La dernière briqueterie du Médoc veut devenir un tiers-lieu


Sophie Guillevin, potier céramiste, expose et donne des cours de poterie aux « Grès Médocains ».

Sophie Guillevin, potier céramiste, expose et donne des cours de poterie aux « Grès Médocains ».Emmanuelle Diaz | Aqui

Sophie Guillevin, potier céramiste, expose et donne des cours de poterie aux « Grès Médocains ».

Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 3 min Nombre de vues

Publication PUBLIÉ LE 04/10/2022 PAR Emmanuelle Diaz

Dernière briqueterie du Médoc, « Les Grès Médocains » propose tout un panel de produits, des matériaux de construction à la poterie de cuisson ou de jardin, réalisés selon des techniques ancestrales. Détentrice d’un savoir-faire artisanal reconnu, cette petite entreprise familiale qui accueille par ailleurs artistes et artisans, est en passe de franchir une nouvelle étape en devenant un des nouveaux tiers-lieux du Médoc. Retour sur le parcours réussi de cette entreprise qui, depuis le XIXe siècle, a su s’adapter tout en restant dans la tradition.

Situé en bordure de route, « Les Grès Médocains » attire d’emblée le regard avec sa façade de briques rouges. Un édifice qui dénote au cœur de la forêt médocaine qui l’entoure mais qui ne laisse en rien imaginer les bâtiments qu’il dissimule. 2800 m2 de surface au sein desquels cette briqueterie fabrique encore aujourd’hui, selon une technique et un savoir-faire traditionnel, des briques de Brach, un matériau de construction dont la fabrication n’a pas changé depuis le XIXe siècle.


Une matière première de grande qualité

Façonnés dans une argile provenant d’un gisement situé à proximité de l’entreprise, briques, parements, carrelages et autres matériaux de construction sont ainsi fabriqués depuis 1880 dans cette entreprise devenue familiale en 1908. Récoltée en septembre, la matière première (environ 100 tonnes) est stockée et utilisée tout au long de l’année pour la réalisation de produits qui « ne nécessitent aucun entretien et défient le temps », s’amuse Claude Barraud, le gérant de l’entreprise.

Le secret ? Une argile particulièrement riche en silice et en alumine. « L’alumine va donner au produit un côté réfractaire, une haute résistance à la chaleur, (NDLR : pour la construction de barbecues, cheminées et plats qui résistent au four). Et la silice nous permet de le cuire à très haute température. Ce qui confère à la terre un côté imperméable, sans risque d’infiltration d’eau et donc de gel. C’est pourquoi, le produit va être classé grès et non plus terre cuite », précise Laurence Maleyran, sa fille et assistante de gestion de cette entreprise, SARL depuis 1976 et dernière briqueterie du Médoc depuis 1970 sur la trentaine qui existaient à l’origine.

La fabrication de matériaux de construction à longtemps été la seule activité de la briqueterie.

Et un savoir-faire traditionnel

Cuits à 1280°C jusqu’à trente heures de temps et dans un four à bois de 18 m3 datant de 1892, ces matériaux de construction sont fabriqués à la demande. Quant au côté flammé et aux teintes chaudes de la production, pas de mystère : ils proviennent du bois de pin utilisé pour alimenter le four. « C’est l’essence du bois et la résine contenue dans le pin qui va donner les couleurs que l’on obtient. La flamme brûle l’oxygène et va colorer les produits, d’où le côté flammé et nuancé », explique Laurence Maleyran.

Une fabrication entièrement locale et naturelle pour une production qui a évolué au fil du temps. « Au départ, il s’agissait uniquement de briques et de tuiles, puis sont venus les pots à résines dans les années 1950-1960, puis le carrelage. Et dans les années 1970, comme on livrait les Beaux Arts, on a commencé à faire la vaisselle », précise Claude Barraud. Réalisées au tour électrique, poteries culinaires ou de jardin (dont à la corde depuis 2010) constituent aujourd’hui 50% de la production.

Aujourd’hui, la poterie représente 50% de la production de l’entreprise.

Vers un tiers-lieu pour pouvoir exposer

L’entreprise qui a su s’adapter au fil du temps est lieu d’accueil pour les artistes depuis plusieurs décennies. « Les Grès Médocains » est aujourd’hui en passe de franchir une nouvelle étape en devenant un tiers-lieu. « On a travaillé avec plein d’artistes qui investissaient les lieux pour créer leurs pièces et ça s’est vraiment développé. Autrefois, ils pouvaient venir et utiliser les matériaux. Aujourd’hui, pour des raisons d’assurance, en tant qu’industrie, on n’a plus le droit », déplore Laurence Maleyran. Un problème que le prochain passage en tiers-lieu devrait résoudre. « Dans le Médoc, il n’y a pas de lieu où les artistes peuvent exposer en permanence ; ce que nous allons désormais pouvoir faire. Ça va nous donner une autre visibilité et on a le savoir-faire pour les guider », conclut-elle, enthousiaste.

Infos pratiques !

Organisateur de visites guidées, d’ateliers découverte et de Portes ouvertes (prochaines portes ouvertes : 29 et 30 avril 2023), « Les Grès Médocains » participera, samedi 15 octobre à l’Assemblade Médocaine à Saint Laurent du Médoc et aux journées portes ouvertes à la Cave de Listrac, le premier week-end de décembre.

Contacts :

Les Grès Médocains
3 route de Carcans
Listrac-Médoc

Tel :05 56 58 16 58 / gresmedocains@aol.com
Voir aussi leur page Facebook

 

Ça vous intéresse ?
Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On en parle ! Gironde À lire ! ÉCONOMIE > Nos derniers articles