EverGreen, le tournant “durable” de l’association régionale


Ils sont une cinquantaine à avoir participer à la présentation de "Finaqui Evergreen", le nouveau et innovant véhicule d'investissement de l'association régionale des business angels, Finaqui.

Autour de Guillaume-Olivier Doré, président de Finaqui, Ils sont une cinquantaine à avoir participer à la présentation de "Finaqui Evergreen" le 23 septembre 2021Finaqui

Autour de Guillaume-Olivier Doré, président de Finaqui, Ils sont une cinquantaine à avoir participer à la présentation de "Finaqui Evergreen" le 23 septembre 2021

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Publication PUBLIÉ LE 27/09/2021 PAR Solène MÉRIC

Finaqui, l’association des business angels de Nouvelle-Aquitaine a lancé en fin de semaine dernière un nouveau véhicule d’investissement. Baptisé « Evergreen », il se pose en réalité, comme une “petite” révolution dans l’univers des business angels, tant sur la forme que sur le fond. L’association forte d’environ 130 membres, affirme en effet à travers lui sa volonté d’aller vers un soutien privilégié aux projets entrepreneuriaux à impact. Un lancement qui vient aussi signer le travail d’inclusion et d’ouverture plus largement engagé par la nouvelle équipe en place depuis fin 2020 sous la présidence de Guillaume-Olivier Doré. Le multi-entrepreneur, créateur, notamment, de la start-up de Fintech bordelaise Elwin, nous en dit plus sur les tenants et aboutissants de ce nouvel outil, symbolique pour l’association.

« Evergreen », même si c’est en anglais, ça veut bien dire ce que ça veut dire. A la fois, littéralement « à feuilles persistantes, toujours vert », et, dans un sens plus figuré, « indémodable, qui ne vieillit pas ». Un message qui en dit long sur le sens donné à ce fonds d’investissement.  Redonner un coup de boost à l’association, et donc, ne pas vieillir, c’est d’ailleurs le mandat qui a été confié à Guillaume-Olivier Doré, quand il s’est vu proposé courant 2019 la présidence de l’association régionale de business angels.


“Appel au peuple”
« L’association Finaqui a été créée en 2007 par des entrepreneurs et des personnalités d’Aquitaine avec pour objectif de mettre en commun des ressources financières pour investir dans des sociétés en croissance et accompagner les dirigeants dans cette croissance », synthétise Guillaume-Olivier Doré. Pour cela 3 véhicules d’investissement ont successivement été créés par l’association. En 2019, fidèle à sa vocation, l’association réfléchissait à en créer un nouveau, tout en cherchant à fédérer en son sein de nouvelles personnalités, plus jeunes, pour prendre le relais de ceux qui en avaient été les fondateurs.

S’entourant de 3 volontaires, « bénévoles et motivés » (Laurent Galinier, Sylvain Barret et Grégoire Baggio) Guillaume-Olivier Doré, au palmarès bien connu du monde de la finance notamment, a accepté de porter cette mission de renouvellement. « Sans remettre en cause ce qui avait été bien fait avant », son projet tient alors en deux mots clés : ouverture et inclusion. Tant du côté des membres de l’association, que des entrepreneurs soutenus. « On a en quelque sorte lancé un “appel au peuple” pour que l’association soit plus directement connectée à l’écosystème local », explique-t-il.

Après un premier travail « de l’intérieur », dont la refonte du site internet, afin d’assurer une montée en gamme du service, l’association a pu en mai dernier ouvrir son Club des entrepreneurs, permettant le recrutement de nouveaux membres aux profils variés. A commencer par des femmes. « Sur la trentaine de nouveaux membres, une vingtaine de femmes se sont jointes au projet », précise le président d’une association jusque-là très (donc trop…) masculine. Une ouverture qui s’est aussi faite en termes de parcours des personnalités recrutées ainsi que secteurs d’activité : assurances, mutuelles, coopératives ont ainsi pu entrer dans la bande… Autrement dit, aussi, une ouverture au monde de l’économie sociale et solidaire. Une démarche unique dans l’univers jusque-là assez fermé des business angels.

“Economie durable”
Cette volonté d’ouverture, le président et les membres de son équipe tenaient également à la mettre en œuvre à destination des projets accompagnés par l’association : « Finaqui ne doit pas uniquement s’adresser au secteur de la tech, mais aussi aux différentes composantes de l’ESS, au secteur agricole, à l’énergie, etc », appuie Guillaume-Olivier Doré. Il faut dire que l’homme plaide avec enthousiasme pour « l’économie durable » et les mariages heureux, et surtout équilibrés, entre outils capitalistiques et économie sociale et solidaire.

De quoi logiquement travailler alors à la fabrication d’un nouveau véhicule d’investissement, désormais lancé, « Finaqui Evergreen ». Dans le droit fil, de la nouvelle inclinaison de l’association régionale, « Evergreen est dédié aux projets qui ont une notion d’impact. Grâce à une grille d’évaluation d’impact, nous pourrons systématiquement mesurer et qualifier précisément l’impact du projet qui se présente à nous et le mesurer dans le temps. L’enjeu étant grâce à cet grille d’évaluation, que le développement de la startup soutenue reste conforme à ce qui était initialement prévu en termes d’impact », explique Guillaume-Olivier Doré.

“Capital patient”
Autre spécificité de ce nouveau véhicule d’investissement, il n’impose pas de date de sortie aux entrepreneurs. « C’est ce qu’on appelle un capital patient : l’entrepreneur pourra développer son projet dans la durée sans avoir une épée de Damoclès sur la tête », précise le président de Finaqui. On est ici dans le domaine de l’exception pour ce qui est des prises de participation de business angels. Mais cette solution se veut particulièrement adaptée aux startups à impact que Finaqui cherche désormais ouvertement à soutenir, et qui ont par leur nature, des cycles de développement plus longs.

Autre point « fort » de ce fonds d’investissement, il permettra plus de souplesse aux investisseurs, et pourra à tout moment être rejoint par de nouveaux investisseurs ; là aussi, l’association bouscule un peu les règles du jeu habituel des véhicules d’investissement classiques.

Autant d’éléments qui font que cette nouvelle orientation de Finaqui pour le moins « interpelle », reconnaît Guillaume-Olivier Doré plutôt fier de préciser que 40 à 50 personnes ont assisté à la présentation du fonds jeudi soir dernier. Et 4 à 5 projets sont déjà sérieusement en piste pour pouvoir en bénéficier, glisse le président de Finaqui qui considère qu’Evergreen pourra démarrer ces premiers investissements « dans les semaines qui viennent ». Sur le papier, les tours de tables pourront aller de 100K€ à 600K€ en co-investissement.

Géographie

Mais au-delà de ce décloisonnement entre outils de financement capitalistiques et ESS, Guillaume-Olivier Doré, poursuit son « appel au peuple » précisant que son ambition de voir une association plus féminine et plus ouverte, doit aussi se comprendre au sens géographique du terme.

« Nous avons des liens avec d’autres associations de business angels à travers la Nouvelle-Aquitaine, mais il y a un véritable enjeu pour Finaqui de casser le poids de la Gironde, et de Bordeaux, dans cet univers. Notre objectif est d’avoir des projets et des représentants un peu partout dans la région. Nous rêvons d’avoir un correspondant à Limoges, Poitiers ou Agen par exemple, et faire exister des projets autres que bordelais ». Comprendre que si la capitale régionale prend beaucoup (trop…?) de place, le président des business angels de Nouvelle-Aquitaine, tient à laisser sa chance à tous les autres. Une volonté pour Finaqui de contribuer à la dynamique économique du territoire néo-aquitain, et de répondre pleinement ainsi à sa vocation d’association régionale. Un qualificatif qui compte pour son président.

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