Pozzz, la pochette bordelaise qui régule notre temps d’écran


La start-up bordelaise Genius Objects, fondée en 2016, compte lancer la commercialisation de la pochette connectée Pozzz au mois de juin.

Alexandre Faucher, cofondateur de Genius Objects, avec la pochette PozzYD

Alexandre Faucher, cofondateur de Genius Objects, avec la pochette Pozz

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Publication PUBLIÉ LE 27/05/2021 PAR Yoan DENECHAU

Dans la société de l’instant, où tout est à portée de clic et de doigt, il n’est pas toujours facile de déconnecter. Ce constat est d’autant plus fort après trois confinements successifs, qui ont vu la généralisation du travail à distance. La start-up bordelaise Genius Objects, fondée en 2016 par Alexandre Faucher et Philippe Tourrette, est connue pour avoir créé une fermeture éclair intelligente, qu’elle décline à travers divers produits textiles. Parmi ces produits, la société a imaginé la pochette Pozzz, destinée à réduire notre utilisation du smartphone.

« Zipper » est un geste du quotidien. Et si cette fermeture éclair nous rendait service ? C’est ce qu’ont réussi à faire Alexandre Faucher et Philippe Tourrette, cofondateurs de Genius Objects. « Quand on ouvre notre frigo, la lumière s’allume. Pourquoi ne pas appliquer cela à notre sac ? », questionne Alexandre Faucher. Les deux entrepreneurs ont ainsi créé et déposé Zip and Go, un capteur installé sur une fermeture éclair qui permet, entre autres, d’éclairer un sac à dos bien rempli ou de sécuriser un colis sensible.

Retrouver de la sérénité et responsabiliser

Ces utilisations ne sont pas les seules possibilités pour les bordelais. En 2020, ils ont imaginé Pozzz, une pochette équipée de la technologie Zip and Go, qui permet de réguler notre exposition aux écrans. « Aujourd’hui, les enfants ont leur premier smartphone entre 10 et 12 ans. Le seul frein à leur utilisation, c’est le contrôle parental », indique Alexandre Faucher. Ce dernier l’a vu avec son fils de 11 ans : les enfants ont un rapport aux écrans qui peut parfois être inquiétant. Le principe de Pozzz est simple : il suffit de glisser son téléphone, en mode avion de préférence, dans la pochette et prendre une « pause ».

Alexandre Faucher est formel, le but de Pozzz n’est pas de diaboliser les écrans. « Ils sont un outil fantastique, on peut faire beaucoup de choses avec un smartphone, assure-t-il. Un adolescent passe en moyenne 4 à 6 heures par jour sur son téléphone hors temps scolaire. Nous proposons en quelque sorte une ‘conduite accompagnée’ du smartphone ». Ainsi, Pozzz mise sur un procédé pédagogique et ludique plutôt que la privation du smartphone par l’autorité parentale.

La pochette Pozzz, fabriquée par Genius ObjectsDR

La pochette Pozzz, fabriquée par Genius Objects

Grâce à une application et au capteur intégré à la fermeture de la pochette, on peut gagner des points à partir de 15 minutes de déconnexion. Ces points servent à obtenir des récompenses, définies par la famille de l’utilisateur. « Nous favorisons la régularité : mieux vaut une ou plusieurs pauses à heure fixe chaque jour qu’une grosse déconnexion de temps en temps », poursuit Alexandre Faucher.

« Tout est allé très (trop?) vite »

Si les créateurs de Pozzz ont imaginé cette pochette, c’est parce que le monde du numérique évolue à grande vitesse. « Tout est allé très, voire trop, vite. En moins de vingt ans on est capable de tout faire avec un smartphone », s’inquiète Alexandre Faucher. Selon lui, il est compliqué de réfréner l’envie de consulter son téléphone, à cause de notre rapport aux notifications et à des contenus de plus en plus addictifs « Dès que nous arrêtons de faire quelque chose, on va sur notre téléphone. Si c’est pour l’utiliser comme un outil, très bien. Si ça commence à être un réflexe, un simple prolongement de notre main, là ça peut être dangereux », prévient le bordelais.

Afin de réguler également notre consommation du téléphone le soir, l’application Pozzz est équipée d’un mode nuit, « très important » pour ses créateurs. En effet, la lumière bleue émise par nos écrans complique notre endormissement. « À heure fixe chaque soir, on met le téléphone dans la pochette et il ne faut plus y toucher jusqu’au lendemain matin », souligne Alexandre Faucher. Si ce dernier veut aider les plus jeunes à réguler leur consommation des écrans, pourquoi ne pas avoir rendu la pochette hermétique aux ondes ? « Trop contraignant », pour le créateur de Pozzz, qui préfère la pédagogie et l’incitation à la privation.

Début de la commercialisation en juin

Si la conception de Pozzz est achevée, la pochette connectée n’est pas encore commercialisée. Une centaine de familles a testé le prototype après le confinement de mars 2020 et la société a lancé une campagne de financement participatif au début du mois de mai dernier. Par le biais de cette campagne, Genius Objects a vendu 500 pochettes Pozzz – pour une quarantaine d’euros pièce – en deux semaines. « Ce qui est intéressant c’est que nous avons eu beaucoup d’acheteurs étrangers, notamment originaires de Suède ou d’Australie, friands de ce concept », souligne Alexandre Faucher.

Malgré l’intérêt suscité à l’international, Genius Objects compte déployer Pozzz partout en France en ouvrant une boutique digitale d’ici le début du mois de juin. Après ce déploiement national, la start-up bordelaise planche déjà sur un autre modèle, plus grand, pouvant accueillir des tablettes. La start-up souhaite également créer du lien avec les pouvoirs publics, au travers notamment des opérations « 10 jours sans téléphone » menées dans différents établissements scolaires de Nouvelle-Aquitaine.


Toujours le thème de la responsabilisation face au numérique, vous pouvez lire ou relire notre article sur la start-up bordelaise MyTwiga.

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