Trans’Cub : une lettre ouverte aux élus


Jacques Dubos, président de Trans’Cub, Germain Suys et Denis Teisseire, membres de l’association, ont adressé une lettre ouverte aux élus de Bordeaux Métropole.

Jacques Dubos, président de Trans’Cub, Germain Suys et Denis Teisseire, membres de l’association, ont adressé une lettre ouverte aux élus de Bordeaux Métropole.Emmanuelle Diaz | Aqui

Jacques Dubos, président de Trans’Cub, Germain Suys et Denis Teisseire, membres de l’association, ont adressé une lettre ouverte aux élus de Bordeaux Métropole.

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Publication PUBLIÉ LE 11/07/2022 PAR Emmanuelle Diaz

Plus que jamais opposée au projet de Ligne Grande Vitesse (LGV) au départ de Bordeaux, l’association Trans’Cub adresse une lettre ouverte aux élus de Bordeaux Métropole. Son but ? Dénoncer le vote par la collectivité territoriale, d’une délibération relative aux Aménagements Ferroviaires au Sud de Bordeaux (AFSB). Des travaux censés bénéficier au RER métropolitain mais qui, pour l’association bordelaise, sont une « marche forcée » au profit de la LGV, ainsi qu’une « gabegie financière ».

Ils n’en démordent pas. Après des recours intentés contre le projet de LGV, l’association citoyenne farouchement opposée à la réalisation des lignes grande vitesse Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse adresse une lettre ouverte aux élus de Bordeaux Métropole pour dénoncer, cette fois, le vote par la collectivité territoriale, jeudi dernier, d’une délibération relative aux Aménagements Ferroviaires au Sud de Bordeaux (AFSB). Des travaux censés bénéficier au RER mais qui, pour Trans’Cub, n’ont d’autre finalité que « la réalisation à marche forcée de la LGV ». Et ce alors même que l’Union Européenne maarque des hésitations quant au financement de ce chantier, il y a quelques jours à peine.

Portant sur un montant de 41 millions d’euros, dont 11 millions à la charge de Bordeaux Métropole, ces délibérations sont relatives aux études du projet sur la partie AFSB de la LGV (pour la rendre plus compatible au RER métropolitain) et à ses travaux préparatoires. « Le coût des études est très élevé : 25 millions d’euros dont 6 millions minimum pour Bordeaux Métropole, vu l’absence de subvention européenne à ce jour. Quant aux travaux préparatoires, leur coût est de 16 millions d’euros dont 5,3 millions, là encore à la charge de Bordeaux Métropole. Et contrairement à ce qui est dit, ce ne sera pas en attendant que la société du GPSO (Grand Projet ferroviaire Sud Ouest)soit en capacité d’en assurer le portage. Ces sommes-là seront définitivement déboursées par Bordeaux Métropole », s’insurge Denis Teisseire, membre de l’association.

Une gabegie financière

« La question est de savoir si ces délibérations qui concernent en fait la LGV et les AFSB (qui en sont une composante présentée comme essentielle) se justifient ou si au contraire, on n’a pas le sentiment d’une marche forcée et d’un risque de gabegie financière », poursuit-il.

« Les AFSB ne sont aucunement nécessaires au RER métropolitain car les niveaux de services actuels sur Bordeaux-Langon sont déjà supérieurs à ceux qu’ils offriraient, tant en terme de trains (58 par jour contre 54 avec les AFSB), qu’en points desservis (451 par jour contre 414) […] On présente les AFSB comme favorables au RER alors qu’en fait, ça va très fortement le pénaliser dans la mesure où ils le cantonneraient à une voie lente (max 120km/h) de Bègles à Saint-Médard d’Eyrans alors que jusqu’à maintenant, il dispose de deux voies rapides (160km/h). Donc on rajoute une voie (lente) réservée aux TER et les deux autres voies pour les TGV, les inter-cités et le fret. Et on continue de dire dans les délibérations que les AFSB sont une condition de mise en œuvre du RER métropolitain. C’est une supercherie qui ne trompe aucun esprit averti », s’insurge pour sa part, Germain Suys, ancien ingénieur de la SNCF et membre de Trans’Cub. « Aujourd’hui, le vrai problème sur cette ligne, ce n’est pas le nombre de trains, mais des trains très lents (les Bordeaux-Langon) qui sont confrontés à des trains beaucoup plus rapides, alors qu’il n’y a aucun point de dépassement! », poursuit-il, prônant plutôt pour sa part, des aménagements en gare de Beautiran « pour un montant de 50 millions d’euros maximum ».

Un projet « au détriment des lignes existantes et des trains du quotidien »

Autre argument mis en avant par Trans’Cub : le problème de l’entretien, à l’avenir, du réseau SNCF. « Dans le contrat de performance qui a été signé entre l’État et la SNCF le 6 avril 2022, l’État s’engage à verser à SNCF Réseau 2,8 milliards d’euros par an alors qu’elle en demandait 3,7 milliards. Il manque un milliard et SNCF Réseau a déclaré qu’elle ne pourrait plus entretenir que les lignes du réseau super-structurant. Or, en Nouvelle-Aquitaine aucune ligne, hormis la LGV et l’ancienne ligne Bordeaux-Paris, ne fait partie de ce réseau. Donc ça pose un problème d’entretien et de vieillissement du réseau existant. Ce projet de LGV apparaît d’autant plus insensé, qu’il se ferait au détriment des lignes existantes et des trains du quotidien. », explique Germain Suys.

Enfin, « en avril dernier, une étude faite par Yves Crozet intitulée “ Les métamorphoses du modèle économique de la grande vitesse ferroviaire ” démontre que le modèle initial entre Paris et Lyon d’une ligne qui était rentable, a complètement disparu et que non seulement les collectivités ont été obligées de mettre de plus en plus d’argent public mais qu’elles seront en plus obligées, à l’avenir, de participer aux frais de fonctionnement », conclut Denis Teisseire.


L’info en plus :
Le 4 juillet dernier, au lendemain de la polémique sur les financements européens, le Conseil de surveillance de la société de projet GPSO (LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax) réuni à Toulouse avait voté un premier budget de 40 millions d’euros pour démarrer les travaux.

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