Voilà trois décennies que l’association affirme son engagement environnemental et social. Pionnière dans le recyclage des déchets textiles et l’insertion professionnelle de ses employées, elle fut l’un des premiers acteurs à saisir l’importance de ces enjeux dans l’agglomération bordelaise. Sa cinquième boutique dans l’agglomération bordelaise vient d’ouvrir ses portes à Mérignac.
AMOS peut désormais se targuer d’avoir accompagné 700 bénéficiaires dans leur insertion professionnelle tout en recyclant 300 tonnes de vêtements chaque année, grâce aux dons des particuliers. Une installation qui ravit ses voisins. Le fleuriste attenant, venu leur souhaiter la bienvenue deux orchidées à la main, se réjouit de voir enfin un commerce vivant peupler le boulevard bordé de boîtes d’intérims et d’assureurs.
Cette cinquième ouverture, rue de Verdun, à destination des femmes et des enfants, vient récompenser le travail des salariés et bénévoles de l’association. Françoise Hoareau, sa directrice générale, n’a pas caché son impatience au moment de recevoir les premiers clients, « on espérait ouvrir plus tôt ! On est très content ».
En plus de faire profiter les acheteurs de petits prix, trois nouveaux employés vont bénéficier de l’accompagnement d’Amos pour se développer professionnellement. Aminata Cellier cherchait un emploi « moins stressant » que ses précédents, lui permettant de s’occuper de sa fille de 4 ans tout en réalisant un bilan de ses compétences avec Pôle emploi. Même si «[elle aurait] dit oui à un CDI », l’association reste avant tout un tremplin vers d’autres horizons professionnels. L’avenir de la jeune maman devrait s’écrire dans la puériculture ou le marketing digital.
Faire grandir les travailleurs
Les bénéficiaires s’exercent à l’« apprentissage des matières, de la logistique, du sens de l’observation, du travail en équipe… » raconte Françoise Hoareau. Des compétences techniques, travaillées au sein des différentes boutiques disposant chacune d’un ADN particulier, complétées par l’étoffement du savoir-être grâce à des formations de confiance en soi ou des simulations d’entretiens professionnels.
Anna, tout juste la cinquantaine, arrivée en septembre chez Amos, résume son apprentissage en trois points : « savoir, savoir-faire et savoir-être ».
La boutique du bonheur
Premiers bénéficiaires de ce travail, les clients participent aussi à l’économie circulaire. Si certains viennent avant tout chercher les « petits prix », d’autres ont conscience du rôle à jouer. Pour Viviane par exemple, « c’est une philosophie » qu’elle s’est chargée de transmettre à ses enfants. Si la chineuse se rend depuis trois ans dans les friperies Amos, c’est aussi parce qu’« on y trouve toujours quelque chose d’inattendu ». Le stock de vêtements est en effet renouvelé régulièrement grâce aux 40 conteneurs de collecte présents dans la métropole. Des habits de marques aux textiles vintages des années 80 – 90, tout le monde peut se faire plaisir à « la boutique du bonheur », ainsi baptisée par Anna.