Les jeunes LGBT+ pourront trouver refuge dans un appartement


Jean-Luc Thévenot, délégué départemental du Refuge a hâte d’ouvrir un lieu d’hébergement.

Jean-Luc Thévenot, délégué départemental du Refuge a hâte d’ouvrir un lieu d’hébergement.Corinne Merigaud | Aqui

Jean-Luc Thévenot, délégué départemental du Refuge a hâte d’ouvrir un lieu d’hébergement.

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Publication PUBLIÉ LE 23/09/2022 PAR Corinne Merigaud

Après l’ouverture d’un local au printemps à Limoges, la Fondation Le Refuge pourra héberger à partir du 1er novembre des jeunes LGBT+ rejetés par leur famille ou leur communauté. Une avancée importante pour les 18-25 ans confrontés à des discriminations en raison de leur orientation sexuelle ou de genre.

« Aujourd’hui, nous avons 200 places disponibles en France alors que plus de 400 personnes sont inscrites sur la liste d’attente, cela nous tarde vraiment d’ouvrir cet appartement » confie Jean-Luc Thévenot, délégué départemental de la Fondation Le Refuge. Après quelques travaux et l’aménagement de ce lieu mis à disposition par la Ville de Limoges, il pourra recevoir deux, ou trois personnes si besoin, à partir du 1er novembre. « Il faut qu’elles aient un projet de vie comme poursuivre des études, faire une formation ou trouver un emploi, et la capacité à vivre en colocation.»

Un emplacement qui restera confidentiel pour garantir la sécurité de ces jeunes, rejetés en raison de leur orientation de sexe ou de genre car « ils pourraient être poursuivis par leur famille ou leur communauté. » C’est l’aboutissement d’une démarche qui remonte à plus de cinq ans suite aux premières actions de sensibilisation aux LGBT-phobies menées dans les collèges et lycées par les bénévoles du Refuge. Leur cheval de bataille : lutter contre les discriminations liées au sexe ou au genre.

Un projet soutenu par Legrand Rainbow

Le premier tournant a été pris avec la création de la délégation départementale. « Avec une quinzaine de bénévoles, de la volonté et de la motivation, nous avons envisagé d’ouvrir un lieu d’accueil car il y avait un grand trou dans le centre-ouest entre Angers et Toulouse, Bordeaux et Lyon explique-t-il, Legrand a été le déclencheur au travers de Legrand Rainbow. » L’entreprise, avec le soutien du Refuge, a financé largement le projet. « Cela permet de financer le local de jour, l’appartement pour deux ans et un travailleur social durant deux ans précise-t-il, le projet aurait été repoussé sans Legrand. »

Le local de 60 m² a été inauguré au printemps. Des permanences sont organisées pour recevoir les jeunes et les accompagner au mieux. « Un jeune qui est mis à la porte à 18 ans ne sait pas faire la cuisine, nous leur proposons des ateliers cuisine par exemple », remarque Jean-Luc Thévenot.Le suivi des jeunes « qui ont des droits et des devoirs » est complet : un accompagnement médical et paramédical (soins dentaires, visites médicales…), psychologique si besoin et social (sorties culturelles ou sportives) mais aussi des ateliers CV et lettre de motivation sur deux PC en libre service et des cours de français. « On peut tout imaginer dans ce local » assure-t-il.

Une vingtaine de bénévoles âgés de 19 à 75 ans se relaient. « Certains sont eux mêmes LGBT+ mais ce n’est pas le critère pour nous rejoindre et quatre ou cinq ont découvert ce monde n’étant pas directement concernés reconnaît-il, tous sont sensibles à la cause. Nous les formons et les sensibilisons à l’accueil, la communication relationnelle et l’écoute. »

« Sept fois plus de risque de suicide »

Avec le renfort de trois personnes, l’équipe qui intervient dans les établissements scolaires va augmenter ses créneaux cette année. L’an dernier, quarante classes avaient bénéficié de 2 heures de sensibilisation. Lors de leurs interventions, les bénévoles perçoivent un changement de mentalité. « Je suis agréablement surpris de voir des garçons et des filles, bisexuels ou en questionnement trans-identitaire, aussi transparents avec leurs camarades qui connaissent leur orientation sexuelle ou de genre. C’est beaucoup plus facile d’être gay aujourd’hui pour un jeune que dans les années 80. Malgré tout, il y a sept fois plus de risque de suicide chez les 16-25 ans que dans la population hétéro. C’est pourquoi nous leur faisons comprendre les incidences en cas de rejet d’une personne LGBT+.»

La lutte contre le suicide est aussi l’une des missions du Refuge, reconnue d’utilité publique depuis 2011, et devenue fondation en 2020. « Les jeunes expriment de plus en plus leur questionnement trans-identitaire, la parole se libère depuis trois ans », constate-t-il. En France, on estime qu’environ 10 % des personnes ne sont pas hétéros. « La majorité des familles finit par accepter, parfois avec le temps, mais dans 1 % des cas, le jeune est rejeté regrette-t-il. On ne peut pas ramener ça à un milieu qu’il soit rural ou urbain, aisé ou en difficulté, l’influence des religions pose quand même problème. »

Ligne d’urgence nationale 24h/24, 7jours/7 : 06 31 59 69 50 (tél. ou sms)

Le Refuge Limoges 06 46 50 44 47


Infos pratiques !

Organisée par le collectif Lim’Bow qui lutte contre les LGBT-phobies, la 1ère marche des libertés se déroulera, samedi 24 septembre à Limoges, en soutien aux personnes LGBT+ avec pour slogan « Sois toi même, aime qui tu veux ! ». Un village associatif, place de la Motte, proposera des dépistages rapides VIH et hépatites, des échanges avec les associations et des animations. A 13h30, des prises de parole précéderont le départ de la marche prévu à 14h avec DJ et animations (accessibles aux personnes à mobilité réduite). A 18h, un after-party est programmé avec flash tatoo, drag queens & kings et DJ set.
Inscription: lesaffole.e.sdelafrange@gmail.com ou sur leur stand le jour-même.

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