Ikos, un magasin et bientôt un village dédié au réemploi


Avec Ikos, Marion Besse sa directrice, a décidé de montrer que l'on peut s'équiper sans problème en seconde main.

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Publication PUBLIÉ LE 15/09/2022 PAR Emmanuelle Diaz

Inauguré en mai dernier dans la Promenade Sainte Catherine en plein cœur de Bordeaux, Ikos « des objets et des lendemains » invite le public à une nouvelle façon de consommer, puisque tous les objets et produits y sont proposés en seconde main. Une boutique qui préfigure un projet plus vaste : celui d’un véritable village du réemploi qui devrait voir le jour à Bordeaux Nord et dont l’objectif, outre le fait de lutter contre le gaspillage, sera aussi de sensibiliser le public à une consommation plus responsable, et de permettre l’insertion professionnelle de personnes éloignées de l’emploi.

Niché au cœur de la Promenade Sainte Catherine, Ikos « des objets et des lendemains » propose depuis quelques mois un panel d’articles -des vêtements aux accessoires de mode en passant par le petit mobilier et l’électroménager ou encore des livres, jeux et jouets et des équipements sportifs- à des prix attractifs et dans un cadre agréable. Une jolie boutique que rien ne semble différencier des grandes enseignes qu’elle côtoie, si ce n’est un petit détail : tous les objets proposés sont du seconde main.

Un magasin 100% réemploi et 100% solidaire

« Notre objectif, c’est de montrer que tout ce qu’on consomme au quotidien pour nous équiper ou équiper notre maison, on peut l’avoir en version seconde main. Un des paris d’kos, c’est aussi de rassembler l’offre au même endroit pour la rendre plus accessible au consommateur », explique Marion Besse, directrice de ce magasin qui emploie dix personnes, dont la moitié en contrat d’insertion.

Ouvert du lundi au samedi de 10h à 20h et les dimanches et jours fériés de 13h à 19h, il regroupe sur 500 m2 et deux niveaux, sept structures (le Relais Gironde, l’Atelier d’Eco Solidaire, le Livre Vert, Envie Gironde, La Recyclerie Sportive, Échange Nord Sud-Confitures solidaires et Replay-la seconde vie du jouet) qui ont toutes une activité autour du réemploi et sont en majorité des structures d’insertion guidées par une vocation sociale. « C’est vraiment une philosophie d’économie circulaire et locale avec des objets en fin de vie qui sont collectés et triés localement, revendus dans la mesure du possible également localement et qui génère de l’emploi sur le territoire ; majoritairement pour des personnes qui en sont éloignées », poursuit-elle.

Un lieu qui surprend un peu au sein de la Promenade mais qui a trouvé un accueil favorable auprès du public « de plus en plus en recherche de ce type de magasin », précise la directrice de cet espace dont la superficie en fait le plus important en France et en Europe. Conçu pour être accessible au plus grand nombre, Ikos affiche des prix avantageux, mais propose aussi une offre haut de gamme pour certains produits de marque ou dont le recyclage a nécessité un savoir-faire particulier. Des opérations solidaires pour équiper les étudiants qui doivent emménager sont également programmées en cette rentrée.

Ikos propose des objets de seconde mains et de qualité sur 500 m2.

Vers un village du réemploi

Original et novateur, ce « supermarché » du réemploi n’est pourtant que la partie émergée de l’iceberg. L’idée finale imaginée en 2017 recouvre un projet beaucoup plus vaste : celui d’un véritable village dédié au réemploi et au recyclage. D’une superficie de 15 000 m², il regrouperait une galerie marchande (2 000 m² qui permettraient de présenter l’offre de gros -électroménager et mobilier-), un centre de tri des encombrants, un autre pour les textiles, une recyclerie créative et une place événementielle.

« On voudrait vraiment que ce soit un lieu d’immersion totale : qu’on y voit les différentes activités qui se cachent derrière le produit qui est en rayon et donc avoir tous les métiers de la filière. Des activités de collecte, de tri, de vente et toute une programmation événementielle à but de sensibilisation afin que les consommateurs changent leur comportement et se tournent vers une consommation plus responsable », explique-t-elle. A ce titre, des événements tels que de grandes braderies ou des festivals tournant autour du réemploi, de la réparation, de la solidarité, de même que des ateliers de sensibilisation pour les scolaires et des conférences et projections-débats à destination des entreprises sont déjà envisagés.

Un projet pharaonique qu’il reste à financer

Prévu pour procurer 320 emplois (175 sur le site) dont plus de la moitié en insertion (contre 200 actuellement au sein des neuf structures du collectif, dont font également partie l’association R3 et les Compagnons Bâtisseurs Nouvelle-Aquitaine), le village Ikos envisage de traiter 13 000 tonnes d’objets et encombrants par an (contre un peu plus de 8 000 t aujourd’hui). Futurement implanté sur un terrain de Bordeaux Métropole situé à Bordeaux Nord, ce projet pharaonique dont le coût est estimé à un peu plus de 18 millions d’euros, devrait comporter des bâtiments de nature industrielle, tertiaire et commerciale.

« On a réalisé une esquisse avec des architectes, fait estimer le coût de la construction avec des promoteurs et évalué un peu toutes les contraintes de ce terrain avec les services de la Métropole de Bordeaux. Là, on en est au nerf de la guerre : aller chercher les financements, à la fois en sollicitant la puissance publique, mais aussi privée avec des acteurs institutionnels comme la Banque des territoires ou des acteurs spécialisés dans l’investissement sur des projets immobiliers d’entreprises », explique-elle. Soutenu notamment par Bordeaux Métropole, la Région Nouvelle-Aquitaine, mais aussi l’ADEME et le fonds FEDER, Ikos espère obtenir les premiers engagements des collectivités avant la fin de l’année.

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