Feuillus ou résineux: comment replanter la forêt?


Un ministre de l'agriculture et de la forêt qui plante un pin maritime dans les Landes, à quelques heures des Etats-Généraux de la forêt et du massif des Landes de Gascogne : geste fort quand vient la question de la diversification des essences

Un groupe de personnes regarde le ministre de l'agriculture et de la forêt Marc Fesneau planter un pin.Préfecture des Landes

Marc Fesneau, Ministre de l'agriculture et de la forêt a planté un pin maritime sur un chantier à Arue dans les Landes à l'issue de sa visite de la pépinière coopérative Forelite

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Publication PUBLIÉ LE 25/11/2022 PAR Solène MÉRIC

En amont des Etats-Généraux de la forêt et du Massif des Landes de Gascogne, organisés dans l’agglomération bordelaise, le ministre de l’agriculture, Marc Fesnaux s’est rendu au sein de la pépinière coopérative Forlite à Arue dans les Landes. L’occasion de visiter la structure spécialisée dans la production de graines et de pin maritime, qui mène un travail important sur la qualité des graines et des plants et leur adaptation aux changements climatiques. Elle bénéficie en cela des travaux sur l’amélioration génétique menés par l’INRAE et le FCBA.

Mais dans une période de changement climatique, qui au-delà des incendies, a aussi un impact sur le dépérissement prématuré de certains arbres, la structure coopérative n’oublie pas non plus les enjeux de diversification des espèces et des essences. Côté résineux, par exemple elle produit du Douglas et du Cèdre du Liban. Sur la production de feuillus, le Ministre Fesneau a pu constater ses performances en matière notamment de Chêne Sessil, Chêne Liège ou encore du Chêne pubescent.

Replanter en fonction des sols et du climat

Une diversification que d’aucuns placent volontiers au cœur des enjeux de la forêt de demain. Qu’il s’agisse du chantier national de replantation d’un milliard d’arbres lancé par le Président de la République ou plus précisément de la replantation des espaces incendiés sur le Massif des Landes de Gascogne cet été, l’enjeu est le même souligne le Ministre de l’Agriculture et de la Forêt : « il s’agit de replanter en fonction des sols mais aussi du climat qui évolue et y combiner les espèces au regard de ces deux impératifs ».

Ce qui ne semble pas vouloir dire qu’il faille à tout prix vouloir renverser la table, et notamment dans le massif des Landes de Gascogne composé à 85% de résineux. « Révolution ou transition, peu importe, ce sont les scientifiques et l’expérience des uns et des autres, notamment des forestiers, qui nous diront ce qu’il faut faire en matière de replantation. Je n’ai pas de dogme ». C’est d’ailleurs tout l’intérêt des Etats-Généraux ouverts cette fin de semaine que de définir, avec l’ensemble des partenaires professionnels, usagers, scientifiques et collectivités, le futur profil du massif des Landes de Gascogne.

Des éléments tangibles pour le début d’année 2023

Si les résineux ont pu avoir mauvaise presse suite aux incendies estivaux, le ministre tient à rappeler qu’ « il peut y avoir des variations dans les essences de résineux. Ils stockent du carbone aussi bien que les feuillus et c’est un bois très utilisé dans le gros œuvre et diverses activités économiques, donc on en aura besoin ». Une prise de position qui ne tourne pour autant pas le dos aux feuillus. Là aussi, pour le ministre, il faut étudier les essences les plus adaptées et voir où leur plantation sera la plus pertinente : peut-être en lisière, ou dans les espaces coupe-feu, qui sont eux aussi un sujet importants des Etats-Généraux. En la matière, les idées ne manquent pas : agriculture, plantation de feuillus, implantation de panneaux photovoltaïques…

Sur l’ensemble de ces sujets dont Marc Fesneau veut connaître assez rapidement les arbitrages. « Il ne faut pas des Etats-Généraux interminables. Des chantiers de réflexion et de recherche ont déjà été lancés. Il faut qu’à la fin de l’hiver nous ayons des éléments tangibles et qu’on sache comment on déroule le chantier de la reconstruction. Janvier février, c’est ça l’objectif. »

En attendant, c’est bien un pin maritime qu’il est allé planter sur un chantier voisin de la pépinière…

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