En pleines turbulences, l’artisanat reste confiant


Prix de l'énergie, matière première, inflation... les artisans ont fait, comme tout le monde, leur rentrée dans un contexte de crise. "L'inquiétude est là mais l'artisanat résiste", analyse Gérard Gomez Président de la CMA Nouvelle-Aquitaine

homme assis sur un bureauCMA Nouvelle-Aquitaine

Pour Gérard Gomez, président de la CMA Nouvelle-Aquitaine : "Les crises s'enchainent mais l'artisanat résiste car il sait s'adapter aux mutations et périodes troublées que nous traversons"

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Publication PUBLIÉ LE 10/10/2022 PAR Solène MÉRIC

Pour livrer son analyse, Gérard Gomez s’appuie sur une étude nationale, Qualistat, réalisée auprès de 2000 artisans durant les mois de juillet et août 2022. 73% d’entre eux prévoient que leur activité devrait se maintenir dans les six prochains mois, preuve selon leur président régional qu’« ils restent relativement confiants ».

Zone de turbulences


Confiants mais conscients aussi d’entrer dans une zone de turbulences : près d’un quart se disent « inquiets » voire « très inquiets », quand 44% d’entre eux sont « inquiets mais optimistes ». Les 13% restant sont confiants.  La grande majorité veut donc croire « en la solidité de leurs entreprises », pointe Gérard Gomez, qui vante aussi « la capacité des artisans à rester agiles dans un quotidien perturbé ».

Des perturbations et difficultés les artisans en ont bel et bien déjà : le carburant pour 28,5% des interrogés, la reprise de l’inflation (pour 19% d’entre eux) puis l’approvisionnement en matière première suivie de la hausse de l’énergie et enfin, les « habituelles » difficultés de recrutement.  Rappelant que le sondage a été fait au cours de l’été Gérard Gomez prend des pincettes au moment de présenter ces chiffres. 

« Si on réinterrogeait ces chefs d’entreprise aujourd’hui, je suis sûre que le facteur d’inquiétude numéro 1 serait la hausse des prix de l’énergie »  est-il prêt à parier. « Les factures arrivent et les incertitudes quant à des coupures électriques et leur conséquences sur la production, inquiètent beaucoup sur le terrain » témoigne-t-il.

Accompagnement


Au croisement de ces inquiétudes, il pointe par exemple les secteurs du bâtiment et de la fabrication victimes de la crise des matériaux, le transport, avec le prix du carburant à la hausse,  mais aussi, la boulangerie pâtisserie qui doit faire face à une augmentation des prix des matières premières cumulée à celle de l’énergie. « Les fours des boulangers sont très énergivores, et peuvent tourner plusieurs fois par jours », détaille-t-il. Des secteurs, parmi d’autres, qui tentent au mieux d’absorber les augmentations, « mais ils ne vont pas pouvoir le faire longtemps »,  augure Gérard Gomez.

Face à cela, les chambres des métiers, proposent des accompagnements : diagnostic énergétique, présentation des dispositifs d’aide existants… Mais la Chambre consulaire veut voir plus loin, et aider les chefs d’entreprise  à « appréhender et intégrer les transitions ».  Tel est en tout cas, l’ambition de son projet de mandature tout juste voté. 

La situation devient critique concernant le manque de main d’oeuvre

Parmi ces chantiers, le recrutement reste au coeur des priorités de la CMA Nouvelle-Aquitaine. Malgré la conjoncture a priori peu porteuse, « un quart des entreprises se dit prêt à recruter, c’est l’équivalent de 40 000 emplois dans la région. La situation devient critique ! » alerte Gérard Gomez. 

Pour répondre à cet impératif de recrutement, il parie encore et toujours sur l’apprentissage : « 21,7 % des entreprises interrogées se disent prêtes à accueillir un ou plusieurs apprentis dans les six prochains mois ». En tête des demandes : les secteurs de l’alimentation et du bâtiment.

« Notre pays doit absolument continuer à accompagner fortement la formation par apprentissage! » appelle le responsable qui met en avant que la CMA de Nouvelle-Aquitaine prend sa part en formant près du quart des troupes régionales (soit 12 700 élèves) dans ses 10 centres de formations.

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