Aquitanima fait les yeux doux au grand public


En prenant plus de temps pour les concours professionnels, c'est le grand public qui s'enrichit avec cette nouvelle organisation du Salon Aquitanima.

Les animaux ont la cote auprès du grand publicAqui.fr

Les animaux ont la cote auprès du grand public

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Publication PUBLIÉ LE 26/05/2022 PAR Solène MÉRIC

Les Limousines ont assuré le show dès la première journée du Salon de la génétique bovine, Aquitanima, organisé dans le cadre du Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine. Elles ont ouvert le bal des concours de races aux Blondes d’Aquitaine, Prim’holsteins et bientôt aux Bazadaises. Grâce à une nouvelle organisation du Salon, les 4 races viennent tour à tour défiler sur le ring central et ce jusqu’au dernier jour de la grande fête agricole. Plaisir d’un retour au bercail pour les professionnels, mais aussi pour le grand public qui s’attroupe en masse autour du ring lors des concours. Plaisir aussi d’une rencontre entre deux mondes que le nouveau format d’Aquitanima, sur 9 jours vient faciliter.

Effet retrouvailles peut-être mais les bovins ont toujours résolument la cote auprès des visiteurs du Salon de l’agriculture de Bordeaux. On s’émerveille dès l’entrée du Salon sur les premiers animaux, quitte parfois à s’emmêler les pinceaux entre une (certes) grosse vache et un taureau… Il faut dire que ce n’est pas tous les jours que les visiteurs du Salon croisent et de si près, de telles Vénus. N’en doutons pas, l’erreur anatomique sera rectifiée un peu plus loin, devant un « vrai » taureau.

 

Les messages passent
Un enthousiasme, qui se mesure aussi à la présence importante du grand public autour du ring situé sous le hall 4 du Parc des expositions, dès lors que démarrent les concours. Si la subtilité d’un meilleur équilibre de bassin d’une vache par rapport à une autre, la finesse d’un squelette ou la haute tenue d’une mamelle, échappe sans doute au visiteur de passage, il n’empêche que les messages passent des professionnels vers le public.

À commencer justement par le biais ce qu’il ne comprend pas. Lors des concours le langage des juges s’adressant aux éleveurs pour justifier le classement de leur bête au regard de la conformation est très technique, et relativement abscons pour qui n’est pas du sérail. Première leçon pour le néophyte : n’est pas éleveur qui veut.

Malgré ce jargon professionnel, le grand public reste autour du ring, hypnotisé sans doute par la beauté et l’apparente docilité des animaux auprès de leurs éleveurs. Mais pas seulement, il y a aussi le bel effort de pédagogie fait par l’animateur, passionné, des concours. Renaud Champmartin, présente les races, leur histoire, leur particularité, leur mode d’élevage, leur production… L’occasion aussi pour lui d’évoquer avec la même franchise et simplicité de nombreux sujets de société qui ne laissent pas indifférents les spectateurs.

Le grand public rassemblé autour du Ring central suit avec passion les concours de races du Salon AquitanimaAqui.fr

Le grand public rassemblé autour du Ring central suit avec passion les concours de races du Salon Aquitanima

Bien-être animal, crises, circuits-courts… et prestige

En vrac, le bien-être animal bien sûr, mais aussi le contexte économique des agriculteurs et des éleveurs dans une période qui cumule les crises (sanitaires, géopolitique, climatique), le nécessaire lien entre consommateurs et producteurs, l’enseignement agricole… et il ne s’effraie pas non plus d’évoquer la génétique bovine et l’excellence française et régionale en la matière. Car parler de Limousine sans corne, c’est bien parler de génétique voire de génomique. Le tout en donnant la parole à d’autres acteurs plus spécialisés venant temporairement le rejoindre sur le ring, entre deux sections d’animaux en concours.


Le Salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine arrive donc à faire ça : donner un cours de génétique animale à un public tout ouïe pourtant initialement venu « juste pour voir des animaux en famille » mais qui repart en ayant appris « pleins de trucs ». Pari gagné pour ses organisateurs qui promeuvent à tout va un salon, « lieu d’échange et de dialogue ».


Un salon Aquitanima au rôle de médiateur plus encore élargi et assumé cette année, grâce d’une part à sa durée passée de 3 à 9 jours mais aussi à la création de la « Barre Prestige ». Si les races en concours se relaient jour après jour sur le Salon (deux jours par races), 12 animaux se partagent une même barre, jusqu’à la fin du Salon. Huit fiers représentants des quatre races en concours (Limousine, Blonde d’Aquitaine, Prim’holstein et Bazadaise) ont à leur côté Marquise (1 100 kg !) et Rodin, représentants de la race Charolaise, ainsi que Samba et Salsa, les laitières Jersiaises. A destination du grand public cette exposition permanente met en avant l’histoire de ces animaux : leur lieu et mode d’élevage, la commercialisation de leurs productions ou même encore leur caractère !

La barre prestige présente 12 bovins de 6 races du territoire de Nouvelle-AquitaineAqui.fr

La barre prestige présente 12 bovins de 6 races du territoire de Nouvelle-Aquitaine

Professionnels, “la joie de se retrouver”

Cet Aquitanima au format revisité c’est un atout aussi pour les professionnels. « Dans les versions précédentes, l’ensemble des concours devait se faire en 3 jours, il y avait donc tout le temps une certaine urgence, un stress. Là, grâce au roulement des races organisé sur toute la durée du Salon, l’ambiance est plus sereine. Et bien sûr la joie de se retrouver est là aussi », constate François Rauscher, Commissaire du Salon Aquitanima.

Les éleveurs qui viennent bien sûr pour la saine émulation des concours, et « la promotion que cela représente pour les élevages », ne démentent pas ce plaisir des retrouvailles. « C’est l’occasion de revoir les collègues après deux années blanches », se satisfait Olivier Collardeau, éleveur de Blondes d’Aquitaine dans les Deux-Sèvres, content aussi de vivre là «  un week-end un peu détente, qui nous sort de notre quotidien ». Il est d’autant plus satisfait que s’il est finalement venu avec son taureau Newton, c’est « par solidarité avec les collègues ».

Philippe Basta, éleveur de Blonde d'Aquitaine est venu concourir avec deux de ses génissesAqui.fr

Philippe Basta, éleveur de Blonde d’Aquitaine est venu concourir avec deux de ses génisses

L’écueil du calendrier
Cette année, il trouve que le nombre d’animaux participant au concours est inférieur aux années précédentes. Un avis partagé par Philippe Basta, éleveur à Arzacq dans les Pyrénées-Atlantiques. « Le concours est intéressant et de qualité, il n’y a aucun doute là-dessus. Il démontre bien l’homogénéité de notre race, et la bonne préparation des animaux. Mais, personnellement, je trouve qu’il y a des défections et c’est dommage. La crise Covid n’a pas du aider, mais je m’interroge sur la pertinence de la date du Salon qui ne convient pas aux éleveurs du Sud de la région, en pleine campagne des cultures. C’est dommage d’être moins représenté sur ce concours interrégional, alors que c’est le berceau de la race », plaide-t-il.

Une difficulté de calendrier bien entendue et déjà connue par la direction du Salon. Difficile voire impossible selon Bruno Millet, commissaire général, de séparer le Salon de l’agriculture de la Foire Internationale de Bordeaux. « C’est par elle aussi que le grand public vient à la rencontre du monde agricole et des éleveurs. Or notre mission de Salon de l’agriculture est bien de communiquer avec et à destination de ce public sur les enjeux de l’agriculture, et de l’élevage. » Ce que cette première moitié de Salon semble avoir en effet déjà bien réussi.

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