Joël Solari, l’autodidacte


RB

Joël Solari, l'autodidacte

Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 15 min

Publication PUBLIÉ LE 31/12/2016 PAR Romain Béteille

Que l’on parle d’économie, d’écologie ou de culture, il existe de très nombreux élus et personnes affairées à ces domaines précis à la mairie de Bordeaux et sur le reste de la métropole. Lorsque l’on parle d’accessibilité aux personnes handicapées, en revanche, un seul nom revient toujours comme un mantra, une référence. A 68 ans, Joël Solari, par ses interventions et les choses concrètes qu’il a su mettre en place, est réputé, depuis 2008, comme étant un élu très engagé dans sa propre cause. Lors des cérémonies officielles, son fauteuil tout-équipé traîne toujours quelque part, que cela soit en forme discrète ou en pleine lumière, et il est souvent la voix qui porte l’intérêt et la volonté d’insertion des personnes atteintes d’un handicap. De Bordeaux sur ce sujet, il est aussi la meilleure défense. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.

Avant « l’accident », avant les municipales de 2008, Joël Solari avait décidé de suivre bien d’autres routes, qui l’ont amené à avoir une vie baroudeuse et un peu aventureuse. Son poste d’adjoint à la mairie de Bordeaux, il y tient, mais il en a beaucoup d’autres. Et s’il est, à force de nombreuses interviews parues dans la presse, devenu un peu un « expert » que l’on consulte dans son domaine, le parcours de l’homme, lui, est bien moins fréquemment évoqué. Qu’y a-t-il vraiment derrière le poste ?

Profil surprenant

Le bureau est mal rangé, il traîne des cartons et des dossiers un peu partout. Sur une grande étagère, la mascotte des « Abylimpics », une « olympiade des métiers » réservée aux personnes handicapées ayant réuni 600 personnes de 35 pays différents à la fin du mois de mars dernier au Parc des Expositions. Dans un carton posé par terre, environ 1000 pièces d’un nouveau dispositif, un pin’s en forme d’oreille pour reconnaître les personnes en déficience auditives, que Joël dit distribuer gratuitement et qui ont un certain succès, certainement aidé par Charles Aznavour, qui s’en est fait poser un sur la veste par Michel Drucker sur l’éternel canapé rouge de Vivement Dimanche. Sur la table, des piles de dossiers, de prospectus, d’annotations et de courriers. Et au bout de la grande allée laissée pour le confort personnel et pratique se trouve Joël Solari.

Dans son manteau d’un bleu uni et son écharpe de même couleur alternant entre le clair et le foncé, avec un crâne dégarni et des cheveux tirant entre le gris et le blanc, Joël a quelque chose qui frappe. Cela vient sûrement de son visage, les yeux pétris de celui qui ne dort pas beaucoup, le nez anguleux et le sourire facile. Sans inspirer une totale confiance au départ (son C.V pourrait aisément intimider), il a en tout cas un certain air bienveillant, presque malicieux. Joël Solari est drôle lorsqu’il parle cru, attachant lorsqu’il est détaché et jamais avare d’anecdotes. Mais avant d’avoir la coiffe grisonnante et le bureau qu’il occupe à la mairie depuis bientôt neuf ans, il en était bien autrement. 

Pour commencer, Joël est ce que l’on pourrait appeler un pur « produit du terroir », une AOP originaire de Bergerac, en Dordogne, où il a fait ses classes au lycée Henri IV. Issu d’une famille de six enfants (dont il ne lui reste qu’un frère et une soeur), il est « celui du milieu ». Et pas vraiment le genre du premier de la classe destiné aux bancs de l’ENA. « Mes études m’ont plus poursuivi qu’autre-chose », avoue-t-il. « J’ai arrêté en quatrième, j’étais un peu feignant, l’école ne me plaisait pas, je n’avais pas envie. J’étais un garçon un peu dissipé, je passais souvent tous mes dimanches avec les pensionnaires en retenue. Un branleur. Je l’ai regretté par la suite, j’aurais pu aller plus loin parce que je suis plutôt quelqu’un d’autodidacte, mais je pense que je me suis débrouillé ». Ni élève ni enfant modèle, Joël fait même piquer quelques crises à son père, dirigeant d’une entreprise de travaux publics. Envoyé dans une ferme pendant six mois pour « se rôder », Joël en reviendra pour devenir apprenti électro-diesel dans une usine de fabrication de pelles hydrauliques.

Le « fils du patron »


Comme un ouvrier ordinaire, il y fera ses classes. Mais un ouvrier de droite, qui fuit déjà les délégués syndicaux comme la peste. « Je suis né à droite. Quand j’étais en usine, les mecs voulaient absolument m’embrigader dans des syndicats, je me rebellais. Ils m’appelaient « le fils du patron », je me battais souvent pour leur expliquer que c’était quand même une éducation à la dure ». Son sobriquet, le « fils du patron » l’a mérité : c’est son père qui l’avait engagé dans sa boîte, ce qui l’a amené à bouger à travers toute la France pour construire quelques centaines de kilomètres de tranchées, à une époque où il ne comptait pas vraiment les heures. Mais il était aussi injuste, le jeune ado évoluant alors dans une famille où l’on vouvoyait ses parents et où l’on salue ses frères et soeurs sans leur faire la bise. Enfant de choeur à Bergerac jusqu’à ses 13 ans et chef de la patrouille des aigles scouts jusqu’à ses quinze (la devise, « toujours plus haut », lui reste d’ailleurs en tête), voilà le profil d’un bosseur élevé « à l’ancienne ». 

Pourtant, même s’il avait parfois cette sale étiquette dans le dos, Joël est davantage quelqu’un de social que de solitaire. « Je suis assez sociable, j’ai toujours eu beaucoup de copains dont pas mal ont réussi dans leurs études, d’ailleurs ». Pendant cette période charnière, cet entre-deux flottant entre l’enfance et l’âge adulte, Joël bourlingue pas mal. « Je partais de Bergerac en stop et j’allais en Angleterre, ça me prenait trois jours, c’était à l’époque où l’on disait que les filles anglaises étaient faciles alors que c’était complètement faux, on se tapait des françaises. J’ai vu des fêtes de folie, pas les petites fêtes qu’on faisait en France. Un jour, un copain m’avait suivi, on était invité chez des amis de mes parents. Eux, ils prenaient toujours les gens en stop sur la route, et ils avaient recueilli trois anglaises en leur permettant de rester un peu à la maison puisqu’elles ne savaient pas où aller. J’ai ensuite été invité chez l’une d’elles. Elle a fini docteur, mais on s’est trouvé dans des situations incroyables. Dans un pub, on a été invité à boire par des gens que l’on ne connaissait pas. Un jour, on est monté dans une Rolls, les gens nous ont emmené chez eux dans un château, c’était un romancier qui passait six mois en Angleterre et aimait le contact ».

L’école de la rue


Le pouce levé et le coeur toujours prêt pour quelques secousses, le jeune loup se fait les dents entre les routes et le turbin. »Je faisais toujours du stop pour aller bosser, mais je n’ai jamais pris un auto-stoppeur de ma vie. Je savais que si j’avais un problème, le mec se retournerait contre moi ». Lorsqu’il arrive sur un chantier à Maubuisson, il fait une rencontre à laquelle aucun jeune homme ne s’attend vraiment, celle qui deviendra sa femme et qui l’est toujours aujourd’hui, une prof d’histoire-géographie originaire du médoc, de quatre ans sa cadette. Le profil « matche », mais le boulot sur les chantiers ne rentre plus dans les cases. Alors le jeune Joël se recycle en vendeur d’assurances vies en porte-à-porte, et profile ses cibles pour mieux les ferrer. 

« C’était une sacrée école de vente. On passait le midi repérer les gens, les couples qui venaient de se marier, les personnes âgées, etc. On devait savoir au cas par cas comment était leur environnement, comment les aborder (familial, financier, un peu de psycho-morphologie). J’ai grossi dans ce truc là, j’ai réussi à devenir inspecteur titulaire  avec trois bureaux (Bordeaux, Bayonne, La Rochelle) et 50 agents sous mes ordres en quasiment un an. J’en ai rapidement eu marre, principalement parce qu’il fallait inventer des subterfuges pour recruter du personnel, les gens qui rentraient dans cette boîte, en général, ne tenaient pas trois mois. A la fin, j’ai été un peu écoeuré par le fait de constamment passer des annonces, recruter du personnel, le former. Les gens ne restaient pas. C’était dur de les voir partir après tout le temps que l’on passait avec eux », dit-il, un brin amer. Il déménage quelques rues plus loin et se transforme en directeur des Presses Encyclopédiques de France.

Toujours du porte-à-porte, souvent dans les « quartiers populeux ». Sous ses ordres, un bataillon de cinquante représentantes et quatorze 4L, toutes garées dans le coin et qui auront écumé quelques PV. Travailler avec une bande de filles, c’est loin d’être toujours évident pour lui. « C’était un gros bordel, elles étaient toutes jalouses les unes des autres. Elles se bagarraient pour avoir des bons d’essence à mettre dans les voitures, elles faisaient un peu de la vente à l’arrachée. Cela dit, je n’ai jamais profité d’elles. J’ai loupé de sacrés coups, je peux vous le dire ! ». Joël Solari n’est jamais vraiment là où on l’attend. En mai 68, il est loin des barricades, bloqué par les grévistes sur les chantiers nantais. Encarté au RPR en 81 grâce à Louis Martin, il milite le soir dans les permanences du Bouscat. Pour lui qui retournera dans les travaux publics (il entre ensuite chez Lieber France), chaque nouvelle casquette est une transformation facile, sur le tas, et une ligne de plus dans la rubrique « expériences professionnelles ». Il y restera dix ans, le temps de traiter quelques affaires « à l’ancienne » : grosses fiestas, longs repas et voyages en bus aux frais de l’entreprise pour des clients brossés dans le sens du poil. Ce qui le dévore, c’est moins la passion d’un métier que l’ambition d’en faire un qui le rendra fier. 

« Quelque chose de marquant » 

« J’avais envie de faire quelque chose de marquant dans ma vie. J’ai monté une boîte, on était les premiers à avoir une boutique de découpe de lettres adhésives par informatique. La concurrence, c’était la peinture à lettres, qui n’existe plus aujourd’hui. C’était un poste à la fois commercial et manuel, qui me correspondait assez ». Au « Lettres Shop », Quai des Salinières, Joël s’épanouit en tant que chef d’entreprise. Dans son portefeuille de sous traitance, de nombreux travaux : la signalisation de l’Hôtel de Région, la bibliothèque municipale, le site de la CAF, et puis son dernier chantier en tant que valide, celui de la Fédération Française de Football à Clairefontaine. La date fatidique de la dernière étape restera sans doute gravée dans sa mémoire. Le 12 mai 1988, il est invité à un anniversaire de mariage et attiré par une petite moto 125. Grisé par les sensations qu’il éprouve sur le siège passager et ignorant les histoires de familles et les mises en garde de sa mère concernant les deux roues, il prend le guidon, seul, et atterrit « dans un bled paumé à côté de Libourne. J’ai dérapé dans un virage et je suis rentré dans un portail de propriété fermé à clef qui s’est dégondé et m’est retombé sur les cervicales ».

Pompiers, brancard et six heures d’attente à l’hôpital de Libourne « sans que personne ne s’occupe de moi ». C’est un ami d’enfance qui le prendra sur la table d’opération, et pas n’importe lequel : Jean-François Dartigues, professeur émérite spécialiste de la maladie d’Alzheimer. Malgré ses efforts, il est trop tard. « J’avais trop attendu. J’aurais pu récupérer beaucoup plus si j’avais été pris tout de suite. Je suis sorti de la Tour De Gassies sur des béquilles, tétraplégique incomplet. J’arrivais à déambuler en canne et en fauteuil, j’avais repris une voiture, je m’étais remis à conduire. Le souci, c’est que dans la boîte où j’étais, je ne pouvais pas continuer à faire ce que je faisais, les escaliers et les chantiers étaient devenus un peu difficiles ». 

Il revendra la société en 1998, elle existe d’ailleurs toujours aujourd’hui. Entre temps, il deviendra co-gestionnaire d’un camping à Maubuisson, qu’il remettra à flots sans jamais en être salarié. Aujourd’hui, le site, qui compte une trentaine d’employés sur treize hectares, est labellisé « tourisme handicap » et, aux dires de l’intéressé, « le seul camping d’Aquitaine à avoir 12 hébergements adaptés. On a même obtenu cette année le trophée national de l’accessibilité ». Mais alors, d’où vient cet engagement en faveur des personnes handicapées ? Joël Solari l’affirme, il ne s’est « jamais vraiment senti comme tel » lui même. Mais après six mois d’hôpital et un an de convalescence, il y a certaines choses qui restent marquées au fer rouge. « J’ai été un peu surpris par tous ces gens qui se retrouvaient du jour au lendemain handicapés à vie, je me suis dit qu’il fallait les aider et qu’on ne pouvait pas les laisser comme ça ». C’est à partir de cette pensée que va se dérouler le dernier fil rouge, sans doute la « chose marquante » qu’il a tant cherchée à faire durant toute sa carrière sans jamais vraiment la trouver.

Un oeil partout


La liste de ses activités associatives et de ses activités professionnelles est impressionnante et impossible à détailler par le menu sans faire de liste interminable. Administrateur et membre d’honneur du GIHP Aquitaine (Groupement d’Insertion des Personnes Handicapées Physiques), vice-président au niveau national, co-fondateur et vice-président de l’association Tourisme et Handicaps, depuis 1997, Président fondateur et d’honneur de l’association ESPACE 33 (handicaps moteur, visuel, auditif et mental), administrateur de la FNHPA (Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air) pour le Handicap… et on pourrait continuer encore longtemps. 

En 1999, il deviendra même président du Conseil de surveillance de l’entreprise SYNERGIHP, société créatrice des premiers transports de personnes handicapées, marché depuis largement repris par les sociétés de transports privés. Aussi surprenant que cela puisse paraître, lui qui n’avait quasiment jamais mis les pieds dans aucun syndicat ni association au cours de sa vie avec cet accident, rentrera par la petite porte à la mairie de Bordeaux en tant que président de l’une d’entre elles. 

La retraite, il y pense peut-être, mais la pensée est lointaine. En tout cas, Joël Solari tient toujours un franc-parler désarmant. « En 2000, j’ai été voir Alain Juppé et je lui ai dit « plutôt que de gueuler au sein d’une association, pourquoi ne pas travailler ensemble pour l’accessibilité ». Il a toujours considéré les personnes handicapées comme des personnes à part entière, sans connotation électorale. Les associations de personnes handicapées sont chiantes. Il leur faut tout comme les autres et tout de suite, ils ne sont jamais contents. J’ai voulu essayer de faire le pont entre les deux ». Il fera son trou dans les commissions (technique, qualité des espace publics) et sera consulté sur tous les chantiers majeurs, notamment celui de l’accessibilité du tramway bordelais, avant son arrivée trois ans plus tard. Ses services et son dévouement pour la cause et pour Alain Juppé, pour lequel il semble toujours éprouver un profond respect, seront d’ailleurs récompensées en 2008 lors des municipales, date à laquelle il deviendra officiellement conseiller. Le tout sous l’oeil inquisiteur de pas mal de monde. « Ma femme n’était pas d’accord du tout, elle est loin de supporter tout ce que je fais. Elle ne se mélange jamais, ne vient jamais aux réunions, elle n’aime pas vraiment ça. Ma fille non plus d’ailleurs. Au niveau associatif, ça n’a pas non plus été évident au départ. L’équipe que j’avais à Mérignac n’a pas trop apprécié, ils ne m’ont d’ailleurs pas réélu président. J’ai foncé, on a fait campagne, on a gagné. Je ne voulais pas dépendre de quelqu’un, je voulais être conseiller délégué auprès de lui et ne pas avoir quelqu’un entre nous ».

Là encore, il serait inutile de vouloir citer l’intégralité des actions de Joël Solari à son poste depuis cette date, les documents étant consultables un peu partout sur le net. Même sur la métropole, il reste quelqu’un d’influent, en relais dans diverses commissions depuis son élection (transports, infrastructures routières et ferroviaires, commission intercommunale d’accessibilité qu’il a créé et qui a diagnostiqué 259 Établissements Recevant du Public (ERP), administrateur de la régie PARCUB et de l’Institut de Santé Publique d’Épidémiologie et de Développement à la Faculté de Médecine de Bordeaux II). 

Homme d’actions

Les archives sont là pour le prouver, les efforts de Bordeaux en matière d’accessibilité, s’ils sont toujours perfectibles (notamment la plateforme « Bordeaux Accessible », qui recense les ERP mais n’est pas toujours très fiable), ont en tout cas assez largement payés. En 2014, elle deviendra même la première ville de France a être labellisée « Destination pour tous ». Concernant l’insertion professionnelle des handicapés à la mairie, là aussi, il y a eu du mieux entre l’arrivée de Joël Solari (3,4% en 2008) et aujourd’hui (près de 9%). « Si avant les handicapés se cachaient, ils ont commencé à se faire entendre dans les bâtiments administratifs. Pour faciliter l’accès a ces bâtiments et après de longues démarches, je suis parvenu à obtenir deux millions d’euros d’aide chaque année jusqu’à ce que Hollande, par mesure d’économie referme un peu le robinet pour revenir à 600 000 euros. Du coup pas mal de bâtiments sont restés un peu en jachère jusqu’à ce que nous relancions un audit ».

Entre temps, sa moëlle épinière n’a pas vraiment été épargnée, et il se décrit aujourd’hui avec un certain sens de l’autodérision comme « le tétraplégique dans toute sa splendeur ». Mais il défend son bilan bec et ongles, affirmant que les efforts réalisés sont nombreux. « J’ai continué de me battre en faisant partie de pas mal de commissions dont celle du déplacement et petit a petit pas mal d’équipements on vu le jour. L’accès aux autobus par exemple. J’ai monté un groupe de travail pour Bordeaux métropole pour améliorer tout ce qui peu l’être au niveau des rues, des trottoirs, des places de parkings pour les handicapés ».

Au paradoxe qui veut que les politiques en faveur des handicapés soient portés par des élus concernés (directement où au sein de leur famille ou de leur cercle proche) par un handicap, Joël pense qu’il s’agit là d’un mal pour un bien. « Les politiques sont quand même sensibles a tout ceci, surtout s’ils ont dans leur famille une personne concernée. La difficulté pour moi c’est que je m’occupe de pratiquement tous les handicaps. Je fais partie de beaucoup d’associations, je n’arrête pas. Je travaille aussi sur la question du handicap et du tourisme et j’ai des contacts avec la Direction Générale des entreprises pour faire avancer les choses dans tous les domaines de la société ». Pour lui, le prix de l’autonomie se chiffre : 90 000 euros, c’est ce que lui a coûté son équipement personnel. Malgré tout, il reste lucide : « Il est évident que certains grands bâtiments existant ne pourront pas êtres transformés ou modifiés spécialement pour les handicapés, Bordeaux est une ville au patrimoine historique important. Mais quand c’est réalisable, on se bat pour que cela se fasse. Je travaille en ce moment sur les handicaps auditifs et visuels et nous faisons avancer les choses. Ca va doucement mais on y parvient. En faisant avancer les améliorations sur nôtre région, nous avons été le déclencheur pour d’autres grandes villes de France ».  

Dernières ambitions en date

Et puis, en dernier, il y a les ambitions ratées. Les dernières primaires lui auraient sans doute permis, si elles avaient connu une autre issue, de devenir secrétaire d’État. Mais son poulain est rentré bredouille. « Ca a été pour moi un mauvais coup, son élection aurait sûrement été l’avènement de sa carrière. Je pense qu’il le méritait… ». Hyperactif professionnellement, Joël Solari n’a pas vraiment de temps pour des passions extérieures. il s’est visiblement voué à défendre sa cause pendant encore longtemps, et les projets actuellement en cours sur la métropole (voir vidéo) prouvent qu’il est visiblement encore loin d’en avoir fini avec la politique. Pour de nombreux bordelais, il restera « Mr Handicap ».

Pour nous, il s’est montré globe-trotter, fêtard invétéré, coureur de jupons, mauvais élève, ouvrier qualifié, vendeur à la sauvette. Il est un individu complexe aux multiples masques mais dont les douleurs personnelles (la perte de ses parents et de ses frères) resteront cachées. Le reste, en revanche, ne l’est pas vraiment. Son bureau, tout comme son sujet de prédilection, ont été relativement faciles à trouver. Et le personnage, aussi honnête soit-il, a même laissé quelques traces inattendues. « Ca me fait toujours marrer quand je passe devant le panneau de réparation d’horloges anciennes en face du Commissariat Central : c’est une enseigne que j’ai moi-même posé en 1985 ». Comme lui, elle est toujours là et compte bien y rester aussi longtemps que possible. 

Joël Solari, l’autodidacte from Aquipresse on Vimeo.

Enregistrer

Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On en parle !
À lire ! MÉTROPOLE > Nos derniers articles