Une double qualification pour un CDI à temps plein


Six stagiaires se forment à deux métiers pour décrocher un CDI à temps plein.

Six stagiaires se forment à deux métiers pour décrocher un CDI à temps plein.Corinne Merigaud

Six stagiaires se forment à deux métiers pour décrocher un CDI à temps plein.

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Publication PUBLIÉ LE 18/11/2021 PAR Corinne Merigaud

Voilà une expérimentation inédite en Nouvelle-Aquitaine qui pourrait donner des idées. Une formation a démarré le 18 octobre avec des demandeurs d’emploi volontaires qui ont choisi d’apprendre deux métiers, conducteur de transport en commun et assistant de vie aux familles. L’objectif est d’occuper un emploi à temps complet avec un CDI à la clé en cumulant deux temps partiels dans des secteurs en tension.

Du courage, ils n’en manquent pas pour se lancer dans cette aventure professionnelle originale, parfois à un âge avancé. Six demandeurs d’emploi haut-viennois ont intégré une nouvelle formation dispensée par l’AFTRAL et le GRETA. Dans huit mois, ils auront acquis une double qualification après avoir décroché un titre professionnel de conducteur routier et un d’assistant de vie aux familles.

Pour en arriver là, le parcours aura été long et chaotique après un projet initié en 2014 sur le territoire ouest Limousin montrant des besoins de recrutements. « Le secteur du transport scolaire et de l’aide à la personne ne parvenaient pas à garder leurs salariés car les emplois étaient à temps partiel explique Annick Fougeras de l’AFTRAL, un projet a été expérimenté en 2018 à Nexon puis relancé avec l’idée de former des salariés à l’image de l’expérience menée en Bretagne ».

Les besoins de ces secteurs ont été recensés faisant apparaître 25 postes à pourvoir. Cinq entreprises d’aide à domicile et trois transporteurs ont rejoint le projet. Une fois les problèmes de compatibilité d’horaires réglé et le montage financier bouclé, huit réunions ont été organisées pour informer les personnes susceptibles d’être intéressées. Les employeurs et les deux organismes de formation ont reçu en entretien 80 candidats. Ils ont ensuite passé deux jours en immersion sur les deux postes et six ont finalement intégré la formation de conducteur de transport en commun, le 18 octobre, sur le site de l’AFTRAL au Palais-sur-Vienne. Elle s’achèvera le 4 février après 399 heures de formation et 35 h d’examen. Le GRETA prendra le relais pour la seconde période de formation.

La vice-présidente régionale en charge de la formation professionnelle a rencontré des stagiaires en formation à l’AFTRAL de Limoges

Des stagiaires très motivés

Cette formation bi-emploi va permettre de lutter contre le temps partiel dans ces deux secteurs en proposant une double carrière à des demandeurs d’emploi. Les entreprises pourront ainsi recruter des personnes doublement qualifiées. La Région soutient ce programme à hauteur de 80% avec une subvention de 165 527 euros. Les six stagiaires ont pu s’entretenir avec Karine Desroses, vice-présidente en charge de la formation professionnelle qui a visité, le 16 novembre, le plateau de formation de l’AFTRAL. « Ce n’est pas évident de reprendre une activité et de changer de métier quand on a une vie de famille et des enfants, surtout lorsqu’on a quitté l’école depuis quelques années. Je leur tire mon chapeau car il faut avoir du courage ». C’est le cas de ces trois hommes et trois femmes qui forment un groupe soudé prêt à relever le défi pour décrocher un CDI à temps complet.

En chantier d’insertion à l’association Delta Plus, Maurice transportait les salariés sur les différents chantiers. « L’immersion m’a permis de confirmer ce que j’avais envie de faire et le stage se passe très bien. J’aime ces deux métiers qui me rapprochent des gens ». Technicien de maintenance itinérant, Jean-Marc aspirait à se reconvertir sur un poste sédentaire. « J’ai été attiré par le bi-emploi qui était proposé et l’immersion dans les deux entreprises a confirmé mon attrait pour ces métiers ».

A 58 ans, Patrick est le doyen. Après des années dans le nettoyage agroalimentaire et un licenciement, il ne parvenait pas à retrouver un emploi. « Mon âge posait problème, ma conseillère Pôle Emploi m’a aiguillé vers cette formation. Le bi-emploi m’a tout de suite intéressé car travailler 4 h par jour, ce n’était pas possible. Sans la double qualification, je ne l’aurais pas fait. » Après avoir travaillé en EHPAD, Christelle voulait tourner la page. « La charge émotionnelle et psychologique a été trop forte pendant le Covid, j’ai arrêté et je cherchais à me reconvertir. Le bi-emploi a été déterminant dans ma décision ». Prochaine étape pour les stagiaires, le code de la route, le 3 décembre, pour une mise à jour de leurs connaissances.

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