Des bambous géants Moso plantés sur deux hectares


Samia Riffaut et son salarié Jérôme Brunet ont planté 3 600 plants de bambou géant Moso le 26 mai.

Samia Riffaut et son salarié Jérôme Brunet ont planté 3 600 plants de bambou géant Moso le 26 mai.Novapousse

Samia Riffaut et son salarié Jérôme Brunet ont planté 3 600 plants de bambou géant Moso le 26 mai.

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Publication PUBLIÉ LE 10/08/2022 PAR Corinne Merigaud

Des bambous géants Moso ont été plantés fin mai sur une parcelle de deux hectares située sur la commune de Nouic (Haute-Vienne). A l’origine de ce projet, Samia Riffaud éleveuse de bovins, souhaite convaincre des collègues des vertus de ce végétal et pourquoi pas créer un pôle bambous en Charente limousine.

Et si le bambou était une nouvelle opportunité pour les agriculteurs de la région ? C’est le pari qu’a fait Samia Riffaud, éleveuse de bovins depuis quinze ans à Vaulry. Petite-fille d’agriculteur native de Châteauroux, elle s’est installée dans le département en 1996 et a élevé des chevaux de sport durant dix ans. En 2012, elle acquiert des terres à Nouic et introduit de grandes cultures (tournesol, maïs et diverses céréales). Ce n’est donc pas sa première expérience en matière de diversification agricole.

Elle a choisi le bambou géant Moso, le Phyllostachys Edulis et planté 3.600 pousses. Un projet de diversification mûrement réfléchi. « Les conditions climatiques impactent notre agriculture, constate Samia Riffaud, penser autrement, se réinventer était devenu pour moi essentiel. Je cherchais depuis longtemps un renouveau pour mon exploitation et j’ai été charmée par les qualités du bambou. » 

La bambouseraie arrivera à maturité dans sept ans   Novapousse

La bambouseraie arrivera à maturité dans sept ans

Lors d’un voyage à Hong-Kong, elle est attirée par ce végétal. « J’ai vu d’énormes échafaudages en bambou et j’ai été stupéfaite par tout ce qu’on pouvait faire avec » raconte-t-elle. Elle a contacté l’an dernier la société italienne OnlyMoso, spécialisée dans les variétés géantes de bambous à croissance rapide. « J’ai dû attendre qu’un commercial soit présent en France, il m’a conseillé, venant plusieurs fois sur mon exploitation pour nous guider dans l’aménagement des parcelles.» Les bambous arriveront à maturité dans sept ans. « Nous pourrons commencer la récolte d’ici cinq ans » précise-t-elle. Les cannes peuvent atteindre 25 mètres de haut pour un diamètre de 15 cm.

Des atouts économiques et écologiques

Une bambouseraie ne se plante qu’une seule fois et sa production peut durer un siècle. On mesure d’emblée l’intérêt économique de ne pas avoir à racheter des plants tous les ans. De plus, le bambou n’a pas besoin de traitement pour se développer et d’un entretien limité. Il absorbe cinq fois plus de dioxyde de carbone qu’une forêt classique et libère 35 % d’oxygène de plus. 

Le système racinaire permet de résoudre les problèmes de glissement de terrains et d’instabilité hydrogéologique. Il s’adapte à tout type de sol préférant ceux à pH acide à neutre. Grâce à ses propriétés antibactériennes et antifongiques, nul besoin d’utiliser de produits chimiques. Pour pousser, le bambou a besoin de températures élevées et de précipitations l’été. Un arrosage par goutte à goutte deux mois et demi par an à raison de deux heures par jour est nécessaire.

Quant à la rentabilité, le niveau est très élevé car tout peut être commercialisé que ce soit les chaumes, les pousses et les cannes. Le revenu annuel net moyen pour un hectare est estimé entre 20 000 et 30 000 euros.

La production pourra débuter dans cinq ans Novapousse

La production pourra débuter dans cinq ans

Des usages dans différents domaines

Malgré tout, cette culture reste marginale dans l’Hexagone couvrant seulement 200 hectares. Le bambou Moso n’a pas encore été cultivé à grande échelle à des fins commerciales et industrielles. Les premières plantations via cette société italienne remontent à trois ans. Cependant, les voyants sont au vert pour ce végétal qui trouve des applications dans de nombreux secteurs que ce soit la construction, l’ameublement, la cosmétique, l’isolation, la pâte à papier, le textile, l‘énergie, l’alimentation humaine et animale… Les débouchés sont donc multiples. « J’ai signé un contrat avec OnlyMoso pour leur vendre une partie de ma production explique-t-elle, il peut aussi être utilisé comme liant pour fabriquer du béton et remplacer le sable. On peut également fabriquer des briques. Je vais faire des démarches pour vendre des pousses à Rungis afin de répondre à la demande de la communauté asiatique en bambou frais. Les pousses restent fraîches 48 h et il n‘y en a pas en France. »

L’agricultrice, qui a créé sa société Novapousse, souhaite convaincre des collègues de franchir le pas. « Le Limousin se prête parfaitement à cette culture » assure-t-elle. Elle envisage de créer un pôle bambou autour de Nouic et de la Charente limousine. D’ici là, avec son chef d’exploitation Jérôme Brunet, elle mettra tout en œuvre pour développer cette variété sans de laisser envahir. « Il existe 1 200 variétés et celle-ci a des rhizomes donc nous avons prévu de faire un fossé de 50 cm pour délimiter la parcelle histoire de ne pas se fâcher avec nos voisins ! »

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