Olivier Falorni : « la loi sur la fin de vie, notre ultime »


Après une tentative échouée au printemps dernier, les indicateurs sont au vert selon le député de Charente-Maritime pour un débat parlementaire sur le droit médicalisé à mourir.

Emmanuel Macron a fait la promesse devant Rémi, la loi sera débattue en 2023DR

Emmanuel Macron a fait la promesse devant Rémi, la loi sera débattue en 2023

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Publication PUBLIÉ LE 13/09/2022 PAR Virginie Valadas

Olivier Falorni, député centre gauche de la circonscription de La Rochelle et de l’île de Ré a fait de son combat pour une fin de vie digne, c’est-à-dire pour une « aide active à mourir » ou encore un suicide assisté médicalement, LE combat de son troisième mandat. Devenu un proche et même un ami de la comédienne, chanteuse et ancienne star de music-hall Line Renaud, militante de cette cause de longue date, il a récemment obtenu l’assurance de la part du président de la République Emmanuel Macron que le débat sur cette question éthique majeure serait inscrit au calendrier des parlementaires en 2023.

Et si 2023 était l’année où une loi sur « le droit à mourir avec une assistance médicale » était discutée et même adoptée à l’Assemblée nationale ? Ce serait un marqueur fort du second mandat d’Emmanuel Macron sur un sujet éthique et sociétal, comme il y a eu avec ses prédécesseurs le droit à l’avortement, l’abolition de la peine de mort, le mariage pour tous…

C’est en tout cas ce que veut croire le député Olivier Falorni, de la circonscription de La Rochelle/Ré, surtout depuis qu’il s’est entretenu brièvement avec le président de la République, Emmanuel Macron lui ayant fait cette promesse lors de la cérémonie de remise de la Grand-croix de la Légion d’honneur à Line Renaud le 2 septembre dernier.

Line Renaud

Retour en arrière : Olivier Falorni est depuis longtemps un fervent militant de l’aide active à mourir. Au cours de son deuxième mandat (il a été réélu en juin dernier pour un troisième mandat), il avait fait de cette cause l’un de ces principaux combats. Proche de l’association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) et de son président d’honneur Jean-Luc Romero, il a été contacté par la chanteuse et comédienne Line Renaud il y a un an.

Marraine de l’ADMD, Line Renaud s’est engagée dans ce combat en 1995. A 94 ans, elle reste une personnalité très combative et très populaire. Le 28 septembre 2021, l’artiste était présente à la tribune de l’Assemblée nationale pour tenter de convaincre les députés de voter un texte à ce sujet. A l’époque, sa voix a porté, politiquement et médiatiquement.

Obstruction parlementaire

Quelques mois plus tard, le 8 avril 2022, Olivier Falorni, rapporteur d’une proposition de loi visant à créer le droit à une « assistance médicalisée à mourir », était victime d’une obstruction parlementaire, bien que la majorité des députés soient favorables à cette question trans-partisane. “Cinq députés LR ont déposé plus de 2500 amendements pour empêcher l’Assemblée nationale d’aller au bout de la discussion sur ce texte”, explique-t-il. Pour présenter cette proposition de loi, Olivier Falorni ne disposait que de 12h. Le texte aurait dû être adopté avant minuit, mais avec 2500 amendements, c’était quasiment impossible.

Néanmoins, Olivier Falorni, Line Renaud et tous ceux qui militent pour « cette ultime liberté » ont tout de même marqué des points, notamment dans la population, car l’affaire a été largement médiatisée et est entrée dans les foyers français. Mais aussi au plus haut niveau de l’Etat, Emmanuel Macron n’hésitant pas à en faire un argument de campagne électorale, notamment face à Marine Le Pen, argant qu’il faut évoluer et s’inspirer du modèle belge. Il est réélu. 

Une concertation citoyenne avant un débat parlementaire

Line Renaud et Olivier Falorni co-signent une tribune dans le JDD du 21 août. Line Renaud y évoque l’hypocrisie de la France, des failles et insuffisances du droit français en la matière. Elle y regrette que les malades n’aient pas d’autres choix que “l’exil dans les pays frontaliers pour y mourir et la pratique d’euthanasies clandestines dans notre pays”. Cette lettre ouverte a eu un écho considérable. Tous les deux reçoivent “de très nombreux messages en faveur de cette loi”, assure le député.

Puis Elisabeth Borne dans une interview accordée au Parisien le 28 août répond en disant que la loi française ne répondait plus aux besoins actuels et qu’il fallait qu’elle change. La Première ministre explique qu’Emmanuel Macron et elle, souhaitent mettre en place une concertation citoyenne à ce sujet.

Line Renaud entourée de ses deux filles adoptives Claude Chirac et Muriel Robin et du député Olivier FalorniDR

Line Renaud entourée de ses deux filles adoptives Claude Chirac et Muriel Robin et du député Olivier Falorni

Et enfin, le 2 septembre dernier, au cours d’une cérémonie à l’Elysée où Line Renaud est honorée de la Grand-croix de la Légion d’honneur, Emmanuel Macron évoque dans son discours, la carrière de l’artiste bien sûr, mais surtout la femme d’engagement, la militante du Sidaction. Puis il a souligne son actuel combat pour une aide active à mourir. Il s’engage devant témoins (tous les nombreux invités à la cérémonie dont Muriel Robin, Claude Chirac, Dany Boon…) et de manière solennelle en exprimant « cette loi, nous la ferons ». 

Lors d’un court échange avec le président de la République, Olivier Falorni obtient une autre promesse : “la loi sera débattue en 2023”, rapporte-t-il. Pour le député, “tout reste à faire, mais le temps est venu d’avancer. C’est maintenant” dit-il, déjà prêt au combat. 

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