Salon de l’agriculture et après ?


Forte hausse de visiteurs et retrouvailles réussies avec le public au Salon de l'agriculture pour ses organisateurs, Bruno Millet et Dominique Graciet.

Bruno Millet et Dominique Graciet au Salon de l'agriculture Nouvelle-Aquitiane, devant la vache HaquitanimaAqui.fr

Bruno Millet et Dominique Graciet au Salon de l'agriculture Nouvelle-Aquitiane, devant la vache Haquitanima

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Publication PUBLIÉ LE 31/05/2022 PAR Solène MÉRIC

Selon les chiffres la Foire internationale de Bordeaux, le visitorat de cette édition 2022, affiche une hausse de 15% soit un total de 200 000 visiteurs sur 9 jours. Une hausse qui s’est aussi fortement ressentie sur le Salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine. Un sentiment de retrouvailles réussies qui permet au Salon de valider sa nouvelle formule avec une présence renforcée des animaux et du marché des producteurs, mais aussi un plus large dialogue entre acteurs du monde agricole et société, en amont, pendant et après le Salon. Un enjeu de communication qui ne doit pas s’arrêter aux portes du Salon selon Dominique Graciet, président de l’événement, et Bruno Millet Commissaire général.

Le Salon de l’agriculture qui vient de fermer ses portes à Bordeaux s’est déroulé dans « une ambiance de retrouvailles chaleureuses » selon Dominique Graciet, « très content de l’adhésion du public et de la nouvelle organisation qui a aussi semblé plaire aux éleveurs et aux partenaires exposants ». Un bémol tout de même pour le Président ; le Covid n’a pas été sans conséquence, avec la perte de quelques exposants pour des raisons économiques. « Afin de garder un nombre d’exposants et une bonne qualité d’accueil, nous avons construit un budget déficitaire, que nous ne pourrons pas nous permettre de réitérer tous les ans », prévient-il. « Avec ce Salon nous avons investi pour l’avenir. Et si l’organisation a bougé l’esprit est demeuré le même ».

Satisfecit du public

L’organisation « en 3 fois 3 jours » d’Aquitanima et la permanence de la présence des races bovines au long du Salon est « une réussite avec un vrai satisfecit du côté du public », affirme Bruno Millet qui souligne aussi le beau succès du marché de producteurs. Certains ont par moment, frôlé le manque de marchandises face à l’affluence des visiteurs. Autre retour positif pour lui, « la modification des flux sur l’espace extérieur AgorAgri a permis de créer plus de visibilité des partenaires présents », et des animations ludiques mises en place pour échanger avec le public. Chapeau bas aussi à Equitaine et ses nombreuses animations, de la part des deux responsables, satisfaits de constater, que de plus en plus, « le monde équin revient dans le giron agricole et se professionnalise ».

Du côté des points positifs encore, « le nouveau modèle du Salon aura permis le développement des débats et de leur audience partout sur le territoire ». D’abord en amont de l’événement sous la bannière régionale de « Chaussez vos bottes » avec l’organisation de plusieurs débats dans des lycées agricoles retransmis sur agriweb.tv. Ensuite, sur le Salon en lui-même, avec la présence du plateau Agriweb.tv, où se sont tenus de nombreux rendez-vous et échanges retransmis sur la plate-forme numérique éponyme, véritable « mémoire du salon et bibliothèque référente de sujets agricoles ».

“Ceux qui nous dénigrent sont marginaux”

La mission de communication du monde agricole vers le grand public semble pleinement remplie. Ou presque. Après près de 30 ans au service du Salon de l’agriculture, à divers postes, Dominique Graciet regrette de constater que « l’adhésion des professionnels n’est pas encore complète, toutes les organisations ne sont pas convaincues par le besoin de communication de l’agriculture vers le grand public. C’est pourtant indispensable ! L’écart entre les convictions du citoyen, et l’acte d’achat du consommateur ne peut se résoudre que dans la discussion entre agriculteurs, éleveurs, producteurs et consommateurs », plaide-t-il, reconnaissant que « ce n’est pas instinctif de communiquer ». Cela dit, « même s’il reste à convaincre », les choses vont dans le bon sens. Surtout en ce qui concerne les jeunes, « pleins de projets et fiers de montrer que l’agriculture est un vrai choix de vie et de métier et non un métier marginal pour ceux qui ne sauraient rien faire d’autre».

Un enjeu de communication à ne pas manquer, surtout à une époque où la crise sanitaire a permis, pour un temps au moins, « une vraie prise de conscience de l’intérêt de l’alimentation locale et du rôle de l’agriculture en matière de sécurité alimentaire. » Même s’il reconnaît que beaucoup de consommateurs sont revenus à leur mode d’achat d’avant-crise, « nous sommes attendus et appréciés par nos concitoyens. Ceux qui nous dénigrent sont marginaux » insiste-t-il.


50 ans de non-communication à rattraper

Afin d’améliorer cet axe sur l’efficacité de la communication entre agriculture et société, il faut « chasser en meute » en utilisant les, déjà, nombreux supports que possède le monde agricole. « Le Salon de l’agriculture est un élément essentiel, mais il n’est pas seul. Il y a Capr’innov, Tech ovin, de nombreux événements dans les départements, des comices, etc. Dans nos projets on aimerait, avec l’ensemble des acteurs de l’agriculture et de la forêt qui le veulent, développer un ou deux thèmes communs que chacun pourrait décliner sur l’année dans sa propre organisation et ses événements… Si on veut installer une vision plus positive du monde agricole, il faut que tout le monde s’y mette, chacun à sa place et dans son rôle, mais en accord avec les autres et avec les jeunes qui sont dans ces logiques-là, passionnés et sincères dans ce qu’ils font. »

Un Salon 2022 d’ailleurs « marqué par la jeunesse », notamment au marché de producteurs, dans les start-up présentes et dans les concours animaux. Une jeunesse indispensable aussi à l’avenir du secteur et dont les métiers doivent apprendre à séduire ceux qui n’en sont pas issus. « L’agriculture a 50 ans de non communication à rattraper, on ne peut pas faire ça seul et en un seul jour, mais on est en marche, et on va rattraper le temps perdu avec les jeunes et pour les jeunes ! »

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