Le changement climatique au coeur des chantiers agricoles


Les défis à relever ne manqueront pas cette année pour les agriculteurs. Lors d’un point presse, Luc Servant président de la Chambre régionale d’agriculture a abordé les dossiers de la rentrée sur fond de changement climatique.

Tony Cornelissen et Luc ServantCorinne Merigaud | Aqui

Tony Cornelissen, prédisent de la Chambre d'agriculture de la Corrèze et Luc Servant, président dela Chambre régionale d'agriculture ont évoqué les chantiers de 2023.

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Publication PUBLIÉ LE 05/01/2023 PAR Corinne Merigaud

En préambule, Luc Servant a rappelé que 2022 a été une « année chahutée pour les agriculteurs car exceptionnelle sur le plan climatique et économique avec un impact fort pour l’agriculture de la région. » Il ne s’est pas hasardé à faire de « prédictions pour 2023 », évoquant les nombreux « chantiers en cours pour l’agriculture avec la question qui sera de plus en plus sensible de la souveraineté alimentaire.» Pour y faire face, il a martelé la « nécessité d’accompagner le monde agricole .»

Sur la réforme de la PAC, le président a souligné les efforts menés avec des « discussions jusqu’aux derniers jours de 2022 » pour la déclinaison régionale mise en oeuvre au 1er janvier. Concernant le changement climatique, l’année 2022 a permis de justifier la mise en place du Varenne de l’eau avec, selon lui, « la nécessité d’en accélérer les propositions.» D’autres chantiers ont été lancés par l’Etat au dernier trimestre, conseil national de la refondation, planification écologique avec un volet sur l’eau, loi d’orientation et d’avenir agricoles qui fixeront le cap pour les prochaines années. « Il y a une forte attente des agriculteurs sur la question climatique et économique dans un contexte que personne ne pouvait imaginer avec des conséquences très fortes sur les prix agricoles, de l‘énergie et des intrants et une production très faible dans la région en 2022. »

L’enjeu de la captation du carbone

L’accompagnement du monde agricole à cette transition agroécologique sera l’un des objectifs prioritaires. Les modes de production devront évoluer pour anticiper les épisodes de sécheresse. « Pour atténuer le changement climatique, les agriculteurs ont un rôle avec la captation du carbone » assure-t-il. C’est dans cette optique que l’Association carbone climat environnement Nouvelle-Aquitaine a été créée ces derniers mois avec la filière forêt. Des diagnostics seront menés dès cette année sur les exploitations, notamment dans l’élevage où « on peut aller assez vite sur la mise en place des dispositifs carbone. »

Dans cette phase de transition, l’effort consenti par la Région pour maintenir son budget agriculture a été salué par Luc Servant.

« Les productions à haute valeur ajoutée trinquent le plus »


Le président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze a ensuite évoqué la situation des éleveurs du Limousin, qui vivent « une période de crise profonde », relaie Tony Cornelissen. « On a perdu 10 % du cheptel bovin en cinq ans, c’est archi catastrophique ! ». Il avance plusieurs causes à cela, dérèglement climatique, désaffection de l‘élevage et transformation de certaines terres en cultures « sur 100 000 bovins allaitants en Corrèze, c’est une perte de 10 millions d’euros en 5 ans. »

Un marché plus rémunérateur comme le veau de lait sous la mère, typiquement produit sur ce département, est désormais impacté. « Toutes les productions à haute valeur ajoutée sont celles qui trinquent le plus aujourd’hui, insiste-t-il, et ce sont les prix des produits standards qui ont le plus augmenté. » L’inflation incite les consommateurs à traquer les produits les moins chers.

Pour diversifier leurs revenus, les agriculteurs corréziens peuvent opter pour le photovoltaïque au sol ou sur toiture grâce à un dispositif soutenu par le Conseil départemental. « Le but est d’avoir une multitude de mini-centrales solaires de moins de 500 Kwh pour avoir l’autonomie électrique et surtout d’interdire l‘arrivée d’investisseurs extérieurs qui capteraient l’argent pour des fonds de pension et ne généreront pas une économie locale. »

Pas de réponse pour les viticulteurs du bordelais

Par ailleurs, concernant la crise subie par les viticulteurs du Bordelais, une cellule a été mise en place par la préfecture de la Gironde. La Chambre d’agriculture est chargée de recenser, d’ici fin janvier, les besoins de viticulteurs en difficulté. Une crise qui sera prégnante faute de solutions. « Aujourd’hui, il n’y a pas de dispositif existant pour les accompagner, ce n’est pas compris dans la PAC donc cela ne peut pas être accompagné au niveau régional ou national, explique Luc Servant. Il n’y a pas de réponse et il va falloir trouver une solution pour les accompagner dans l’arrachage ou dans la diversification. »

L’objectif est d’arracher 10 000 à 15 000 ha de vignes contre une indemnisation évaluée entre 100 et 150 millions d’euros. « La baisse de la consommation de vin rouge est de 30 % ces dernières années, cette tendance devrait se poursuivre au profit de vins blancs, rosés et bières » conclut Olivier Degos, directeur de la Chambre régionale d’agriculture.

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