Le Conservatoire des Races d’Aquitaine préserve la diversité


L’association, créée en 1991 pour éviter la disparition de la diversité domestique et locale, est reconnue d’intérêt général depuis 2013.

Jeanne Delignerolles, membre du Conservatoire des Races d'Aquitaine, et les brebis Landaises.Nolwenn Tournoux

Jeanne Delignerolles, membre du Conservatoire des Races d'Aquitaine, et les brebis Landaises.

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Publication PUBLIÉ LE 16/06/2022 PAR Nolwenn Tournoux

Cette année encore, le Conservatoire des Races d’Aquitaine est installé au Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine. L’association, créée en 1991 pour éviter la disparition de la diversité domestique et locale, est reconnue d’intérêt général depuis 2013. Lors de cette édition 2022, les poules et dindons étaient absents pour cause de grippe aviaire. En revanche, chèvres des Pyrénées, moutons landais, lapin-chèvre ou encore vaches bordelaises sont venus représenter leur race.

Une trentaine d’années après sa création, l’association travaille à la conservation d’une vingtaine de races d’ovins, bovins, volailles, équidés, cochons ou encore d’abeilles. Le point commun de ces races est leur berceau, partiellement ou entièrement situé en Nouvelle-Aquitaine. Le Conservatoire des Races d’Aquitaine est d’ailleurs parfois amené à travailler avec le Conservatoire des Ressources Génétiques du Centre-Ouest Atlantique (Cregene).

Les moutons, décimés par les pins

Jeanne Delignerolles, chargée de missions écopastoralisme, plus spécialement avec les ovins et les caprins, travaille notamment à la préservation de la brebis Landaise. Avant le boisement des Landes de Gascogne, l’ovin, né dans la lande rase et humide, était un maillon de l’économie locale. « Les familles avaient un troupeau d’une centaine de bêtes qui parcouraient les landes. Ces troupeaux étaient ensuite rassemblés, en bergerie ou dans des enclos, et leurs déjections étaient utilisées pour faire de la fumure, utilisée sur les cultures vivrières, » raconte Jeanne Delignerolles. « Sur un territoire où le sol est pauvre, il est compliqué de faire pousser son alimentation. La brebis, avant d’être élevée pour sa laine ou pour sa viande, était élevée pour ses déjections. »


En 1857, une loi relative à la mise en culture des Landes entraîne la plantation de pins sur les terres, et l’interdiction pour les bergers d’y faire paître leurs animaux. « Plus les pins gagnaient en surface, plus le pastoralisme régressait, » résume-t-elle. « A l’apogée du pastoralisme dans les Landes, il y avait plus d’un million de brebis. » Après la plantation des pins, elles ont quasiment disparu.

Un mouton Landais... avant la tonteNolwenn Tournoux

Un mouton Landais… avant la tonte

« On a franchi le seuil des 3 000 brebis » 

Aux alentours de la fin des années 80, des passionnés se sont intéressés à la brebis Landaise. « En fouillant dans la campagne, ils ont retrouvé des troupeaux qui en possédaient des caractéristiques, » conte Jeanne. « C’était des familles qui, de générations en générations, avaient toujours eu ces brebis. Le troupeau s’était aminci mais avait survécu. » C’est alors que le programme du Conservatoire pour préserver la brebis Landaise est lancé, avec 3 troupeaux isolés géographiquement. L’association a mélangé génétiquement les trois troupeaux. « On a franchi le seuil des 3 000 brebis, » annonce Jeanne Delignerolles.


L’ancienneté de la race en fait son charme : elle n’a pas été modifiée par les schémas de sélection liés à la production, et présente une certaine diversité par son côté rustique. « Aujourd’hui, la conservation de cette race débouche sur sa réintégration dans des systèmes d’élevage, plutôt alternatifs, comme l’écopaturage par exemple. Il faut un système adapté, en plein air intégral, avec une rotation du parcours des animaux, » relate Jeanne. Le Conservatoire des Races d’Aquitaine possède aujourd’hui plusieurs troupeaux, dont un dans le Médoc, surveillé par un berger salarié, et un autre au Porge. Ce dernier troupeau fait l’objet d’un partenariat avec la commune qui en assure la surveillance tandis que le Conservatoire se charge du suivi sanitaire et administratif.

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