“Acheter des fruits et légumes de saison”


« Des fruits et légumes frais, accessibles pour tous ! » était le dernier débat du Salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine 2021.

Charlotte Entraigue, primeurAqui.fr

Charlotte Entraigue, primeur

Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 3 min Nombre de vues

Publication PUBLIÉ LE 21/05/2021 PAR Mélanie Philips

« Des fruits et légumes frais, accessibles pour tous ! » était le dernier débat du Salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine 2021. Au coeur du lycée agricole de Brive Voutezac, terre de verger et d’arboriculture, la discussion s’est tenue autour des enjeux de la consommation des fruits et légumes, les freins qu’il peut y avoir face à l’accessibilité et enfin les leviers existants pour lever ces freins. Pour en discuter, Daniel Sauvaitre, secrétaire général d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes, Patrick Charron, en charge des questions alimentaires au sein de l’association de consommateurs famille laïque, Charlotte Entraigue, primeur et Dragana Miladinovic, sociologue.

La Nouvelle-Aquitaine est l’une des trois principales régions productrices de fruits et légumes. De la production à la distribution, en passant par la restauration, 450 000 professionnels sont engagés au quotidien, pour produire et commercialiser des fruits et légumes de qualité. La production est bien présente, mais qu’en est-il de la consommation et de l’accessibilité ? Selon Daniel Sauvaitre, « on a eu l’effet covid l’an passé et il y a eu une augmentation de 4,5% de consommation de fruits et légumes ». 

Sous-consommateur

Une augmentation qui n’est pas encore suffisante pour Dragana Miladinovic, sociologue. Car selon elle, on est encore loin de la recommandation des cinq fruits et légumes par jour. « En 2019, 32% des adultes atteignaient cette recommandation et 10% des enfants. » Les adultes sont à 4,17 portions et les enfants à 2,67. La France est donc un pays sous-consommateur. « Il y a encore du chemin à parcourir mais les choses vont dans le bon sens. Il reste encore 70% des adulte à convaincre. » Et détrompez-vous, le prix n’est pas le premier frein à l’accessibilité ! « Avant la CSP (catégorie socio-professionnelle), c’est l’âge, le premier critère segmentant », nous apprend la sociologue. Entre 18 et 50 ans, il ya seulement 20% qui atteignent la recommandation contre près de 60% pour les plus de 65 ans. « Il y a un effet générationnel. Plus je vieillis, plus je consomme ».  Cela peut s’expliquer par la retraite et donc le fait d’avoir plus de temps pour cuisiner. 

Car une chose que peut affirmer Dragana Miladinovic, c’est que « nos modes de vie conditionnent notre consommation de fruits et légumes. » Des propos confirmés par Daniel Sauvaitre. Pendant le Covid, les consommateurs avaient plus de temps pour eux, pour cuisiner et consommaient davantage de fruits et légumes : « Ce qui nous éloigne des fruits et légumes, c’est la vie trépidante que l’on a et l’urbanisation. » Notre mode de vie, rythmé par la rapidité, a fait baisser le temps de préparation du repas. 30 minutes en semaine, contre 40 il y a vingt ans. Pour 36 minutes, le week-end contre 1h. 

Un autre point sur lequel s’attarde la sociologue, c’est la simplification des repas, qui entraine également la baisse de la consommation des fruits et légumes. La restructuration autour du repas principal fait que le moment de l’entrée diminue et entraine une baisse de la consommation des crudités. Même constat pour le dessert, mais avec les fruits cette fois. Le fruit est quant à lui repositionné dans la journée sur le temps du petit-déjeuner et du « snack », autrement dit le gouter. 

Education et saisonnalité  

Les consommateurs font davantage attention et végétalisent leur assiette car la santé est le deuxième critère d’achat des fruits et légumes. Le premier est l’accessibilité. Pourtant, tous les participants sont d’accord sur une chose : si on respecte la saisonnalité, on ne paie pas plus cher. Il est très important d’éduquer les consommateurs sur cet aspect là. « Plus on a de connaissances, plus on augmente notre consommation de fruits et légumes frais », confirme la sociologue. Qui est rejoint par Charlotte Entraigue : « Manger de saison c’est manger sainement et à des prix attractifs. » « Acheter des fruits et légumes de saison, c’est acheter malin », ajoute Daniel Sauvaitre.  

Tous, s’accordent aussi à dire qu’il y a un travail d’éducation et de transmission à faire, pour les futures générations. Une éducation aussi bien sur les connaissances, mais aussi sur le plaisir. « On a un combat culturel et éducationnel qui est de capter le consommateur par le plaisir. Il faut associer le plaisir à la consommation de fruits et légumes », confirme Daniel Sauvaitre. Pour Patrick Charron, « on a oublié l’accompagnement par rapport à l’enfant. Il faut expliquer à l’enfant, c’est fondamental. » Dragana Miladinovic est en total accord avec le fait qu’il faille sensibiliser dès l’enfance « car elle nous conditionne pour le futur ».

Un débat à voir ou revoir sur Agriweb.tv

Cet article fait partie du dossier
Ça vous intéresse ?
Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On en parle ! Nouvelle-Aquitaine À lire ! ALIMENTATION > Nos derniers articles