Institut du goût : « manger est un acte citoyen »


La vocation de l'Institut du goût Nouvelle-Aquitaine est de favoriser la compréhension de la production et des traditions grâce à une éducation de l'alimentation.

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Publication PUBLIÉ LE 30/05/2022 PAR Lucile Bonnin

La sensibilisation est la principale arme de l’Institut du goût Nouvelle-Aquitaine. Ce dernier a été créé en 2016 par des aficionados de la bonne nourriture, du patrimoine et de l’agriculture. On y prône notamment une alimentation choisie à partir des produits de qualité et locaux, respectueux des savoir-faire et de la planète.

Mâcher n’empêche pas de penser. C’est le message que veut faire passer à tous les consommateurs l’Institut du goût Nouvelle-Aquitaine (IGNA) depuis sa création en 2016.

Si le principal réside dans l’assiette et le plaisir de manger, il est important aussi de savoir ce que l’on mange et ce que l’on achète. L’association de passionnés s’investit pour sensibiliser les citoyens aux secteurs de l’alimentaire et de l’agroalimentaire. « La volonté profonde de l’association est de faire comprendre aux consommateurs, producteurs et fournisseurs que l’acte de manger est un acte citoyen », explique Laurent Le Chevallier, administrateur de l’Institut du goût Nouvelle-Aquitaine (IGNA) présent au Salon de l’Agriculture de Bordeaux.

Parmi les actions menées par les adhérents, on retrouve notamment le lancement de la marque « Les Sentinelles du goût » qui a vocation à protéger un savoir-faire menacé de disparition qui englobe tradition, authenticité et culture et qui met en valeur les recettes traditionnelles. Autre grande campagne de sensibilisation pour l’Institut : le grand concours photo des paysages nourriciers, organisé avec l’appui du comité régional du tourisme de la Nouvelle-Aquitaine qui a pour but de mettre en valeur le travail agricole.

Pleine de convictions, la force de cette association réside dans son envie de transmettre avec pédagogie son amour de la nourriture et de son histoire.

Le circuit-court à l’honneur

La principale préoccupation de l’Institut est « d’éveiller les consciences et de donner les clés permettant à chacun de choisir un produit en toute conscience et connaissance. » Pour cela, impossible de faire l’impasse sur le sujet de la production.

« Le circuit-court c’est magique, confie Laurent Le Chevallier. Ce n’est pas parce que c’est forcément bon mais c’est surtout parce qu’on peut demander comment c’est fait et aller voir les coulisses de la production. »

La dimension environnementale est aussi chère aux yeux des administrateurs de l’Institut. « Si on achète des produits manufacturés et industriels il y a des conséquences qui vont avec ce mode de consommation. Il faut le savoir ! La profusion de poissons d’élevage, par exemple, a un impact sur l’environnement. Pour produire un kilo de poissons, il faut dix kilos de poissons morts… La chaîne agroalimentaire actuelle a son lot d’incohérences ! Autre exemple : si vous achetez aujourd’hui des courgettes et aubergines en France en hiver, elles viennent forcément du sud de l’Espagne et cela favorise donc la création de marées de plastique. »

Mais pour l’association, pas question de mettre tous les œufs dans le même panier. « La solution n’est pas non plus de supprimer la production plus importante et tous les transformateurs. Certaines entreprises sont vertueuses et suivent un cahier des charges strict, passent des conventions avec les fournisseurs avec un paiement plus raisonnable que les grosses industries, transforment dans le respect de la tradition et la préservation de l’environnement. »

Un élan positif post-covid

De la même manière qu’il n’est pas question de condamner fermement toutes les industries, ce n’est pas le but de l’Institut de faire culpabiliser le consommateur qui préfère le fromage au lait pasteurisé plutôt que le fromage au lait cru. Le plus important pour Laurent Le Chevallier « est d’apprendre à discerner ce que votre goût veut de façon à diriger sa volonté d’acheter. Il faut se faire plaisir tout en comprenant les enjeux qui gravitent autour de l’alimentation. »

Ce dernier observe un changement dans les modes de consommation qui favorisent l’importation et le produit industriel. « Les personnes cuisinent de moins en moins, les jeunes se font plus facilement livrer… » Bref, on ne mange plus aujourd’hui comme on mangeait à l’époque.  

Mais avec la crise sanitaire, les habitudes de consommation qui ont pu gagner du terrain ces dernières années ont été remises en question. Les confinements ont mis à l’épreuve nos systèmes alimentaires et ont pu « bousculer les mentalités, comme le remarque Laurent Le Chevallier. Beaucoup ont découvert l’achat de proximité mais, à la fin des confinements, les vieilles habitudes l’emportent tout de même. »

Pour lui, les crises sociales, économiques et sanitaires sont tout autant des opportunités pour sensibiliser les esprits à la question que des obstacles pour la promotion de l’alimentation responsable. L’Institut observe notamment un recul dans la vente des produits biologiques français et un retour vers la grande distribution. Un match serré s’annonce entre ces deux tendances pour les prochaines années et l’Institut du goût Nouvelle-Aquitaine compte bien peser dans la balance pour instaurer une consommation équilibrée et consciencieuse.

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