Des parents se mobilisent contre le harcèlement scolaire


L’association "Combat contre le harcèlement scolaire" créée en 2020 à Condat-sur-Vienne en Haute-Vienne, sensibilise les parents et les enfants aux différentes formes de harcèlement scolaire.

des parents unis contre le harcèlement scolaireCCHS

Des parents unis pour lutter contre le harcèlement scolaire.

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Temps de lecture 2 min

Publication PUBLIÉ LE 31/01/2023 PAR Corinne Merigaud

En France, on estime que 700 00 élèves sont victimes chaque année de harcèlement scolaire. Si certains finissent par en parler, d’autres tentent de mettre fin à leur jour pour stopper cette spirale infernale. C’est ce qu’ont vécu Zimouda et Dimitri Normand. Leur fille a été harcelée du CM1 jusqu’à la fin de sa 3ème.

« Cela aurait pu finir en drame, assure la mère de famille, on est resté longtemps sans rien voir. Elle a d’abord été rackettée pour avoir le droit de jouer avec des copines.» Bonne élève, ses résultats ont baissé. « On a alerté l’école suite au racket et malgré la surveillance, les enfants ont continué… Tout ça à cause de sa couleur de peau. » Au collège, le harcèlement est monté d’un cran. « Un jour, elle nous a parlé de choses plus graves, relate Zimouda, on l’obligeait à baisser la tête toute la journée. Dans les toilettes, elle subissait des insultes et des coups. Elles recevaient aussi des messages l’incitant à se suicider.»

« Une vraie salle de torture »

Leur fille se scarifiait, cachant les marques en portant des jeans et des manches longues même l’été. Un jour, son père aperçoit une balafre. « Elle en avait une dizaine qu’elle gardera à vie, atteste Dimitri. Dans sa chambre, on a retrouvé cutters, ciseaux, pointes de compas et compresses ensanglantées, une vraie salle de torture. » En changeant de collège, le harcèlement s’est arrêté. Leur fille a attenté à ses jours en avalant des médicaments. « Heureusement, nous n’avons que de l’homéopathie confie-t-elle, notre plainte contre l‘établissement et les harceleurs a été classée sans suite. »

A dix-huit ans, son bac en poche et malgré une place en BTS, leur fille a choisi d’entrer dans la vie active. « Cette histoire nous a mis à terre, on s’est retrouvé seul, d’où l’idée de créer l’association pour aider les victimes. »

« Une centaine de parents accompagnés »

L’association a mené quelques actions, freinée par le Covid. Une centaine de parents du département jusqu’en région parisienne ont été conseillés et accompagnés. « Nous les avons guidés dans leurs démarches en leur fournissant un modèle de lettre. Ils veulent tout de suite porter plainte mais ce n’est pas la bonne réaction. Il faut d’abord contacter la maîtresse et la directrice d’école pour comprendre ce qui passe puis aller au commissariat avec des éléments concrets. »

un stand pour informer le publicCCHS

L’association informe et accompagne les victimes de harcèlement scolaire.

La dizaine de bénévoles s’est fixé un objectif ambitieux. « Enrayer ce fléau ; on sait que c’est optimiste car le harcèlement scolaire a toujours existé. A travers nos actions de prévention, nous voulons que nos enfants deviennent nos ambassadeurs de demain en sensibilisant les écoliers, collégiens, lycéens et étudiants pour que ce fléau cesse. » Des actions plus pérennes peuvent être mises en place à la demande d’établissements.

Un premier groupe de paroles, ouvert aux parents et enfants, s’est réuni en janvier, il affichait complet. L’association veut proposer des permanences dans un local qui reste à trouver. Dès que les fonds auront été collectés, elle s’équipera de supports de prévention et de livres adaptés à chaque âge. « Nous voulons sensibiliser les enfants dès la maternelle » conclut-elle. Les nouveaux adhérents et les dons sont les bienvenus pour mener à bien ces projets.

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