Guerre en Ukraine : mobilisation paloise pour la solidarité


Sous un même drapeau jaune et bleu, Oxana, ukrainienne, et Yulia, russe, portaient un même message : celui de la paix et de la liberté des peuples contre le totalitarisme.

A Pau, Yulia, la russe et Oxana, l'ukrainienne sous le même drapeau pour la défense de l'Ukraine face à l'invasion russe, au côté d'autres manifestantsAqui.fr

A Pau, Yulia, la russe et Oxana, l'ukrainienne sous le même drapeau pour la défense de l'Ukraine face à l'invasion russe, au côté d'autres manifestants

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Publication PUBLIÉ LE 01/03/2022 PAR Solène MÉRIC

Depuis le lancement de l’attaque militaire russe contre l’Ukraine jeudi dernier les mobilisations sont nombreuses en Nouvelle-Aquitaine pour exprimer la solidarité envers l’Ukraine et sa population. A Pau, ce lundi à 12h30, c’était déjà le troisième rassemblement qui s’organisait depuis l’offensive, cette fois, à l’initiative de la Ville. Au pied de la mairie, capée du drapeau Ukrainien au côté des drapeaux tricolore, européen et béarnais, 400 à 500 personnes aux nationalités diverses sont venues exprimer leur détermination et leur solidarité.

Un moment à la fois solennel, d’émotion et d’unité pour un appel à la paix. C’est un long retentissement des cloches de Saint-Martin, église toute proche de la Mairie de Pau, qui a marqué, un peu solennellement, le début du rassemblement organisé à Pau en soutien à l’Ukraine.

Au-delà des prises de parole officielles, c’est bien l’émotion face à la guerre, et l’union des peuples qui a guidé les nombreux participants à rejoindre la place du Palais Royal de Pau. C’est en tout cas ce qui se lisait sur les pancartes tendues : « Pray for Ukrain » « Non à la guerre », « Freedom for Ukraine », « Sauvons l’Ukraine », ou encore preuve de la colère contre le dirigeant Russe : « Poutine va te faire foutre ! » ou « Russia ≠ Poutine », « Paix entre les peuples ».

L’Ukrainienne et la Russe sous la même pancarte 

Pancarte « Stop à la guerre » et drapeau ukrainien entre les mains, c’est ce message que tenaient à relayer Oxana, l’ukrainienne, et Yulia, la russe, par leur présence alliée. « J’ai déjà participé à un rassemblement à Pau samedi et à un autre hier à Bayonne », explique Oxana, présente en Béarn depuis 20 ans. Originaire de Dnepro « à 200 km du Donbas », elle y a toute sa famille ; « mon frère et mes parents, qui ne veulent absolument pas partir. Mon frère veut combattre ! Ils veulent défendre notre pays » dit-elle partagée entre fierté et inquiétude.

Mobilisation de soutien à l'Ukraine le 28 février à PauAqui.fr

Mobilisation de soutien à l’Ukraine le 28 février à Pau


“Contre Poutine, pas contre les Russes”

Ce qu’Oyana souligne, c’est « l’incroyable union nationale du peuple ukrainien, contre Poutine, pas contre le peuple Russe », insiste-t-elle, relatant même des épisodes de solidarité entre soldats russes et civils ukrainiens. Elle en est persuadé « un bon nombre de soldats ne savaient pas qu’ils partaient pour faire la guerre. On leur a parlé de manœuvres, d’exercices, pas de guerre ! Mon frère a prêté son téléphone portable à un soldat russe pour qu’il puisse donner des nouvelles à sa mère qui ne savait pas où il était. En Ukraine, il existe même un site internet créé par les Ukrainiens et qui recense les soldats russes, et leur position pour informer leurs familles russes », décrit-elle.


Une manière aussi pour l’Ukraine de sensibiliser le peuple russe à la situation. « L’Ukraine ne sait pas quoi faire, tous les moyens sont bons pour lutter ou destabiliser Poutine même de l’intérieur ». Un peuple russe qui, pour peu qu’il en soit informé, « ne valide pas, dans sa grande majorité, cette intervention militaire. Tous les gens “normaux” y sont en fait opposés », glisse Youlia d’un ton assuré. Ayant définitivement quitté sa Sibérie centrale en 2011 pour s’installer en France, elle était « avant » plutôt favorable à Poutine, reconnaît-elle, « mais depuis 2008 [attaque de la Géorgie, ndlr], c’est une catastrophe! J’ai de moins en moins de respect pour lui. Maintenant, en vérité, je le déteste. Et je suis sûre que nous sommes nombreux en Russie.»

 

Solidarité : des mots et des actes

Au pupitre, François Bayrou, maire de Pau et organisateur de ce moment de communion pacifiste a pris la parole, suivi de nombreux autres acteurs politiques locaux issus de divers partis. Se sont ainsi notamment exprimés, Olivier Dartigolle, secrétaire palois du Parti communiste ou encore David Habib, parlementaire béarnais socialiste et vice-président de l’Assemblée nationale.

Des interventions sous le signe de l’union dans une même dénonciation de la conquête militaire lancée par Vladimir Poutine. Unité aussi sur l’expression de la solidarité envers l’Ukraine, son peuple « courageux » face à l’assaillant, ainsi qu’envers son président Volodymyr Zelensky, « héroïque ». Bien sûr aussi un élan commun pour la paix en Europe… Et un salut à l’action commune menée par les Etats memebres de l’UE notamment.

L'Hôtel de ville de Pau aux couleurs de l'Ukraine, de la France, du Béarn et de l'EuropeAqui.fr

L’Hôtel de ville de Pau aux couleurs de l’Ukraine, de la France, du Béarn et de l’Europe

Une solidarité qui au-delà des mots se veut aussi en actes : le maire de la ville de Pau, a en effet annoncé que celle-ci allait soutenir le pays attaqué d’un point de vue administratif ou encore par l’accueil des réfugiés pour lequel de nombreux palois semblent déjà s’être portés volontaires. Même si pour l’heure, rien n’est encore véritablement structuré, l’annonce a sans doute satisfait un grand nombre de participants à la manifestation s’interrogeant à savoir comment aider le peuple ukrainien.

 

Aqui.fr recense et diffuse toutes les actions de soutien au peuple ukrainien. Si vous êtes l’organisateur d’un de ces témoignages de solidarité, n’hésitez pas à nous le faire savoir: aqui@aqui.fr

 

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