Sud-Gironde : Arterre, des bureaux partagés en milieu rural


Le Collectif Arterre s’est lancé en novembre 2019, en posant ses valises au Tourne, à proximité de Langoiran.

Yoan DENECHAU | Aqui

Marion et Julie, du collectif Arterre, dans les locaux de l'association au Tourne.

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Publication PUBLIÉ LE 29/04/2021 PAR Yoan DENECHAU

Un air de “monde d’après” émane du collectif Arterre. installé dans un chai au Tourne, près de Langoiran, l’association propose des espaces partagés sur un terrain de deux hectares, au cœur de l’Entre-Deux-Mers. Le lieu, misant sur le partage, le local et l’environnement, est ouvert aux artisans, artistes ou agriculteurs à la recherche de bureaux.

« À la base, nous voulions reprendre le Garage Lézarts, à Lestiac-sur-Garonne, puis nous avons atterri sur ce terrain ». Et quel terrain. Julie, Marion, Émeric et cinq autres associés sont arrivés dans ce chai en novembre 2019. « Le propriétaire, vigneron à la retraite, a arraché ses vignes et a accepté de nous louer le terrain et le chai, après l’avoir vidé de ses cuves », raconte Marion. La parcelle de deux hectares sur laquelle est installé le chai est désormais un espace de travail partagé.

Pour le collectif, la localisation du terrain est intéressante, puisque abordable financièrement et ouvert sur la nature. « Nous voulons offrir au territoire un espace de travail partagé et ouvert à tous, pour des artisans, artistes ou agriculteurs. On offre un lieu de travail accessible et plus agréable que des open-spaces urbains », précise Julie. Au total, le loyer représente 650 euros, à partager entre chaque utilisateur plus les charges. « On ne veut pas se faire de l’argent sur le dos des entrepreneurs, juste rentabiliser le loyer et les charges », poursuit la jeune femme.
Si le collectif Arterre propose des bureaux, il n’a pas vocation à accompagner les entrepreneurs, ni les héberger. « Nous n’avons pas les compétences pour faire de l’accompagnement professionnel, souligne Julie. Nous proposons seulement un espace de travail ».

Partage

Pour Arterre, le mot d’ordre du projet est « partage ». Le bâtiment du collectif est ainsi divisé en quatre espaces. Une partie commune avec cuisine et table de réunion, ainsi que trois ateliers. Émeric partage le premier avec Marion. Le géomètre de formation s’est mis au paysagisme et s’occupe de l’animation des espaces verts de la propriété, quand sa camarade recycle les pneus de vélos et les chambres à air pour en faire des bijoux ou des portefeuilles.
Un peu plus loin, le deuxième atelier est vacant, pour le moment. Le dernier est occupé par le matériel de couture de Julie. Cette dernière possède une ligne de vêtements pour enfants, baptisée Clap-clap. « Tous les ateliers sont ouverts, pour favoriser l’échange. Si on est bloqué, on peut toujours en parler et trouver des solutions ».

Dans un cinquième espace, à l’arrière du chai, on peut entendre une scie circulaire. François, menuisier-ébéniste, y crée du mobilier sur mesure. « Au début je voulais m’installer à Bordeaux. C’est compliqué d’y trouver un atelier abordable. Je ne voulais pas être seul, alors je suis venu ici, je peux échanger avec des personnes qui ne font pas mon métier, c’est enrichissant, et puis le cadre est magnifique », souligne l’artisan.

Une logique décroissante

Si le collectif Arterre propose un espace de travail partagé, ses fondateurs affirment qu’il est un lieu d’expression libre. À l’extérieur, les associés ont un potager, qui leur sert à être autosuffisant, dans un premier temps. « Nous sommes dans une logique décroissante, nous consommons ce que nous produisons. Il nous arrive d’aller au marché, mais nous y prenons que le strict nécessaire » précise Julie. S’il reste du surplus après le partage des produits frais, le collectif les propose au voisinage ou les vend à bas coût.

Ce lien avec les environs immédiats de la propriété, le Collectif Arterre l’entretient. « Nous utilisons les déchets verts de nos voisins, notamment l’herbe de tonte et on en fait du paillage pour le potager », précise Julie. Le collectif récupère également les déchets verts d’une grande surface de Langoiran, à quelques minutes de là, pour abonder la plantation. Les associés vont par ailleurs signer une convention avec le Syndicat de collecte des ordures ménagères local (SEMOCTOM) pour récupérer les déchets valorisables en fonction de leurs besoins.

Infos pratiques !

Le Collectif Arterre peut être contacté

– sur sa page Facebook
– par mail à contact@collectifarterre33.org
– par téléphone au 06 09 39 19 18

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