Covid 19 : la région Nouvelle-Aquitaine, mauvaise élève


L'épidémie de Covid 19 repart à la hausse et la région n'est pas épargnée. Denis Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux revient sur les dangers, et la nécessaire prévention, de cette crise qui coïncide avec le retour des maladies hivernales.

Mains maniant des éprouvettesDarko Stojanovic pixabay

En raison de la crise sanitaire, le milieu hospitalier redoute un nouvel engorgement cet hiver.

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Publication PUBLIÉ LE 28/11/2022 PAR Emmanuelle Diaz

Santé Publique France l’affirme : l’épidémie de Covid 19 repart à la hausse. Après une accalmie de quatre semaines, le nombre de personnes contaminées connaît à nouveau une augmentation depuis la semaine dernière. Ainsi, selon son rapport hebdomadaire publié le 25 novembre, 48 629 nouveaux cas sont apparus dans l’Hexagone en 24h (+2,6% en 7 jours). Quant au taux d’incidence (nombre de nouveaux cas d’une pathologie observés pendant une période donnée) et au taux de positivité, ils étaient en France, respectivement de 399,6 (+38,5% en 7 jours) et 25,6 (+10,4% en 7 jours) au 23 novembre.

Une des augmentations les plus importantes observées en régions

Des chiffres qui ne sont guère meilleurs en Nouvelle-Aquitaine puisqu’à cette date, la Région affichait un taux d’incidence de 461 et un taux de positivité de 31,7% sur les 7 derniers jours. Une reprise qui se traduit notamment par une hausse des nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques avec, au plan national, 949 admissions à l’hôpital, soit 53 de plus en 24 heures (+6% sur 7 jours) et 100 nouvelles admissions en réanimation (sur 1010 patients au total), soit 24 de plus en 24 heures (et +9% sur 7 jours) au 25 novembre dernier.

Si en Nouvelle-Aquitaine, le nombre de nouvelles hospitalisations semblait décroître (356 contre 374 la semaine précédente) et le nombre de personnes admises en soins critique augmenter légèrement (35 contre 30 la semaine précédente), les passages aux urgences étaient en hausse (+23%, soit +53 passages). Une des augmentations les plus importantes observées en régions sur le territoire national selon Santé Publique France qui note également que la circulation du virus s’y intensifie.

L’importance d’une prise de conscience collective

En cause ? Le BA.5 sous-variant d’Omicron, à l’origine de la 7ème vague apparue en juillet dernier et qui semble « omniprésent ». « Beaucoup de gens ont été infectés, ce qui procure ce qu’on appelle une immunité sauvage. Ce fameux variant est issu de la tentative du virus de survivre au vaccin et à cette conjoncture de l’immunité sauvage », explique Denis Malvy, infectiologue au C.H.U de Bordeaux et membre du Comité Veille et Anticipation des Risques Sanitaires (COVARS).

Un variant qu’il qualifie de peu immunogène mais de très transmissible, notamment en raison du vaccin qui « protège contre les formes sévères mais qui ne prévient pas de la transmission » et surtout de l’abandon des gestes barrière et du port du masque. « Ceux qui vont payer cash la Covid 19, ce sont les plus fragiles, c’est à dire les personnes âgées et immunodéprimées. Ceux-la forment le nœud des invisibles car leur situation n’est pas audible par une société qui considère qu’elle est déjà en dehors de la crise », poursuit-il. Un virus qui résiste aussi aux médicaments actuels alors que « les prochains ne seront pas disponibles avant la fin de l’année », déplore le scientifique.

Denis Malvy est infectiologue au C.H.U de Bordeaux et membre du COVARS.

Autre problème mis en avant par Denis Malvy : la situation de l’hôpital public, qui, toujours en manque de moyens et de personnel, redoute les conséquences de cette 8e vague. D’autant plus avec l’arrivée des maladies saisonnières. La solution ? « Rappeler que c’est la combinaison des moyens (masque, distance physique, gel hydroalcoolique et vaccin qui peut nous aider ». Et surtout, faire de la pédagogie pour « une bonne perception du vaccin, un bon usage du masque et un usage raisonné et supportable de la distanciation physique ». Un vaccin que le scientifique estime d’ailleurs compatible avec celui de la grippe.

« On a appris quand même énormément. C’est un enjeu sur les moyens diagnostiques, thérapeutiques et préventifs. Là, on arrive à une diversité de propositions de mécanismes vaccinaux. Nous ne sommes plus pauvres », conclut-il.

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