment agir aujourd’hui pour demain?”, le rapport AclimaTerra en Aquitaine avec Hervé le Treut, climatologue et Françoise Coutant, vice-présidente de Nouvelle Aquitaine en charge du climat et de la transition énergétique.

Un nouvel espace végétal et la ferme pédagogique

En partenariat avec trois établissements (le CFA de Hasparren, le SCIC Garro et le lycée de Navarre), un pôle a été mis en place pour mettre en avant les cultures maraîchères, fruitières et céréales du Pays basque. Terroirs, techniques florales, techniques culinaires seront mis à l’honneur. Un espace particulier sera dédié aux cultures maraîchères, à la filière du blé local ( Herriko ogia) et celle des huiles végétales (nouste Ekilili).  De plus, l’Association Arto Gorria présentera son moulin collectif et confectionnera des talos à base de farine de maïs.
Enfin Lurrama érigera un chapiteau de 850m2 pour les enfants, un espace qui leur est consacré. Le vendredi, 1500 scolaires des écoles du Pays basque pourront visiter le salon et participer à 15 ateliers pédagogiques et de sensibilisation, en collaboration avec les lycéens de l’ikastola Etxepare, de Bayonne.

La Navarre,  avec Ehne et le soutien de l’Intia, invitée d’honneur

Depuis 2010, Lurrama invite un territoire ou une région à présenter ses initiatives allant dans le sens de l’agriculture et cette année, c’est une des provinces basques, la  Navarre – capitale Pampelune — qui est l’hôte de ce salon. Sa participation s’est effectuée avec l’aide de l’Institut navarrais des technologies et infrastructures agroalimentaires, (Intia).
Quant au Syndicat Ehne ( Euskal Herriko Nekazarien Elkartea), il fédère ce monde agricole afin qu’il revienne ou se maintienne à un modèle plus familial et social, une agriculture basée sur la qualité et la proximité en se battant pour garantir de prix décents pour tous. C’est son président, Imanol Ibero, qui a présenté ce territoire d’une grande diversité géologique, géographique, biologique et climatique qui s’étend sur un million d’hectares dont 64% sont recouverts de bois, forêts et landes. Les terres agricoles représentent 290 000 hectares dont 100 000 sont irriguées.
“Les principales cultures sont le seigle, le blé, et l’orge, a-t-il relevé, mais aussi des cultures à vocation industrielle comme le colza et le tournesol sur 48 000 ha. 55 000 hectares sont consacrés aux légumineuses, -6 000 ha aux fruits (amandes, poires, pêches) 6000 ha aux oliviers et 17 000 à la vigne pour le vin.”
“En matière d’élevage, on recense 500 000 brebis, dont 320 000 de la race à viande Raza et 160 000 de race Laxa pour le lait; 28 000 vaches laitières, 50 000 à viande et 600 000 porcs. Enfin, la Navarre compte 3 000 professionnels mais le nombre de ceux-ci a diminué et l’exode rural, – 50% de la population vit vers Pampelune – exprime un manque de relève pour l’agriculture.”
Le vendredi soir, le Lycée hôtelier de Biarritz réalisera un dîner pour 550 personnes sur le thème de la Navarre, comme ses produits et animations seront le fil rouge du salon.

L'équipe de Lurrama 2019

Le grand repas dominical avec 18 toques de prestige

Nous l’avons écrit, Lurrama est la plus belle vitrine du savoir faire du monde paysan du Pays basque. Et de ses diffuseurs, dont les restaurateurs. C’est dans cet esprit que sont servis différents repas, dès vendredi midi, préparé par les élèves du lycée hôtelier de Saint-Jean-Pied-de-Port au dimanche. C est assurément le rendez-vous le plus prisé du week-end: le repas gastronomique dominical, préparé, tenez-vous bien, par 18 chefs et pâtissiers de grandes renommées: de Philippe Arrambide (Saint-Jean-Pied-de-Port)à Fabrice Idiart (Moulin d’Alotz)  en passant par Sébastien Gravé (Bayonne), Fabian Feldman (L’Impertinent, Biarritz) ou Guillaume Rogé (Le Brouillarta, Saint-Jean-de-Luz) ou encore Jean-Pierre Larramendy (Goxioka à Mauléon), avec un nouveau cette année: Bixente Chapelet, qui a ouvert une table d’hôtes à Hélette.
Enfin, dimanche soir, pour la clôture, la Halle Iraty jouera les prolongations avec le concert décapant d’Inspector Cluzo, ces musiciens et paysans landais. L’accès au concert se fera au tarif du billet d’entrée de la journée.

Entrée: gratuite le vendredi; samedi et dimanche: 4 euros; gratuit  -15 ans ; tout le programme: www.lurama. org

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