Agriculture et innovation: Le sol, au centre des réflexions


Le président de la Chambre d'agriculture Luc Servant a insisté sur l'accompagnement des agriculteurs dans leur évolution des pratiques (© Sylvain Desgroppes)

Etats-généraux de l'innovation 2022 : Le président de la Chambre d'agriculture Luc Servant a insisté sur l'accompagnement des agriculteurs dans leur évolution des pratiquesSylvain Desgroppes

Etats-généraux de l'innovation 2022 : Le président de la Chambre d'agriculture Luc Servant a insisté sur l'accompagnement des agriculteurs dans leur évolution des pratiques

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Publication PUBLIÉ LE 26/05/2022 PAR Sylvain Desgroppes

Les États Généraux de l’Innovation, fidèles au rendez-vous du salon agricole régional, permettent chaque année de faire un état des lieux sur un sujet donné, de mettre en avant les travaux de recherches en cours et les perspectives d’avenir. En ciblant pour cette édition 2022 l’importance de la prise en compte des sols et de leur qualité dans la production. Au-delà des apports de la science, l’expérimentation menée sur le terrain par les agriculteurs reste primordiale pour avancer, à condition que l’accompagnement soit au rendez-vous.

Depuis 2015, les États Généraux de l’Innovation sont devenus un incontournable du Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine. C’est l’un des rares événements professionnels qui n’a pas connu d’interruption, y compris lors des deux éditions en digital. En 2020 et 2021 ils s’étaient tenus sur les thèmes « Autonomie protéique des installations et des territoires » puis « Vers un marché du carbone en agriculture ».

Pour cette huitième édition, le format a changé, et c’est sur un plateau en plein cœur du salon que la conférence s’est tenue sur le thème de « la santé et la qualité des sols ». « Au-delà de sa mission évidente de l’alimentation, l’agriculture est mobilisée sur le climat, le territoire, les ressources, l’environnement… Le sol en est une de plus, avec de nombreux défis qui se posent », lance Luc Servant en ouverture des débats.

« L’agriculture a longtemps vu le sol comme un support de culture. Mais la qualité, la richesse, la vie microbienne et organique, la structure et l’agronomie, sont autant de sujets qui concernent le sol et sont primordiaux pour des enjeux de résilience et de diversité de l’agriculture », continue le président de la Chambre régionale d’agriculture Nouvelle-Aquitaine. Encore faut-il les outils pour bien appréhender ces questions.

Quels indicateurs ?

Les recherches actuelles se concentrent sur l’identification de méthodes de calcul pour juger de la santé et la qualité des sols. Alain Brauman, écologiste du sol au sein de l’Institut de Recherche pour le Développement, a mis en avant le Biofunctool, outil d’analyse de la santé des sols, qui se base sur trois fonctions : la transformation du carbone, le cycle des nutriments, et le maintien de la structure du sol.

Patrice Mahieu, chargé de mission agronomie à la chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques, a fait une démonstration de l’application du Biofunctool sur les exploitations d’Agro Réseau 64, qui réunit 130 agriculteurs. Quant à Pauline Burlier, chargée d’études à la chambre d’agriculture de la Gironde, elle a présenté la Boîte à Outils pour Caractériser la Qualité des Sols (BOCQS), résultat d’un travail avec la filière viticole.

« C’est un bon outil pour une première approche de l’analyse de la qualité des sols », glisse la technicienne. D’autres travaux sont en préparation, notamment dans des appels à projet européens en 2022 et 2023. Quoi qu’il arrive, rien ne remplacera l’expérience au champ réalisée par les agriculteurs eux-mêmes, comme l’a évoqué Jean-Charles Nabera, chef de culture au château Beaumont à Cussac-Fort-Médoc (33).

« Il faut plusieurs années pour mettre en place les bonnes démarches. Travail du sol, enherbement, engrais vert, matière organique, semis direct, il faut tester, essayer, rester vigilant à la structure de nos sols et identifier les itinéraires techniques précis », expose ce dernier. « Cela prend du temps, et dans cette transition, l’agriculteur prend des risques. Il faut pouvoir l’accompagner et couvrir ces risques », termine Luc Servant.

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