Les anti-bassines se font entendre en Limousin


Fondé par un collectif d’associations en décembre, le collectif « Bassines non merci ! Limousin » veut peser face aux projets de retenues d’eau. Un ciné-débat est organisé pour informer la population.

3 militants du collectif bassines non merci LimousinCorinne Merigaud | Aqui

Les militants anti-bassines ont créé un collectif en Limousin en décembre dernier.

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Publication PUBLIÉ LE 19/01/2023 PAR Corinne Merigaud

Le Limousin n’était pas encore présent dans la bataille contre les bassines. Cela va changer avec la création du collectif « Bassines non merci ! Limousin » qui veut donner de la voix. Il regroupe les militants associatifs de Alternatiba, Les Amis de la Terre, Les Amis de la Confédération paysanne, ATTAC 87, Extinction Rebellion Limoges, Générations Futures et Saint-Junien Environnement.

Les crispations autour des bassines commencent à éclater en plein jour, amplifiées par les propos du président de la Chambre d’agriculture de la Haute-Vienne accusant les écologistes de « terroristes ». Pour les anti-bassines, la coupe est pleine. « Il y a beaucoup d’opinions divergentes et conflictuelles autour des bassines, constate Martine Laplante, une militante. Le but premier du collectif est la préservation de la ressource en eau et un partage équitable entre les utilisateurs. Il est très important d’informer le public pour qu’il se fasse une opinion avec les éléments objectifs qu’on va leur fournir. »

« Des usages de plus en plus conflictuels »

Le combat est très fort dans la Vienne et les Deux-Sèvres où le collectif dénonce la multiplication des bassines pour pallier aux périodes de sécheresse. « Il y a pompage dans les nappes phréatiques relate Martine Laplante, les bassines se multiplient de façon anarchique et scandaleuse. Les usages seront de plus en plus conflictuels entre usages domestiques et agricoles. C’est conflictuel même dans les usages agricoles. »

Le collectif pointe du doigt le financement des retenues d’eau « abondé à 70 % par l’argent des contribuables pour profiter à un nombre infime d’agriculteurs… destinées à l’irrigation du maïs ». Il dénonce les conséquences pour la biodiversité « disparition des haies donc des oiseaux, petits mammifères et insectes. »

Pour le collectif, ce sont certaines pratiques qu’il faudrait changer pour un partage plus équitable de l’eau. « En Haute-Vienne 4 % de l’irrigation va sur du maraîchage indique-t-elle, et 96 % pour l‘irrigation des céréales, protéagineux et à l’arboriculture, la pomiculture du sud Haute-Vienne.» Sur les 1.232.500 m³ autorisés par arrêté préfectoral du 1er juin 2022, 350.000 m³ sont allés au Domaine de Berneuil qui produit céréales et protéagineux. « Cette ferme compte deux réserves d’eau de dimension importante et 2 500 bovins » signale-t-elle.

Solution en vue avec les étangs ?

Autre sujet mis en avant par le collectif, le nombre d’étangs sur le département : «  24 000 sur le bassin de la Vienne dont 13 000 en Haute-Vienne et beaucoup ne sont plus entretenus. On ne connaît plus le propriétaire. Il faut en supprimer un certain nombre ou bien voir comment ils peuvent être utilisés dans l’irrigation et construire des bassines à côté. Mais surtout voir ça globalement car par endroits, ils peuvent être réutilisés.»

Cette piste résonne avec le diagnostic en cours sur les ressources en eau mené par le Département. « L’association Sources et Rivières a été la première à alerter sur ces étangs non entretenus qui amènent des problèmes sur l’écoulement de l’eau. Avec leur travail et cette étude, on espère avoir un état des lieux correct et un débat prospectif sur l’utilisation de l’eau en Haute-Vienne. »

Le collectif souhaite également être avisé sur les projets de création de retenues d’eau qu’ils estiment entre 14 et 20 en Limousin. « Il y a des dossiers mais on ne sait pas, en amont, comment vont se passer les autorisations indique-elle, ni pour quels objectifs et quantités d’eau prélevées. Nous voudrions avoir l’information en amont. Légalement, nous ne sommes pas prévus dans les commissions d’attributions de ces autorisations. »

Un film et un débat le 31 janvier

Le collectif proposera, le 31 janvier à 20h30 au Lido un ciné-débat avec le film « Julien, le marais et la libellule » de Fabien Mazzocco, en présence d’une “figure de proue du combat anti-bassines”, Julien Leguet et de représentants anti-bassines des Deux-Sèvres. 
Une conférence avec un hydrogéologue sera programmée ultérieurement.

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1 Commentaire

Un commentaire

  • denise, le 21/1/2023 à 12h11

    La France ne manque pas d’eau, elle en jette DEUX fois trop !
    l’eau est recyclable à 100% et à l’infini mais pas en France (0.8%), ce qui veut dire que 99.2% de la distribution d’eau est jetée après utilisation … La seule et unique méthode pour perdre de l’eau douce c’est de la jeter en mer au lieu de la recycler PROPREMENT dans les terres.
    L’eau est un bien commun qui commence par la pluie, les villes rejettent 90% des pluies dans la mer via les rivières et épuisent les nappes phréatiques l’été en ne recyclant pas l’eau (et en polluant les rivières …). Pour la ville de Niort le volume potentiel en eaux usées et pluies dépasse les 40 millions de m3 par an … Pour l’Agglo de Bordeaux c’est 1 million de m3 par jour …

    on ne manque pas d’eau on en jette beaucoup trop et même DEUX fois trop.

    La Nouvelle Aquitaine reçoit plus 58 Milliards de m3 par an (84 000km2 et 700mm de pluie en moyenne) pour des prélèvements annuels à 1.5 Milliards irrigation comprise … avec 18mm de pluie on couvre les besoins d’une année … avec ce qui coule sur le béton pendant un an (9.3% du territoire est artificialisé) on pourrait tenir 3 ans irrigation comprise … Pour sauver les campagnes il faut imposer la mise aux normes des collectivités (comme pour les particuliers) = aucun rejet en rivière avec un recyclage dans les sols pour ne pas perturber le cycle de rechargement des nappes phréatiques !

    Il faudrait réserver la construction des “bassines” à la mise aux normes des villes et que tout le monde (villes, particuliers, industriels et agriculteurs) construisent des réserves collinaires pour capter les ruissellements de surfaces qui sont à l’origine des inondations et des pollutions (lessivages des sols). https://www.caracterres.fr/le-probleme-de-leau-nest-pas-un-probleme-agricole


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