« Il manque une quarantaine de conducteurs scolaires »


A la RRTHV, il manque 5 à 8 conducteurs de bus scolaires et à la LDT Limoges, c’est 3 conducteurs qui sont recherchés.

A la RRTHV, il manque 5 à 8 conducteurs de bus scolaires et à la LDT Limoges, c’est 3 conducteurs qui sont recherchés.RRTHV et LDT

A la RRTHV, il manque 5 à 8 conducteurs de bus scolaires et à la LDT Limoges, c’est 3 conducteurs qui sont recherchés.

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Publication PUBLIÉ LE 01/09/2022 PAR Corinne Merigaud

En France, tous les écoliers ne pourront peut-être pas prendre le bus le jour de la rentrée, 7.000 à 8.000 postes de conducteurs de bus scolaire n’ont pas été pourvus. La Haute-Vienne n’échappe pas au phénomène malgré des dispositifs de formation incitatifs et une revalorisation salariale.

Poids lourd du transport en Haute-Vienne, la Régie régionale des transports de la Haute-Vienne (RRTHV) dispose d’une flotte de 240 autocars dont 220 vont tourner dès le 1er septembre. La situation est à flux tendu puisque des conducteurs sont encore recherchés. « Pour avoir discuté avec des collègues, il manque une quarantaine de conducteurs en Limousin et chez nous, il faudrait cinq personnes de plus au minimum. Huit ce serait mieux pour avoir une petite réserve, annonce Stéphane Cordonnier, le directeur. On a décidé de faire rouler des personnels administratifs et de l’atelier qui ont le permis. La situation est récurrente, la Région qui gère les transports scolaires, a été prévenue des difficultés pour recruter et former. »

Même si les job-dating apportent des candidats, il faut six mois pour passer le permis, la FIMO (Formation initiale minimum obligatoire) et la FCO (Formation obligatoire continue). Il ajoute que la Fédération nationale des transports de voyageurs est intervenue au niveau national pour une revalorisation salariale : « presque 5 % pour les contrats circuits scolaires de 3 h par jour et la FNTV a aussi rehaussé le quota annuel de 550 h à 600 h. Les temps partiels scolaires sont passés à l’indice 140, équivalent à un conducteur de ligne, une revalorisation importante.»

« Dénicher les personnes intéressées par ce métier »

A la société LDT qui assure les circuits scolaires sur la première couronne de Limoges, les recrutements sont ouverts pour la rentrée. « Il manque au moins trois conducteurs pour notre quinzaine de cars signale Patrick Mole, chargé de recrutement. Pour notre deuxième société Mignaton en Creuse, il manque six à huit conducteurs pour nos 80 cars. On va se débrouiller pour honorer tous les services même si la situation est de plus en plus tendue chaque année. »

Ces deux sociétés forment, grâce à la Région, 30 à 40 conducteurs par an qui décrochent un titre professionnel. Le secteur est en tension depuis des années. « Il faut avoir une politique managériale pour limiter le turnover et savoir dénicher les personnes intéressées par ce métier, car 100 % des personnes qui viennent sur cette formation ne savaient pas qu’elles le feraient. Elles font 20 à 25 heures par semaine avec, en plus, des lignes régulières et des primes. C’est un complément d’activité pour des autoentrepreneurs ou un complément de retraite. Pour des personnes de 56 ou 58 ans qui ont eu un accident de la vie ou un problème de santé, c’est le moyen d’aller jusqu’à la retraite .» Les salaires suivent le tarif conventionnel fixé à 11,14 euros brut de l’heure et revalorisé à nouveau en octobre. 

Quid pour attirer de nouveaux profils ? « Ces métiers ne sont pas valorisés, une politique de communication est à mettre en place avec l’appui de Pôle Emploi, Cap emploi et des organismes professionnels, estime-t-il. Pourtant ils permettent d’avoir de vrais débouchés avec une évolution vers un temps plein, sur des lignes régulières, pour faire du tourisme avec des voyages à la journée ou du grand tourisme sur plusieurs jours. » Des formations complémentaires peuvent être mises en place par Pôle Emploi pour passer le permis, la FIMO ou la FCO à repasser tous les cinq ans. « Elles permettent un retour à l’emploi constate-t-il, c’est intéressant pour ceux qui ont passé leur permis durant le service militaire s’il leur manque un bout de formation.»

A la LDT Limoges, trois conducteurs sont recherchésRRTHV et LDT

A la LDT Limoges, trois conducteurs sont recherchés

« Cinq embauches en CDI pour la rentrée »

Chez ce transporteur du nord de la Haute-Vienne qui compte une soixantaine d’autocars, on assure que « normalement, il y aura un conducteur derrière chaque volant, cinq personnes qui ont suivi la formation payée par la Région ont signé leur CDI pour la rentrée mais il ne faudrait pas d’arrêts maladie ou de démissions. C’est pourquoi nous recherchons deux ou trois conducteurs de bus scolaires supplémentaires pour démarrer plus sereinement ou pour faire du périscolaire » annonce une responsable.

Le salaire peut augmenter si le conducteur opte pour du transport périscolaire. Pour que le conducteur reste en poste plusieurs années, l’entreprise a déployé une stratégie. « Pour suivre cette formation, nous ciblons les personnes qui ont déjà un emploi temps partiel car ce poste est un complément de salaire précise-t-elle, parmi ces nouveaux contrats, certains s’occupent déjà de personnes âgées. Nous avons aussi des jeunes qui ont la vocation pour ce métier et qu’un temps partiel satisfait. »

Les professionnels du transport réclamaient un abaissement de l’âge légal pour passer le permis D, c’est désormais possible dès 18 ans contre 21 ans auparavant. Pour attirer des jeunes, la prochaine étape pourrait être la création d’un CAP permettant d’entrer dans le métier par choix, dans le cadre de la formation initiale, et plus après une reconversion. « Ce serait une bonne chose d’avoir une filière de recrutements plus tôt » espère Stéphane Cordonnier.

Deux formations pour deux jobs

A la RRTHV, il manque 5 à 8 conducteurs de bus scolairesRRTHV et LDT

A la RRTHV, il manque 5 à 8 conducteurs de bus scolaires

Une expérimentation inédite en Nouvelle-Aquitaine s’est achevée en juin dernier à Limoges. Sur la base du volontariat, des demandeurs d’emploi longue durée ont bénéficié d’une double formation apprenant le métier de conducteur de transport en commun et celui d’assistant de vie aux familles. L’objectif était d’occuper un emploi à temps complet avec un CDI à la clé en cumulant deux postes à temps partiel dans des secteurs où la main d’oeuvre manque cruellement.

Durant huit mois, six demandeurs d’emploi ont suivi ce parcours original dispensée à l’Aftral et au Gréta dans l’objectif de décrocher un double titre professionnel. Inspirée d’une initiative bretonne, cette expérimentation devait répondre à un besoin identifié de 25 postes de conducteurs de bus scolaires et d’aide à la personne. « Sur les six personnes, cinq sont allées au bout de la formation, la dernière a arrêté un mois avant car elle a trouvé un emploi, annonce Annick Fougeras de l’Aftral. La moitié des candidats a réussi au moins l’un des titres et une seule candidate a obtenu le double titre. Deux stagiaires se sont orientés vers l’aide à la personne et deux messieurs vers le transport de voyageurs. La difficulté majeure est le nombre d’échecs, les gens étaient éloignés de l’emploi et la formation est longue et complexe. » Pour autant, d’autres territoires ont pris contact pour cette formation subventionnée à 80% par la Région.

La stagiaire doublement titrée a été recrutée la semaine dernière par la RRTHV, première entreprise à expérimenter ce cursus.

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