Alain Rousset pose le cap d’une “région éco-responsable”


Alain Rousset et Bixente Etchecaharreta, conseiller délégué à la communication - porte-parole, vendredi 17 septembre lors de la conférence de presse de rentrée

Alain Rousset et Bixente Etchecaharreta, conseiller délégué à la communication - porte-parole, vendredi 17 septembre lors de la conférence de presse de rentréeConseil Régional de Nouvelle-Aquitaine

Alain Rousset et Bixente Etchecaharreta, conseiller délégué à la communication - porte-parole, vendredi 17 septembre lors de la conférence de presse de rentrée

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Publication PUBLIÉ LE 17/09/2021 PAR Solène MÉRIC

« Faire de la Région Nouvelle-Aquitaine, la première région éco-responsable du pays ». Voilà le grand cap défini par Alain Rousset, président de la Nouvelle-Aquitaine, sur la mandature qui démarre. Un projet décliné à l’occasion de sa première rentrée médiatique depuis son élection en juin dernier. Un projet dont le totem reste l’innovation, si chère au président de la Région. Une innovation déclinée tant sur la question de l’économie et de l’emploi que sur l’appréhension du changement climatique, à travers notamment, l’annonce d’un acte 2 à la feuille de route Néo Terra dédiée à la transition écologique et énergétique.

Toujours marqué par « la très faible participation aux élections » de juin dernier, le « nouveau » président de la Région l’assure : « Il faut que l’on donne de l’espoir, de l’espérance ; qu’on trace une voie et qu’on porte une visibilité et une longueur dans l’action publique. Rien ne serait pire que ne pas tenir sa parole ». Sans remettre en cause, les inquiétudes liées à une crise sanitaire toujours présente, et répétant son souci d’humilité promis au lendemain de sa victoire, c’est bien « un cap, une vision » qu’Alain Rousset évoque à travers le projet qu’il pose pour cette nouvelle mandature : « faire de la Nouvelle-Aquitaine la première région éco-responsable de France ».

« Retrouver une souveraineté industrielle sur d’autres bases que les énergies fossiles »
Une ambition qu’il pose dans un contexte de crise dont il souligne le paradoxe. « Il n’y a jamais eu autant de projets d’innovation et d’investissement ». Et d’ajouter, « l’économie régionale a mieux résisté à la crise que le reste de la France du point de vue de l’emploi et du taux de chômage ». Mais sans naïveté il pointe aussi les risques en présence tels que l’approvisionnement des matériaux, « y compris pour le bois », à propos duquel une réunion est prévue avec les responsables de la filière forestière et bois, ou encore « l’ultra dépendance de la France et de l’Europe à l’égard de la Chine ».

Il cite ici par exemple les principes actifs des médicaments ou les composants électroniques, tous deux fournis à plus de 90% par Pékin. Dans un souci de souveraineté industrielle, et donc de durabilité, (sans oublier le coût carbone des transports), « il faut qu’on sache reconquérir ces compétences technologiques », martèle-t-il, alliant à cette reconquête un indispensable « saut technologique ». Comprendre ici l’ambition de « retrouver une souveraineté industrielle sur d’autres bases que les énergies fossiles ».

Pour y contribuer, plusieurs outils sont à portée de main de la Région. Alain Rousset cite le lancement d’appels à intérêts, la création de démonstrateurs, la mise en place d’un groupe de travail sur le biosourcing des principes actifs des médicaments… Des idées qui nécessitent des moyens. Il annonce donc d’ores et déjà la proposition d’un vote de budget supplémentaire de 140 M€. « Le plus important budget supplémentaire que la Région aura eu à connaître », précise-t-il.

Néo Terra acte 2
Autre annonce directement liée au projet de « première Région éco-responsable » : l’engagement d’un Néo Terra 2 encore et toujours appuyé sur le groupe de scientifiques piloté par Hervé Le Treut fidèle à la collectivité depuis de nombreuses années. Ce NéoTerra 2, viendra rappeler l’ambition et les objectifs de transition énergétique à 2030, révisera chacun des chapitres de la feuille de route, et posera désormais en premier défi, « une dimension qu’on avait un peu occultée, admet Alain Rousset, la nécessité de s’adapter à ce réchauffement climatique », au-delà de la résistance contre le réchauffement climatique en lui-même. Citant îlots de chaleur en ville, allongement des périodes de sécheresse et de canicule, évapotranspiration « colossale » des plantes, « comment se préparer à des périodes « saharienne » ? Que se passe-t-il pour les hommes, les animaux, les plantes quand il fait plus de 40° C ? », interroge-t-il.

Avec des outils technologiques, avec de la sobriété, c’est une démarche globale qui est ici envisagée, pointe Alain Rousset. Objectif : « restaurer le vivant » et à mettre la santé globale (animaux, plantes, humains) au cœur des dispositifs portés par Néo Terra 2. Le tout « avec les compétences, et les moyens que la Région peut mettre en œuvre », dans leurs différentes formes. Et, pour illustration, le président de confier l’idée de mettre en place « une forme de bonus/malus à l’égard des entreprises qui s’engagent dans la RSE ». Mais, plus globalement, pensant aussi aux agriculteurs, « il ne s’agit pas de tracer un chemin sans accompagner » précise-t-il ; rageant au passage sur les trop longs délais d’homologation de l’ANSES, empêchant du même coup la mise sur le marché de produits alternatifs aux produits phytosanitaires.

Alain Rousset promet d’ailleurs sur le sujet de la santé, qui n’est pas directement de la compétence régionale, d’être « intrusif et volontaire » tout en soutenant les forces déjà présentes sur le territoire régional, à l’image, cite-t-il de la faculté de médecine de Limoges, en avance sur ce thème de santé globale « One health ».

RER métropolitain
Volontaire, la Région promet de l’être aussi en matière de transports et de l’enjeu de décarbonation qui l’accompagne. En lien avec le Schéma des mobilités récemment présenté par Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, « nous travaillons d’arrache-pied avec Bordeaux Métropole pour développer le RER métropolitain », assure le présidnt Rousset et d’illustrer le propos avec la mise en service à partir de 2022 de 26 trains par jour sur une liaison directe Libourne-Arcachon. Suivra une ligne Cenon-Pessac permettant la liaison avec l’Université en 14 minutes. Au-delà de la volonté, « il y a note-t-il un effort considérable à faire avec la Métropole, en termes de communication autour du train ».

Parmi les autres chantiers évoqués, la dédiésélisation des bus régionaux qui se poursuit, les opérations Optim’TER visant l’augmentation des cadences des trains sur des territoires ciblés, le Ferrocampus à Saintes, qui veut allier formation, innovation et entreprises autour de la question ferroviaire, sur un modèle proche de celui d’Aérocampus, ou encore la LGV « que Jean Castex a remis dans le calendrier ». Mais pour laquelle Alain Rousset a exprimé « son souhait que la nouvelle ligne vers Dax, se fasse en même temps que Bordeaux Toulouse ». Pour l’heure sans réel écho du côté gouvernemental. Mais sur le dossier, « il faut remonter au filet régulièrement », glisse le Président.

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