L’Association Régionale de Défense des Forêts Contre l’Incendie (DFCI) et le Syndicat des Sylviculteurs du Sud-Ouest ont invité les députés, sénateurs et conseillers départementaux & régionaux à une réunion concernant la stratégie de prévention contre les feux de forêts, ce 23 janvier. Après les évènements de l’été passé, les demandes sont urgentes. Or, à quelques mois du début de la saison des feux de forêts, et malgré de multiples relances, aucune réponse de la part de l’Etat.
Une stratégie évolutive pour une prévention efficace
« Si depuis près de 70 ans, notre système de prévention, en complémentarité avec la lutte active menée par les sapeurs-pompiers, fonctionne, le changement de contexte nous oblige à faire évoluer notre modèle pour qu’il continue à être efficace ». Bruno Lafon tire la sonnette d’alarme : il est nécessaire de conforter l’aménagement du massif forestier (pistes, points d’eau …), renforcer les équipes aux côtés des bénévoles, favoriser la prise en compte du risque feux de forêts dans les documents d’urbanisme, appliquer les Obligations Légales de Débroussaillement, adapter les pratiques sylvicoles… autant de mesures préconisées dans un plan stratégique. Lourd programme.
Les budgets alloués à la prévention dans le Sud-Est sont de 16M€, tandis que dans le Sud-Ouest, ils sont de 6,7M€ en 2022. Bruno Lafon souhaiterait voir augmenter ces budgets à 12,3M€ en 2023, 14,8M€ en 2024 et enfin 16M€ en 2025. Selon lui, « Il faut un rééquilibrage » car dans le Sud-Ouest, « nous sommes premiers en nombre de départ de feu, même si on réussit à les éteindre ». Rejetant le paradigme du « plus on brûle, plus on reçoit d’argent », il insiste sur le fait qu’il est nécessaire « d’inclure le Sud-Ouest dans le projet de loi en cours, car il est souvent oublié ».
La prévention, une solution plus efficace et moins coûteuse
Selon Bruno Lafon, « la lutte active, il faut arrêter », ose-t-il. Il prend l’exemple des décisions prises au Portugal après les lourds incendies, meurtriers, de 2017, qui privilégient dorénavant la prévention. Il souligne que « la prévention coûte moins cher, sans même parler du coût environnemental ». Les aménagements concrets préconisés par la DFCI comprennent des pistes, des franchissements, des points d’eau et du matériel.
Il est également important de sensibiliser la population et de mieux les informer en cas de risque de feu. « Les gens ne skient pas sur une piste fermée. Ils vont pourtant se balader dans une forêt fermée », relève-t-il, regrettant que « lorsqu’il y a un feu de forêt, les gens ne sont pas forcément au courant ».
Ce constat, Bruno Lafon l’accompagne d’une mise en garde : « dans 60 jours, nous aurons déjà des risques de feu avec le début de saison » , rappelant que « avec le changement climatique, les départs de feu sont de plus en plus puissants ». Si le changement climatique les amplifie, il n’en est pas forcément la cause pour autant : 94% des feux de l’an dernier ont pour cause, accidentelle ou non, l’activité humaine. Il souligne qu’il est urgent d’agir maintenant pour éviter une catastrophe similaire à celle de l’année dernière.