CHU de Bordeaux, « la lumière est restée allumée »


C'est un message d'espoir que les responsables du CHU de Bordeaux qui ont eu à affronter la vague de triple épidémies (Covid, grippe et Bronchiolite) veulent partager, malgré le contexte persistant de crise hospitalière.

L'hôpital Pellegrin - Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux.Dark Attsios

2023 tout comme 2022, sera l'année du recrutement selon Yann Bubien, directeur général du CHU de Bordeaux

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Publication PUBLIÉ LE 16/01/2023 PAR Solène MÉRIC

« Ouf, on a passé la vague ! On y est arrivé parce qu’on est le service public et qu’on se doit donc d’y arriver. Il a fallu trouver des petites solutions au jour le jour mais, à force de cohésion, de solidarité, et grâce au soutien de la direction, de l’Agence régionale de santé, on y est arrivé. » Ce message de soulagement, et de fierté du combat gagné c’est le Docteur Brigitte Llanas, cheffe du pôle Pédiatrie qui le tient. Et ses collègues le partagent.

Conjonctions de défaillances

Pour autant, s’ils demandent à ce que « soit partagé un message d’espoir » à la population sur la capacité et le dévouement des personnels, pas de complexe du super-héros au sein des équipes. « Le CHU a tenu son rang, mais à quel prix ? A un prix élevé pour les équipes soignantes et pour les patients, avec des délais de prise en charge intolérables, à la fois sur les réponses données par le centre 15 et sur des prises en charge défaillantes », regrette pour sa part le Professeur Nicolas Grenier, Président de la Commission Médicale d’Etablissement (CME) du CHU de Bordeaux.

Une situation expliquée à la fois par la triple épidémie de Covid, Grippe et Bronchiolite à laquelle s’est ajoutée « une conjonction de défaillances », à savoir la grève des médecins libéraux et des fermetures « souvent abruptes » de services d’urgences sur les territoires voisins, qui ont mis le CHU, et notamment le service des urgences « en grande difficulté ».

De 2000 appels le 25 novembre, nous sommes passés à 3000 appels le 3 décembre, puis 4000 appels le 17 décembre

Conséquence de cette impossible anticipation et donc impossible adaptation, « la qualité et les conditions de travail se sont dégradées. Les patients l’ont constaté, et nous le reprochent encore, avec des demandes de dossiers et des lettres de plaintes. C’est normal. » admet le Professeur Philippe Revel, chef du pôle urgences adultes.

Concrètement, du côté de la régulation du Samu Smur, le nombre d’appels au 15 a explosé sur cette période. Angélique Fresard, cadre supérieure de santé du pôle Urgences adultes en témoigne : « De 2000 appels le 25 novembre, nous sommes passés à 3000 appels le 3 décembre, puis 4000 appels le 17 décembre. C’est 200 appels par heure. C’est énorme, sachant qu’un assistant de régulation médicale (ARM) a pu traiter et orienter jusqu’à 44 appels par heure ! ».

Ouverture d’un centre de formation d’assistant de régulation médicale

En la matière, la récente ouverture d’un centre de formation d’assistant de régulation médicale (ARM) sur la plateforme du SMUR à Bordeaux, est l’un des vecteurs d’espoir des équipes. Avec cette formation diplômante en un an, le CHU de Bordeaux a fait le choix, « d’un niveau d’exigence supplémentaire dans le recrutement des volontaires », décrit Angélique Fresard. Au-delà d’un simple entretien, « nous faisons passer un test de culture générale en matière de santé, un test psychotechnique et une mise en situation professionnelle ». Des exigences justifiées au regard de la responsabilité portée par ces ARM, le plus souvent d’anciens professionnels paramédicaux en reconversion, décrit-elle.

Plus globalement, dans un contexte généralisé de crise des vocations, le CHU de Bordeaux a réussi à faire de l’année 2022, l’année du recrutement. « On compte 2 263 nouvelles arrivées au CHU en 2022 , le record a été atteint cet été avec 1 140 recrutements », indique Yann Bubien, le directeur général. Mais pour autant les problèmes de personnels ne sont pas réglés. « Il y a toujours des difficultés car il y a toujours des postes vacants, des métiers en tension comme les infirmières de bloc opératoire, nous avons des difficultés de recrutement d’infirmier en soins généraux, des manip radio… » Des manques aussi dans les rangs des médecins: il manque des urgentistes au quotidien « entre 12 à 15 équivalents temps plein », pointe Philippe Revel .

Poursuivre l’effort sur les recrutements

Autre souci : l’absentéisme qui ne cesse d’augmenter : « de 7% avant Covid, nous sommes actuellement à plus de 9%, avec un pic en fin 2022 début 2023 qui a atteint les 11%, c’est beaucoup », alerte Yann Bubien. Étant entendu que la permanence des soins, autrement dit les périodes de vacances, week-end et les nuits, est « le moment le plus difficile pour le CHU ». Une des résolutions du Directeur du CHU est donc de « poursuivre l’effort sur les recrutements en 2023 », espérant être aidé en cela par la mise en œuvre des annonces du Président de la République lors de ses vœux aux acteurs de la santé, début janvier. Autre engagement pour cette année, la réfection des urgences, avant même l’arrivée des grands travaux en cours du CHU (1,2 Mds sur 10 ans). « Ca ne peut pas attendre ».

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